Des hommes en armes ont attaqué jeudi un camp de déplacés dans le sud-est du Niger, quelques heures après le passage d’une importante délégation ministérielle.

Le camp de Nguagam est situé à mi-chemin entre Diffa et Bosso. Cette dernière avait été la cible d’une violente attaque de Boko Haram qui avait fait vingt-quatre morts dans les rangs des soldats nigériens il y a deux semaines. Des violences qui ont poussé cinquante mille habitants à fuir le secteur.

Les affrontements jeudi 16 juin en début de soirée ont duré une trentaine de minutes, selon des déplacés installés sur un site qui jouxte le camp de Nguagam. Des témoins précisent que le camp est protégé par un détachement de gendarmes. Par ailleurs, les villageois ont vu une épaisse fumée se dégager vers le ciel. Les assaillants, selon plusieurs sources, ont incendié une partie du camp après s’être livrés à des pillages et ils ont également volé des véhicules.

Le camp de Nguagam abrite des familles qui ont fui l’attaque meurtrière lancée par Boko Haram à Bosso il y a deux semaines. Ce camp venait juste de recevoir des vivres et une importante délégation, emmenée par le ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum, y avait fait halte dans la matinée de jeudi. La délégation, sous escorte militaire, se déplaçait en convoi d’une trentaine de véhicules.

Les autorités se refusent de livrer un bilan pour l’heure et ne confirment pas l’identité des assaillants même si les regards se tournent évidemment vers Boko Haram. Les combattants insurgés mènent régulièrement des incursions dans cette zone à partir du Nigeria voisin. La rivière Komadougou Yobé, qui fait office de frontière naturelle avec le Nigeria, est située à tout juste cinq kilomètres au sud du camp.

RFI.fr