La peine pour moi c’est de réaliser en tant que Nigérien, le privilège de vivre dans l’un des pays les plus puissants du monde ou encore dans  l’aisance de la vie au Niger ou ailleurs, alors qu’on parle constamment de crise alimentaire qui frappe des millions d’enfants, d’hommes et de femmes dans mon pays.
Chaque année comme un héritage naturel, normal et périodique, comme un sort que mon peuple, mes frères et sœurs Nigériens sont condamnés à vivre, on en parle, constate et témoigne cette même défaillance, mais avec la seule et unique solution la mendicité politique et moderne  de soumission aux règles d’intérêts occidentaux ou capitalistes.
 En aucun cas cela est une fierté pour moi d’en parler personnellement ou même d’adresser au peuple en tant que leader, homme d’état ou simple citoyen fils du pays dans un discours de perspective ou de solution théorique comme pour vaincre la psychologie du peuple, alors qu’en réalité c’est le ventre de tout une nation qui est vide, qui a faim et qui a soif.
 Le discours pour moi est lourd,  très lourd en quelque sorte humiliant et rabaissant, mais il fallait que j’en parle en accusé et peut être aussi en espoir.
 La solution à cette crise alimentaire qui décrit mon nom et mon identité n’est guère dans l’aide alimentaire vivement politisée, encouragée et couronnée  par les Nations-Unies et ses démembrements. Certes le geste et la notion d’aide humanitaire sauve des vies, mais soyons certains qu’autant nous dépendrons de cette aide humanitaire, autant nous serons des mendiants, pour ne pas dire des esclaves dont la survie et la liberté dépendra à jamais d’un maître.
Encore une fois, je ne suis pas fier d’en parler, mais il fallait que je rattrape ma pensée échappatoire dans le but et le sens d’une liberté de penser et d’expression qui m’aidera a trouver une meilleure solution plus honorable au réel problème que la mendicité et la dépendance de l’aide humanitaire ou encore à des simples critiques politiques ou je présume être le premier Nigérien qui serait a la guillotine.
Au 21eme siècle, la crise alimentaire, la famine et la malnutrition sont encore et toujours d’actualité dans la vie de l’homme, pire encore ils gagnent sur l’homme comme s’il n’est plus doué d’une intelligence assez excellente pour vaincre les maux  saisonniers ou le « phénomène naturel».
En Afrique et au Niger plus particulièrement, avec une croissance démographique vertigineuse, les résultats définitifs de ces projections montrent des chiffres très alarmants au regard de la croissance exponentielle de la population nigérienne qui, en 2005, est de 12,5 millions d’habitants, passera à 55,8 millions en 2050, d’où l’urgence d’un appel à l’action. Notre excuse pour certains maux tels que la crise alimentaire, la malnutrition, la mortalité maternelle et infantile élevée, le paludisme, le problème d’eau, de l’éducation… ne doivent plus êtres une tragédie ou on accuse la nature.
On se doit de comprendre, d’être intellectuellement mature et conscient que nous sommes une nation, un peuple et non une organisation ou encore une entreprise ou une compagnie sous la tutelle d’une simple direction d’individus qui peuvent échouer à tout moment. L’échec d’une nation pour moi ne se résume pas aux lacunes, aux erreurs ou même à l’incompétence de ses dirigeants, mais plutôt à celui de tout le peuple qui dans son incompréhension du devoir attend tout de l’État ou encore d’une quelconque entité étrangère, un droit, une aide, un secours, une solution sa propre survie et développement.
Ainsi donc dans son Manifesto , le petit enfant Niger envisage et évoque des perspectives de solutions, des alternatives et des précautions pour freiner, briser et vaincre intelligemment et fièrement ces chaînes «de dépendance et d’esclavage diplomatique et humanitaire» conçues au préalable pour une dépendance et un enrichissement organisationnel et non pas d’une indépendance ou une libération des victimes.
 Des amères vérités  qu’évoquent beaucoup d’autres penseurs contemporains Africains tels que Dambisa Moyo  dans (Dead aid) ou encore Exelle  kabou  dans (Et si l’Afrique refusait le développement ?) Walter Rodney  dans (the Making of an African Intellectual)…
    -Au Niger par exemple on se doit de faire un pas en arrière pour vulgariser et promouvoir l’agriculture et les cultures de contre saisons dans les communes, dans les écoles et même dans les administrations. Faire de sorte que le jardinage, la culture des légumes soient une activité, une passion des fonctionnaires et des familles, de sorte chaque Nigérien soit fier de posséder une petite terre, un jardin qui au moins produira ses propres légumes, des fruits ne se reste que pour nourrir sa propre famille.
Avec cet héritage nous apprendrons à aimer et à connaître la valeur de ce que nous produisons et mangeons au prix de notre propre exploit et indépendance alimentaire. Pour moi l’esprit des 3N au delà de l’aide alimentaire, nécessite la participation et la culture d’une denrée ou encore la possession d’un jardin, d’une terre ou encore d’ un arbre qu’un autre Nigérien bénéficiera aujourd’hui et demain.
   -La multiplication des points d’eaux : la construction des petits barrages,  des forages par quartier avec un ordre, et un engagement éducatif commun dans l’entretien de ses forages publics. L’accès à l’eau étant une priorité, un droit universel et une nécessité, on se doit en individu ayant les moyens financiers, techniques ou administratifs, en communautés ou en groupes d’individus, œuvrer pour une indépendance en eau. En un mot nous devrons permettre aux communautés d’avoir une égalité, une indépendance à l’accès à l’eau, car l’eau c’est la vie, et c’est bien de cette eau que hommes et animaux survivront et produiront, et la terre également germera son contenu grâce à l’eau.
      -Produire des agents de santé: L’état dans son quotidien à perfectionner l’éducation et a garantir les soins appropriés au citoyens se doit de penser à l’introduction d’un curriculum de santé, de choix dans la branche, mais obligatoire après le BEPC. C’est à dire que la génération future bénéficiera très tôt d’un savoir sur certains problèmes de santé récurrents de la société.
 Pour les filles surtout, il est de nature que chaque fille dès son entrée au lycée d’être capable de maîtriser les techniques de base d’assistance à une autre femme en accouchement, l’assistance à une personne en danger. Vu la carence en sages femmes ou encore femmes d’assistantes sociales, on se doit d’acquérir tous un certain savoir sur la santé humaine et publique.
      -L’entretien de l’environnement se doit  également d’être une conduite sociale, morale dans note vie. A défaut l’état se doit de prendre des mesures, voir même des sanctions si nécessaires à l’égard de ceux qui nuisent et détruisent l’environnement, la conservation des places et jardins publics doivent être une tache commune de bon sens, un devoir du bon citoyen.
Plus loin je dirai que l’entretien et la sauvegarde de l’environnement  se doit d’être aux mains d’une police dotée de tous les pouvoirs nécessaires afin que le citoyen Nigériens respectent la nature et l’environnement autour de lui.
Enfin le Manifesto du petit enfant appelé Niger n’est autre qu’une sérié de suggestions que nous avons courageusement adressé aux autorités Nigériens, au PNUD, à l’Union Européenne, dans le cadre du projet de développement à long terme des pays en développement.
Nous espérons que le Niger et l’Afrique en tirera profit dans la considération et dans l’application de quelques éléments de ce Manifesto du petit enfant appelé Niger, car on se doit  tous cette obligation de pouvoir voler de nos propres ailes dans beaucoup de secteurs en ce siècle lumière ou le plaisir n’est plus le pouvoir pour servir, mais plutôt servir pour pouvoir.
***Birdson Mahamane Dansounsou****