Cette communication concerne la problématique de la maitrise des finances publiques dans la gestion des Etats sur l’ensemble de ses ressources en liquide et en espèces ( les chèques, les divers tickets, les bons d’essence et d’autres factures liées à la Caisse de l’Etat, les dettes et créances ). II convient donc de donner aux services publics un outil ou des outils qui assurent la continuité de l’Etat en toutes circonstances et en tous lieux .

Le fonctionnement régulier de l’ensemble des structures sur tout le Territoure doit demeurer une priorité parmi les priorités et doit figurer en bonne place au niveau du cahier de charges de l’Etat . Cette approche met les finances publiques à l’abri d’une mauvaise gestion afin de garder le cap selon la devise d’une bonne gouvernance . Ceci est d’autant plus vrai que l’argent bien utilisé se fructifie et profite à tout le monde sans discrimination . L’enracinement de la Démocratie y va de soi parce que les Etats africains fonctionnent parfois sans une maitrise de leurs finances pour ne pas dire dans un flou et une opacité totale. Faire recours à des formations comme celles qui ouvrent les portes à des économies qui tournent le dos au gaspillage.

Nos administrations africaines devraient s’en inspirer. En traitant ce sujet nous pensons que notre méthodologie consiste à faciliter la compréhension de notre analyse dont l’objectif vise toujours l’amélioration des textes relatifs à une bonne gestion. Nous tentons également de dénoncer les manquements, les errements et parfois le laxisme de certains dirigeants. Afin qu’ils mettent les ressources financières entre les mains des experts , des compétences et des spécialistes comme cela se doit .Retenons que de nos jours , la mondialisation oblige les Etats à se conformer à des règles internationales dans bien de domaines , d’ailleurs. C’est en cela que le sujet que je traite pourrait servir de repère à la gestion des finances publiques des services publics africains. Seul gage d’une éclaircie dans la conduite des affaires Etatiques .Une sorte de best seller qui doit figurer au niveau des diverses comptabilités de nos Etats respectifs, surtout pour ceux qui mettent en place des mécanismes de contrôle.

Au Niger au cours du second mandat du Président ISSOUFOU Mahamadou, on nous parle de la mise en place de diverses inspections qui doivent débusquer, sur l’ensemble du pays, les indélicats utilisateurs des fonds de l’Etat pour satisfaire ou assouvir leurs désirs .Alors que la corruption fait rage, les salaires et bourses n’ont pas encore été payés . La création de ces « garde fous » est une bonne intiative louable qui mérite d’être saluée mais qui mérite un contrôle et une vigilance de la part du commanditaire , le Chef de l’Etat, en personne . Parce que la confiance nous dit-on , n’exclut pas le contrôle.

L’ ETAT DES LIEUX ET PRATIQUES DE CONTROLE SUPERIEUR ET SYSTEMES DE GOUVERNANCE DANS LES PAYS AFRICAINS

En effet la crédibilité d’un Etat repose sans aucun doute sur la transparence de la gestion de ses finances publiques. Aucun Etat, ne peut se prévaloir de l’être si son fonctionnement n’a pas de visibilité. Pour cela, il est donc impératif de rompre avec les pratiques traditionnelles qui ne répondent pas à une logique de la construction nationale si l’on tient à une véritable administration moderne. Aussi bien que remontent nos souvenirs je me rappelle qu’en 1991, à la Conférence Nationale Souveraine du Niger j’avais comme certains conférenciers, proposé et émis les voeux de procéder désormais à un Etat des lieux à chaque prise de pouvoir, disons par élection et à la fin de chaque mandat. Cela étant valable à tous les échélons du pouvoir et de l’administration.

Ainsi, le pouvoir ne pourra pas confondre les dépenses des caisses de l’Etat à celles de l’individu , admettons un Ministre ou autre autorité de l’Etat qui, à titre privé , peut par exemple offrir un cadeau personnel. La présence des Inspeteurs d’Etat pourrait dissuader ceux qui mettent nos finances publiques en péril puis mettre fin à ce genre de pratiques qui sont toujours en cours dans nos Etats africains . En tout cas dans bons nombre de pays. Ce qui mettrait tout le monde à l’aise dans des pays où le Président et les Ministres confondent les ressources financières de l’Etat aux leurs .

