La ténacité du Président de la République à combattre la corruption et ses assimilés commence par prendre le dessus sur les propos sarcastiques et les appels répétés de quelques détracteurs pour la dissolution de la HALCIA. Ces détracteurs, se faisant passer pour les  champions de la morale, sans pour autant éprouver de la répulsion pour ce qu’ils ont amassé et la méthode utilisée pour y parvenir, tremblent de la voir s’autosaisir pour l’assainissement du secteur de l’Education. Elle vient de déclencher une forte montée d’adrénaline dans tous les milieux.

Conscients de la confusion qui règne dans ce secteur, ces donneurs de leçons ignorent peut-être qu’il est discourtois d’insister sur les défauts d’autrui mais n’ignorent certainement pas qu’il est ulcérant de détruire les bonnes  initiatives sans en proposer aucune. Bien qu’habités par le démon de la perturbation à outrance et une dangerosité syndicale sans commune mesure, ils doivent arrêter les bras de fer inutiles et s’éviter ainsi de sombrer dans une profonde impopularité dans l’esprit des militants qui sont pour le moment encore avec eux. Tous les régimes ont eu leur nombre de syndicats d’enseignants et de syndicalistes chauvins selon l’évolution du pays, mais jamais une branche précise n’a fait l’objet de tant de soubresauts. C’est faire fausse route que de comparer la situation indiscutablement préoccupante, (sans pécule donc sans le minimum pour se loger, se nourrir, se soigner), à celle des fonctionnaires. Ils ont aussi des problèmes importants à régler dans leurs secteurs, mais gardent constamment espoir et négocient avec une prédisposition pour une sortie de crise, chaque fois que le cas se présente. C’est parce qu’il était convaincu de ce souci bien fondé, qu’un syndicat du secteur avait, il y quelques années, proposé l’arrêt du recrutement  de contractuels malgré l’énorme besoin en enseignants. Il avait vu juste et voilà qu’aujourd’hui, ce dont nous avons besoin est une saine gestion de l’existant. A défaut donc de la supprimer, il faut reconstruire la contractualisation, repenser son statut et renforcer les compétences nécessaires pour y parvenir.                                                                                                                                                                      Il est vrai que les syndicalistes adorent les militants qui respectent strictement les mots d’ordre réalistes ou pas, légaux ou pas mais les syndicats ne font plus la loi. La seule voie qui s’offre aux contractuels pour convaincre leurs détracteurs, est d’être tous présents dans leurs postes lors de cette identification et permettre ainsi à l’opinion publique de se faire une meilleure appréciation du système éducatif dont 80% de l’effectif sont concernés par l’actuel contrôle.       Le syndicalisme superpuissant, déstabilisateur a été enterré et de ses cendres est né le syndicalisme diplomatique, négociateur, proposant des alternatives constructives.

Ces syndicats doivent pleinement aider à la réussite de l’opération, sans y mettre une entrave de quelque nature que ce soit parce qu’aucun syndicat ne peut soutenir la médiocrité au détriment de la qualité et nul ne peut obliger l’Etat à se plier aux modes de gestion et de recrutement dictés par des agents. Une fois qu’on tombe dans ce piège, il est difficile de s’en sortir, mais il est encore possible de corriger toutes ces erreurs qui ont été commises et qui sont toutes issues du recrutement sans concours. Les dirigeants syndicaux qui s’y étaient opposés à l’époque avaient reçu leur part de volée de bois vert par le régime défunt.

Une opinion sans preuve n’étant pas un fait, espérons qu’il y aura moins de dégâts que ce que nous  attendions. Le cas échéant, nous nous en féliciterons et nous avec ceux qui sont en train de voir le système éducatif se consumer à petit feu. Dans le cas contraire, ce sera l’occasion pour nous tous de chercher les remèdes adéquats pour faire renaître l’espoir.

Cette initiative de la HALCIA viendra certainement :

 -déblayer et décanter significativement le secteur ;

 – soulager et faciliter l’existence de ces jeunes citoyens de bonne foi qui ont accepté de mettre une partie de leur vie à former notre jeunesse ;

 – assurer et conserver une sécurité éducative aux apprenants.

Bien qu’assez musclée, elle est une manière galante de faire comprendre à ceux qui refusent de l’accepter, qu’il est grand temps de ne plus se comporter comme en secteur conquis, menaçant de bloquer  tâches, notes administratives et éventuellement les examens pour  acculer le régime. Ces tâches et notes administratives sont des biens appartenant à l’Etat et ne pas les rendre constitue, à notre humble avis, une confiscation de biens dont le propriétaire doit user de tous les moyens pour récupérer.

Les fondateurs de ces blocages imaginés il y a des lustres, les ont finalement abandonnés parce que qu’il s’agit d’une stratégie qui manque de puissance. Le recours à ces méthodes vieillottes  dénote d’un déficit de cohésion entre dirigeants syndicaux qui ont le devoir de démontrer qu’ils sont effectivement à la hauteur de l’honneur qui leur a été fait d’être élus responsables dans ce secteur.  Cette Institution saura dénouer la roublardise des uns et l’habileté leur ayant permis d’échapper au contrôle précédent et de continuer à maintenir le secteur dans un cocon qu’elle se doit de défaire inéluctablement, pour le bien de l’Ecole. Sa résolution ne doit ni faiblir ni s’émousser malgré la restriction de la période choisie qui sera peut-être insuffisante pour la complexité de la tâche surtout en zone rurale, mais elle s’impose en urgence pour l’obtention d’une liste définitive et fiable qui mettra fin aux retards de paiement des pécules, source primordiale des innombrables débrayages. Aucune méchanceté de notre part à l’endroit de ceux qui se débrouillent pour joindre les deux bouts du mois, en consacrant le temps officiellement imparti, à l’exécution de leurs devoirs. Il est indéniable que l’exécution correcte de ces devoirs se trouve compliquée lorsque le pécule n’est pas perçu à temps.

Tous ces syndicats qui regorgent de militants contractuels doivent appeler leurs camarades à ne pas aller faire du « kabukabu » autour des villages environnants ou parcourir les marchés pour des activités extraprofessionnelles pendant que la HALCIA serait dans leur commune. Aucun dribble ne sera permis car l’Etat social continuera d’exister mais l’Etat providence, l’Etat sinécure, c’est terminé. Par les temps qui courent, compter sur l’Etat pour réaliser certains mauvais coups, c’est exactement comme se mettre à la recherche d’un banquier philanthrope. Chacun se doit de mettre ne serait-ce qu’une petite parcelle de bonne volonté dans cette opération afin que la lumière jaillisse et qu’une épuration administrative et financière puisse nous faire oublier ces moments assez rudes que vivent ces compatriotes.

Gageons que nous n’aurons plus à nous attarder sur un sujet concernant les contractuels, y gaspiller nos forces, à moins que, et c’est notre ardent souhait pour tous, à moins donc que ceux qui sortiront indemnes de l’identification, reçoivent un heureux électrochoc (paiement de tous les rappels, des arriérés de pécules et la confirmation de leur paiement régulier) et qu’ils comprennent qu’il n’est jamais aisé de mettre l’Etat au défi. Puisqu’elle en a maintenant de la matière, notre HALCIA doit prendre « sa boulala et se faire aveugle », afin d’éviter le sort de l’âne de Buridan qui, à égale distance entre de l’eau et de la paille, ne sut par où commencer et mourut sur place, de faim et de soif.

 Innocent Raphael (Le Républicain 2079)