Du 08 au 10 juillet, le Groupe AllAfrica  Media, éditeur du site http://allafrica.com et leader mondial de la distribution électronique d’informations sur l’Afrique avait organisé un séminaire sur le tabagisme à Grand Bassam en Côte d’Ivoire. Autour du thème : « Comprendre l’environnement règlementaire du tabac en Afrique : enjeux, perspectives et quels rôles pour les médias », une cinquantaine de journalistes venant de 12 pays africains avaient fait des échanges fructueux pour mieux agir face à la problématique du tabac.

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Ce séminaire qui s’est tenu en prélude à la prochaine Conférence des Parties à la Convention Cadre de l’OMS sur le Contrôle du Tabac (COP7) du 7 au 12 novembre 2016 en Inde, a consisté à une mise à niveau des journalistes africains sur les grandes questions de l’heure de l’industrie du tabac par des experts reconnus. Il a également permis la création d’un réseau d’échanges et d’informations entre confrères sur les grands enjeux liés à l’industrie du tabac.

A l’issue des communications pertinentes des experts, il était clairement apparu qu’autour de l’industrie du tabac il y a des enjeux économiques, sociaux, sanitaires, environnementaux et sécuritaires évidents. Les débats avaient achoppés aux questions essentielles suivantes : l’industrie du tabac est-ce un mal nécessaire ? Faut-il anéantir l’industrie du tabac?

A titre d’informations à l’endroit des participants : l’industrie du tabac pèse 150,3 milliards de dollars US, 2201 emplois directs, 156 800 points de vente pour l’Afrique de l’Ouest mais aussi un milliard de morts pour ce 21ème siècle à l’échelle mondiale, selon les experts.  S’il s’avère qu’il est impossible d’empêcher aux gens de fumer alors les experts se demandent aujourd’hui comment réduire la nocivité du tabac pour sauver les vies humaines ?

Entre autres mesures envisagées, l’on peut noter selon les experts : l’augmentation drastique des taxes sur le tabac à concurrence de 75% du prix de vente. Les produits dits nouvelle génération comme la cigarette électronique qui réduirait le risque de maladie à 95%. Toutefois, précise un expert : « Quel que soit le niveau de réduction de la nicotine, la cigarette est dangereuse ».

Sur le plan sécuritaire, un expert militaire avait édifié l’assistance sur l’impact de l’industrie du tabac dans le financement du terrorisme dans le Sahel. En effet, selon l’expert c’est un fait les terroristes font du trafic du tabac et tirent le nerf de la guerre de ce trafic. Pire,  à l’en croire, des containers du tabac quittent la côte (Cote d’Ivoire, Guinée Conakry) pour traverser les frontières jusqu’aux confins du désert pour atteindre la clientèle en Afrique du Nord. Il urge, selon l’expert, que les Etats africains concernés par ce trafic illicite coopèrent à travers leurs douanes pour ‘’assécher les sources de financement du terrorisme’’. Ainsi selon cet expert qui connait bien la réalité du terrain, plus de 40% du marché de la cigarette est détenu par le marché parallèle. Et l’argent de cette contrebande est destiné pour les terroristes à se procurer des armes. Ce qui fait dans certains cas, a –t-il martelé, ces terroristes sont plus dotés que les armées régulières.

C’est donc conscients de tous ces enjeux que les participants à ce séminaire avaient consenti à l’unanimité de la création d’un réseau des journalistes s’occupant des questions de l’industrie du tabac et ses enjeux.

Elh. M. Souleymane (envoyé spécial)