A la célébration de la nuit du ‘’kadr’’, vendredi 1er  juillet dernier,  les lauréats de la  MOUSSABAKA (concours national de lecture du saint coran)  ont été récompensés. L’édition  de cette Moussabaka 2016 organisée conjointement par l’Association Islamique du Niger (AIN) et l’Office de Radio et Télévision du Niger (ORTN) a connu un succès retentissant tant les lauréats ont été récompensés à la hauteur de l’importance de l’événement.

En effet, le premier prix Coran entier, gagné par Zeinabou Tidjani (région de Dosso) est composé d’un million de francs, une voiture Toyata Rav4, un billet d’avion Oumra famille, des vivres et bien d’autres gadgets. Les autres prix ont été également consistants. Ces primes boosteront à coup sûr les jeunes à mémoriser le livre Saint. Ce qui constitue une bouée de sauvetage pour les talibés qui doivent désormais s’appliquer aux études coraniques. Révolu ce temps où les études coraniques étaient reléguées au second plan.

Il faut saluer ces gestes des généreux donateurs car honorer ces jeunes porteurs du Coran dans leurs « têtes » c’est honorer notre livre saint. En plus de ces jeunes récipiendaires à l’occasion  de la Moussabaka, il importe de s’intéresser aux autres grands lecteurs du Coran à savoir ces marabouts répétiteurs du Coran aux enfants dans nos villes et villages. Une pensée particulière aux imams de nos mosquées.

Ceux qui dirigent nos prières au quotidien. Combien d’imam ont un salaire ? Combien de  fidèles se soucient de comment l’imam de leur mosquée se prend en charge, paye ses factures ? C’est connu nos opérateurs économiques savent construire des somptueuses mosquées mais allez y savoir le salaire de l’imam et du ahzan. Dénonçant cette anomalie, un jeune marabout disait qu’il suffisait d’un simple retard de la part de l’imam pour entendre des propos des plus intolérants. Mais très peu savent que l’imam doit aussi vivre décemment comme tout le monde.

Dans un récit rapporté par Cheikh Aminu Daurawa, un jour on a amené des vivres dans une mosquée pour l’imam. Des fidèles avaient publiquement humilié l’imam en demandant à qui les vivres étaient-ils destinés. L’imam très révolté par cette attitude qui frise la convoitise, a démissionné et il est allé au marché du coin ouvrir un petit business. A l’heure de la prière, il vient se mettre dans les rangs parmi les fidèles. Interrogé sur le  pourquoi de son attitude, il dit qu’il  cherche sa pitance donc il faudrait trouver un autre imam ! C’est peut-être excessif la réaction de cet imam mais ça doit interpeler chacun et tous : est-ce que nous mettons nos imams dans les conditions de possibilité d’une concentration nécessaire pour bien officier nos prières ?

Un imam avec un sac de riz vide, des factures d’eau et d’électricité à termes n’exposera-t-il pas nos prières à des incessants « ba’adi et kabli » (réparation) ? Pensons alors à honorer nos « obligations » vis-à-vis de nos imams qui non seulement officient nos prières mais enseignent le Coran à nos enfants qui font notre fierté en venant exposer leurs connaissances aux Moussabaka à l’échelle nationale et internationale. Mention spéciale aux mécènes de la Moussabaka 2016 !

EMS