Plusieurs médecins et pharmaciens viennent d’être révoqués de la Fonction publique. De loin, on peut déplorer la main lourde du gouvernement qui se débarrasse d’un tel potentiel à un moment où le pays en a grandement besoin pour assurer la permanence et la qualité des soins de santé. Mais à regarder de très près, on ne tardera pas à nuancer cette appréciation pour plusieurs raisons :

La première, c’est que quand on accepte d’être agent de l’Etat, on accepte du coup de servir l’Etat partout où il le veut. La deuxième, c’est qu’il ne devrait pas y avoir des agents de l’Etat privilégiés et des agents de l’Etat de seconde zone, obligés d’observer rigoureusement les principes de l’administration publique. La troisième, c’est qu’en prêtant le serment d’Hippocrate, le médecin prend l’engagement de servir partout où il y a des malades.

Pourquoi alors certains médecins régulièrement affectés dans des formations sanitaires de l’intérieur du pays pour soigner des nigériens refusent d’y aller ? Pour eux, ils doivent servir à Niamey ou pas du tout. Alors, maintenant qu’ils sont révoqués, ils ont toute latitude pour rester à Niamey autant qu’ils le voudraient. De même, il est inacceptable que ceux-là qui répugnent à regagner leurs postes d’affectation, à aller servir à l’intérieur du pays, n’éprouvent aucune gêne pour percevoir le salaire. Or le salaire est la contrepartie d’un travail fait.

La leçon à tirer, c’est que nul n’est au-dessus de la loi. Comme il l’a fait pour les agents de santé, le gouvernement doit avoir un esprit de suite dans les autres secteurs de l’administration gangrenés par l’indiscipline et la mauvaise qualité du service public. La Renaissance culturelle passe aussi par là.

O. Sanda