L’Initiative des Médias africains ((AMI) avec le soutien financier du Groupe de la Banque mondiale a organisé du 13 au 15 juin dernier à Abidjan un atelier de renforcement des capacités à l’intention d’une cinquantaine de journalistes venus tout le continent dont une dizaine du reste du monde sur le thème «Renforcer le reportage et la couverture des secteurs de l’agriculture et de l’alimentation en Afrique sub-saharienne». L’approche novatrice et progressiste dans l’écriture des articles liés à l’agriculture, la visite de terrain ainsi que les techniques de collectes et sélection des données ont été au menu de ces 3 journées studieuses pour les participants.

Le but de cet atelier initié par AMI sous la houlette de son Directeur Eric Chinjé vise à rompre avec l’habitude négative qui prévaut au niveau des médias concernant le traitement des questions agricoles en faisant de l’information agricole un facteur de développement sur le continent. La première journée de l’atelier s’est déroulée au siège nationale de la Banque mondiale à Abidjan en présence du Directeur de cabinet du ministre ivoirien de l’agriculture M. Coulibaly Siaka Minayaha , de Pierre Laporte, Directeur-pays pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée et le Togo, La Banque mondiale, de Eric Chinje, Président d’AMI. Le représentant du ministre ivoirien de l’Agriculture a expliqué de long en large la place prépondérante qu’occupe l’Agriculture en Cote d’Ivoire avec en toile de fond les cultures de Banane, d’Anacarde et de Café. Sitôt après cette cérémonie d’ouverture pleine d’enseignement, la première session a débuté sur le thème «  Rôle des médias dans le développement (le but du journalisme, les médias et la société, les médias comme acteur du changement, les médias comme acteurs qui peuvent pousser un agenda, le développement du journalisme) ». Les importants échanges entre les participants ont permis de dégager nettement l’impérieuse nécessité de faire de l’agriculture un des sujets de prédilection au sein des organes de médias afin d’impulser une dynamique de développement.

La deuxième session de renforcement des capacités a porté sur le thème « Communiquer efficacement sur l’agriculture et l’alimentation (Pourquoi est-ce que l’agriculture est importante pour les ODD, le lien entre nutrition et sécurité alimentaire, l’importance des politiques et de trouver une histoire). Ce sujet a été présenté par Holger Kray, principal spécialiste de l’économie agricole à la Banque mondiale avec la contribution de Buba Khan, Africa Advocacy Officer, ActionAid International et ancien Coordinateur des la Coalition des acteurs non-étatiques impliqués dans le PDDAA. Cette session a été rehaussée par la contribution par visioconférence de Simeon Ehui, chef de division au pôle Agriculture de la Banque mondiale qui a répondu aux questions des participants sur les différents sujets de préoccupation liés à l’agriculture en Afrique et le rôle que joue la Banque Mondiale dans son développement.

Après plusieurs communications dispensées par Eric Chinjé, Sarwat Hussain de l’AGP et Muchiri Nyaggah Directeur Executif de Local Development Research Institute sur les approches à adopter pour l’écriture des articles intéressants liés à l’agriculture, la cinquantaine d’hommes de médias se sont rendu sur les sites du “Programme de productivité agricole d’Afrique de l’Ouest” où ils ont constaté le travail effectué dans le domaine de la culture de contre-saison de la banane Plantin ainsi que le régénérescence du cheptel porcin de Cote d’Ivoire après l’épisode de la grippe porcine qui a entrainé la destruction de tout le capital de ce type de bétail. A ces deux niveaux toutes techniques utilisées par les chercheurs ont été présentés aux participants qui sont sortis renforcés dans la place que doit occuper l’agriculture sur le continent. L’exemple d’Albert Kouamé Kangah, jeune producteur à succès de banane plantain contre saison exploitant 15 hectares de terres est une source d’inspiration pour les agriculteurs du continent. Ce planteur dynamique a bénéficié d’un soutien de la Banque mondiale à travers le projet PPAAO/WAAPP.

Lors de la cérémonie d'ouvertureIl faut souligner que les pays d’Afrique de l’Ouest ont mis en place le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF/WECARD). Ce projet ambitieux vise à atteindre la mise à disposition de technologies et d’innovations appropriées, la définition d’options stratégiques de prises de décision pour la politique, les institutions et les marchés, le renforcement et la coordination des systèmes de recherche, de vulgarisation et de formation agricole et la satisfaction de la demande des groupes cibles en matière d’innovations technologiques agricoles. Ces innovations agricoles sont diffusées à travers le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP).

Le PPAAO est conçu pour rendre l’agriculture plus productive et pérenne, pour améliorer les conditions de vie des consommateurs par la mise à disposition de produits agricoles à prix compétitifs et pour soutenir la coopération régionale en matière d’agriculture en Afrique de l’Ouest conformément aux plans d’actions des cadres de la politique agricole de la CEDEAO/ECOWAP et du NEPAD/PDDAA. Le PPAAO a pour objectif de générer et d’accélérer l’adoption de technologies améliorées dans les principaux domaines agricoles prioritaires des pays impliqués dans le PPAAO, technologies qui s’alignent sur les principales priorités agricoles de la sous-région. Il vise également à fournir, aux producteurs, des technologies pour accroître et améliorer la compétitivité des principales spéculations dans chaque pays bénéficiaire.

Cet atelier organisé par AMI grâce à la Banque Mondiale a permis d’enclencher une nouvelle dynamique progressiste dans le cadre de l’approche journalistique des questions agricoles. Comme l’a indique Eric Chinjé le rôle de la presse est plus que prépondérant dans l’optique du développement de l’Afrique. « « L’Agriculture est à la base de tous les développements dans les pays africains. Ce secteur est un pilier important en Côte d’Ivoire et même dans d’autres pays d’Afrique » a-t-il dit.

Quand au ministre ivoirien de l’Agriculture Coulibaly Sangafowa, qui a honoré de sa présence le dernier jour de l’atelier, il a indiqué que « Il faut former les jeunes. Mais on a aussi besoin de l’investissement privé. Le développement de ce pays repose sur l’agriculture. C’est uniquement la croissance dans ce secteur qui va nous permettre de lutter contre la faim. On est le plus grand exportateur de café. Nous misons aussi sur le manioc et la banane. Le système que la Banque mondiale a mis en place va grandement aider la Côte d’Ivoire ».

Garé Amadou Envoyé spécial