C’est une méthode qui même si elle a des ratées, peut disuader les gens surtout si on les oblige à rembourser le surplus ou les dépenses fantaisistes qui ruinent les nos finances publiques II faut définir les priorités et mettre l’homme ou la femme qu’il faut à la place qu’il faut. Ce qui du coup traduirait la formule «  la peur ou la crainte du gendarme serait le début du commencement de la sagesse  » Un Etat doit être fort et doit respecter les institutions qui prennent en compte le dévéloppement du citoyen . En effet, tout pouvoir qui se veut démocratique doit être juste en mettant les citoyens devant leurs responsabiltés : avoir des Droits et assumer ses responsabilités.

L’état des lieux des finances publiques est la garantie sinon le socle même d’une bonne gouvernance. II faut rendre compte à qui de droit, c’est à dire au peuple qui paye les impots, et qui doit être sécurisé dans la répartition de ces ressources . Je trouve tout à fait logique et fondé de mettre en adéquation les recettes et les dépenses publiques Le Citoyen a besoin et a le droit de savoir où va l’Etat qu’il a mis en place pour le gouverner ou le gérer parce qu’une communauté ou tout groupe doit fonder son bien être sur une équipe dirigeante qui contrôle tout dans la trensparence . D’ailleurs, les Etats africains ont compris du moins certains commencent à comprendre que gouverner c’est prévoir en prenant des dispositions qui mettent le contribuable à l’abri des dérapages. Cela par la mise en place de systhèmes de contrôles , cet cétat des lieux indispensable à une assise démocratique d’un Etat de droit. Parce que rien de durable , de sérieux ni de constant ne peut se faire sans une inspection continue ni fiable des ressources financières , fruit des efforts du Citoyen. Ces inspections et controles doivent s’exercer à tous les étages de l’administration  .Ce qui suppose que le démémbrement doit être accompagné d’une décentralisation et d’une déconcentration des services Centraux des finances de l’Etat : Trésor public, les services des impots, des douanes, des domaines et des fiscalités . Les inspections d’Etat et ses démembrements doivent servir de «  garde fous » pour ramener à la raison tous ceux qui gèrent les finances publiques de manière anarchique, comme cela se constate souvent. L’objectif est aussi d’éviter le gaspillage, de contrer l’évasion fiscale et également les passe droits et cette gangrène qu’est la corruption. Nos Etats qui sont pris en tenaille entre les méthodes traditionnelles de gestion opaque et celle qui est moderne, ont intérèt a se fixer comme règle cette philosophie de la bonne gouvernance. Qui doit rime avec la démocratie qui elle aussi exige de véritables efforts conjugués à travers une gestion rigoureuse et transparente.

La réponse à toute ces questions pourrait se trouver dans des Colloques qui constituent une véritable tribune d’impulsion des idées novatrices qui donnent à un Etat qui se construit tout son label pour s’incruster dans la cour de ceux qui gouvernent avec des régles conventionnelles universelles Telles que défines au cours des rencontres, Colloques et autres , lieux d’un échange fructueux et de partages d’expériences qui profitent à ceux qui gèrent encore leurs Etats hors des normes internationales. La rencontre des sommités venues des quatre coins du monde pourrait être une occasion , disons une chance à tous les financiers et spécialistes des finances chargés des caisses de l’Etat , de pouvoir se récycler . Les pouvoirs publics pourraient ainsi se doter des compétences qui aideraient à mettre de l’ordre dans leurs finances publiques . II faut nouer sinon, renouer avec la bonne gestion en s’ouvrant à l’orthodoxie fiancière qui met les Etats à l’abri d’une forfaiture économique surtout par ces temps qui courent .

La voie idoine est celle qui ouvre des perspectives à tout citoyen d’etre formé, éduqué et informé à travers ces genres de rencontres » du donner et du recevoir » En effet, c’est bien le lieu où chacun tire profit des connaissances des uns et des autres pour en faire des outils de régulation internationale. En effet, si les Etats concourent à apporter leur soutien à l’organisation de tels Colloques, nos pays africains sortiront de leur torpeur et de leur léthargie pour s’afficher à l’enseigne internationale ou pourquoi pas mondiale Cest une chance si les africains avec d’autres s’engagent à engager de telles rencontres où se cotoient des érudits, de grands penseurs et autres qui définissent des règles adaptables à nos réalités africaines. Nous devons nous en inspirer parce que nous demeurons le contient le plus riche en ressources humaines et également naturelles. Nous devons mettre en adéquation les unes et les autres au profit de nos peuples et de l’humanité qui tend à perdre ses repères depuis des dizaines d’années. Au profit de l’informel qui nous tue en détruisant nos richesses . Le temps est venu où nous devons mettre nos efforts et nos intelligences à la disposition de nos semblables Afin que tout soit reparti comme cela se doit et se passe sous d’autres cieux et d’autres continents qui n’ont réussi qu’en utilisant leur savoir faire.

