En   présentant récemment son excellente Déclaration de Politique Générale, un super condensé basé sur les grandes lignes du programme de la Renaissance 2, le point, entre autres, ayant été aussi bien remarqué que commenté dans les milieux de ceux qui en sont dans le besoin urgent est celui des logements. Il a tenu cette place parce qu’il n’y a que ces derniers pour conforter un tant soit peu le restant de leurs jours pour les nigériens de la classe moyenne.

Pas de ces pimpantes villas que le simple citoyen ne peut entretenir et que seuls les millionnai Lorsqu’il annonça qu’« En matière de logements le Gouvernement s’envisage de réaliser 5000 logements par an et faire la promotion du développement de l’industrie des matériaux de construction ainsi que la création d’une banque de l’habitat », nous qui sommes d’un optimisme débordant et ayant foi en la capacité de son gouvernement, nous sommes réjoui de cette opportunité pour le soulagement que sa réalisation allait apporter dans le secteur. Un secteur, véritable mare aux crocodiles, que des basses manœuvres avaient totalement plongé dans une stagnation quasi permanente.  

 Voilà, nous sommes-nous dit, une solution qui viendra délivrer des milliers de nigériens aujourd’hui à la merci de tous les faux jetons, ballotant entre les griffes d’intraitables agents immobiliers, de contraignants baux à loyer , des intermédiaires qui leur mentent comme des arracheurs de dents et d’une écrasante majorité des possesseurs de maisons qui les tancent publiquement au moindre retard de paiement. On en trouve parmi eux quelques uns qui sont vraiment compréhensifs.      

 Les constats énumérés ci-dessus constituent indubitablement la hantise permanente que ceux qui la vivent affrontent des années durant comme de gentils guerriers et chacune des explications fournies pour  apaiser les locataires et les postulants aux logements s’avère très peu plausible.

  L’inaccessibilité des parcelles étant criarde et le morcellement étant désormais interdit (du moins pour le moment), le mieux pour eux est de se rabattre sur les chefs-lieux de régions ou de départements. Ceci pourra faciliter leur acquisition aux catégories les plus vulnérables dans la zone dite rurale, rendre les petites villes plus attrayantes pour décongestionner la capitale. Ou alors faudra t-il envisager de créer une nouvelle  capitale comme l’ont fait des voisins, avec une grande réussite d’ailleurs ou comme le Sénégal est en train de le matérialiser? Déjà que pour des travaux d’esthétique et de désencombrement, de futés esprits mal pensants ont et continuent de crier à leur inutilité, tout en les empruntant ou en les visitant chaque jour que Dieu fait.

   Cette initiative ne doit pas échouer et pour cela, en plus des mesures incitatives prises pour encourager les agents et les promoteurs immobiliers à travers d’importantes exonérations fiscales sur les taxes immobilières et les droits de douanes dont les bénéficiaires abusent sans sourciller, profitant frauduleusement et exagérément la quantité des matériaux de construction à importer, en plus donc de ces mesures incitatives, il faudra aussi de la rigueur quant à l’attribution parcimonieuse mais juste de ces logements qui sortiront bientôt de terre.

  Les « distributeurs » éviteront ainsi de les faire tomber dans les mains de citoyens malveillants et inhumains qui n’hésiteront pas un seul instant pour y introduire la surenchère, nous faisant passer de Charybde en Scylla. Il faudra donc disqualifier ces apprentis mafieux, passés maîtres dans l’art de s’adjuger des biens du patrimoine de l’Etat de manière frauduleuse ou d’arpenter les couloirs du Ministère en

  On peut toutefois se féliciter de la constatation de l’existence de SARIKOUBOU créée par l’Etat ou de véritables cités créées par  le SNEN, le SNAI, d’autres SYNDICATS et des financiers privés mais la satisfaction reste encore mitigée. Les syndicats et pourquoi pas les associations de la société civile, doivent redoubler d’efforts pour consolider les acquis de leurs militants par les autres initiatives purement sociales que sont, les caisses d’épargne et de crédit ou les mutuelles de santé avec une priorité pour ceux qui sont en fin de carrière. C’est l’occasion de présenter nos encouragements à ceux qui sont sur cette lancée. En vue de construire des cités par leurs propres moyens une prolifération des regroupements par affinité, par corps de métier ou par profession peut, de manière substantielle, améliorer le cadre de vie de leurs adhérents en particulier et de l’ensemble des nigériens en général.

  La réalisation de 5000 demeures par an est à la portée de nos dirigeants actuels, nous y croyons et ils ont notre ferme soutien pour y arriver. Comment nous garder de dire du bien de l’Opération parcelles contre arriérés de salaires(même si ce fut un marchandage escamoté que bon nombre d’agents ont rejeté à l’époque) qui a fait que de nombreux agents de l’Etat sont devenus propriétaires du toit qui abrite leur famille, même si beaucoup d’autres, malgré leur  farouche volonté de quitter la location, n’ont pas encore pu achever la construction. Ils seront certainement au bout de leur peine une fois la banque installée. Elle mettra du baume au cœur de ceux qui rêvent d’un abri décent au crépuscule de leur fin de carrière.  La création de la Banque de l’habitat programmée qui viendra maître sur les cendres de la défunte Crédit du Niger et sa petite sœur la SONUCI avec une monstrueuse tête d’un corps qui semble avoir a arrêté de grandir. Le ministère en charge doit jouer le tout pour le tout pour accomplir ce grand pas vers la modernisation sociale et économique.

   S’en sera alors fini du casse-tête du loyer et sa cohorte de désagréments les uns beaucoup plus coriaces que les autres et des cas d’escroquerie que les victimes ne dénoncent pas de peur d’être poursuivis pour corruption.  S’en sera fini de la panique qui noue l’estomac de ceux qui sont en proie à une psychose eu égard aux promesses sans lendemains dont l’ancien régime nous avait abreuvés et ce sera un camouflet important qui lui aura été infligé, lorsque les clés des premières maisons seront remises aux nouveaux propriétaires.

 C’est un énorme défi pour la Renaissance que de réussir ce que ses  prédécesseurs n’ont pas su initier puis concrétiser et ce défi sera relevé incha Allah. Nous nous ferons le devoir de réveiller ceux qui rêvent de faire échouer cette innovation née de la volonté de ceux qui s’échinent à améliorer nos conditions de vie, en se basant sur ces faiblesses récurrentes que sont la lourdeur administrative et le sabotage. Une lourdeur administrative toujours encline à jouer de sales tours aux agents, ou, pire encore, l’activation de ce sabotage insidieux de tout ce qui va en faveur de la population,  programmé et exécuté par des agents tapis dans la chaîne administrative.

Préventivement ceux qui sont chargés de la mise en œuvre de ce pan de la Déclaration de Politique Générale, doivent cesser l’attentisme et aller résolument à la recherche de ressources suffisantes, pour permettre aux nigériens désireux d’obtenir un logement de l’Etat, d’apercevoir sereinement le bout du tunnel. Revisiter éventuellement la loi sur le logement et permettre à ces nigériens d’espérer sans se demander la mort dans l’âme, que cette mayonnaise pourra  effectivement prendre et ne pas laisser cette lumineuse décision sombrer comme la nébuleuse Mutuelle de santé des agents de l’Etat, miroitée par le régime défunt depuis plus de douze ans et qui peine à voir le jour. Elle était certainement mal ficelée peut-être dès son démarrage ; pourvu qu’elle ne fasse pas tache d’huile sur les logements.

 Innocent Raphael