Les forces nigériennes ont repris le contrôle de la localité de Bosso au Niger dans la région du lac Tchad, au lendemain d’un raid éclair de Boko Haram. Les jihadistes nigériens, qui se réclament du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest, ne seront restés que quelques heures, à peine une nuit à Bosso, près de la frontière nigériane. C’est en début de matinée que l’armée nigérienne a annoncé la libération de Bosso à l’issue de violents combats et de lourdes pertes dans les rangs des forces gouvernementales.

C’est un bilan très lourd qui est enregistré dans les rangs de l’armée : 30 soldats nigériens et 2 soldats nigérians tués, 76 soldats nigériens et nigérians blessés. Du côté de Boko Haram, on dénombre plusieurs dizaines de morts.

C’est aux environs de 19 heures, heure locale, que la petite bourgade et base avancée de l’armée nigérienne a été attaquée par plusieurs centaines d’éléments de Boko Haram. Elle a été attaquée de toute part et pour des raisons tactiques notamment, pour sauver la vie de plusieurs centaines de réfugiés, dit-on, l’armée a dû quitter ses positions.

C’est donc une ville de Bosso sans grande défense que les éléments de Boko Haram ont pillé et mise à sac. Selon un agent du Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur place, ce sont d’abord les populations civiles et les réfugiés qui ont fui les zones de combat, avant le grand repli de l’armée nigérienne.

Selon plusieurs témoignages, la ville de Bosso n’est restée que quelques heures entre les mains des terroristes de Boko Haram, vraisemblablement à la recherche de vivres et de munitions dans la partie nigérienne du lac Tchad.

Une ville fantôme

Depuis la grande offensive de l’armée nigériane dans la forêt de Sambisa, les éléments de Boko Haram fuient vers la frontière du Niger. Ils ne ratent aucune occasion pour tenter plusieurs incursions au Niger à partir des villes de Malafatori, Abadam, Damasak ou Doutchi.

Présentement, l’armée nigérienne a repris le contrôle de la ville de Bosso, une ville fantôme où tout a été pillé et incendié. Le ministre de la Défense nationale, accompagné de quelques responsables militaires, sont attendus sur zone. Pendant ce temps, les populations civiles continuent de s’éloigner de Bosso en direction de N’Guigmi et Toumour.

→ A (RE)VOIR : le webdocumentaire de RFI : Sur les traces de Boko Haram

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