La vie et le monde sont devenus des champs de course de vitesse où chacun de nous, doit « se bouger » et bousculer pour contribuer à la construction de nos richesses qu’il faut sauvegarder sur place. Nous avons beaucoup du pain sur « la planche » alors que le temps lui ne s’ârrete pas et court toujours Nous avons perdu du temps , beaucoup de temps d’ailleurs Mais , il n’est jamais trop tard .II suffit de prendre conscience que nous avons encore une chance de nous rattrapper si nous nous engageons résolument vers notre dévéloppement que personne ne viendra faire à notre place. Parce que les peuples qui ont dormi ou dorment n’ont pas leur place dans un monde qui s’efforce de construire avec sueur et intelligence son destin ou son avenir. En effet, les enjeux et les défis sont nombreux et chaque jour doit nous apporter beaucoup de force et de courage pour trouver des solutions à tant de fléaux qui nous entourent et nous menacent tant. Nous pouvons y faire face si seulement , nous unissons nos forces et notre endurance. Parce que toute action, acte ou geste posé dans l’édification de nos Etats et du Continent, devrait tous nous interpeller à tous les niveaux.

Pour conclure je peux dire que comme s’est reconnu , l’Afrique a un bel avenir, celui qui fournira demain tout ce dont aura besoin l’Humanité Et, c’est en cela que nous ne devons pas croiser les bras et attendre que tout tombe du ciel .Nous devons poser nos briques les unes sur les autres en ayant à l’esprit que nous récolterons le fruit mûr un jour ou l’autre comme les peuples d’Asie et autres qui se sont mis à la tâche pour devenir aujourd’hui des Etats de référence.II est vrai que la tache est énorme et pénible mais comme dit l’adage « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » Mais, les africains ont des récettes .ll suffit de les utiliser parce que nous devons démontrer que «  si l’Afrique est riche que les africains devraient en être les premiers bénéficaires ». Tel est l’objectif de ma réflexion Nous sommes convaincus que nos Etats africains et les peuples africains pourraient se lancer dans le modernisme même s’il faut cconserver toujours des racines culturelles profondes . Au Niger on parle de Rénaissance Cultuelle , eh bien allons y ! Cette richesse culturelle pourrait aussi nous guider vers des meilleures perspectives. Pour cela il faut une adéquation entre culture et bien être tout court. C’est un des socles de notre raison d’exister parmi les autres, aux côtés des autres et avec les autres dans un pays et un Continent qui s’édifient  pour le bien de nous tous. Cette modeste contribution s’adresse surtout à nos dirigeants, à nos financiers et économistes , à ces compétences enfin à nous tous qui peuplons nos administrations et qui peuvons encore sauver nos économies qui malheureusement, nous échappent. Si non adieu l’Emergence, ce mot devenu depuis un certain temps la mode dans bien des pays africains . Comme s’il suffisait tout simplement de le prononcer pour que le miracle se produise  . S’il en était ainsi depuis la colonisation à nos jours beaucoup de mots ont jalonné le parcours des pays africains, pays sous dévéloppés, pays en voie de dévéloppement, pays dévéloppés etc..

Mais, en fait qu’est ce qui a changé en qualité ? Pas grand chose même si ici ou là des efforts sont bien fournis . Nous devons travailler, labourer, labourer et encore labourer . Nous devons en réalité cesser de rêver , sinon de prendre nos désirs pour des réalités Oui, l’émergene est bien possible mais, il y a toujours et encore des préalables : manger à sa faim, boire à sa soif, être soigné, aller à l’Ecole pour savoir lire et écrire , se vêtir, obtenir la liberté totale de ses idées et de ses pensées, de ses mouvements, dormir tranquille, ect… bien de chemin reste encore . Mais , rien n’est impossible. II suffit d’en décider , tous ensemble .Et comme l’a si bien écrit le grand écrivain français André CHENIER «  S’il est des jours amers, il en est de si doux, hélas quel miel n’a laissé de dégout ? » Cette citation je l’ai lue à Tillabéri, sur une natte dans  ma cellule de prisonnier politique condamné à vie à 20 ans . Six ans après j’étais libre Enfin 32 ans plus tard, ironie du sort je devenais Maire de cette Commune en 1995. Urbaine Pour laquelle je garderai toujours des bons souvenirs «  A méditer !

Dr Abdoulaye HASSANE DIALLO Politologue, Spécialisytes des questions africaines, Conférencier, Journalite et Ecrivain ahdiallo@live.fr