Il y a trois mois suite à une visite nous décrivions dans un autre billet la situation de l’hôpital national de Niamey en ces termes : « L’hôpital national est saturé. Les urgences sont débordées. C’est très affligeant de voir les malades et leurs accompagnateurs abandonnés à eux- mêmes. Pas assez de lits pour accueillir ce beau monde venant des quatre coins du Niger dans l’espoir d’être soulagé à Niamey. Après mille et un sacrifices, ces populations qui viennent dans la capitale se retrouvent doublement malades : leur économie épuisée pour se retrouver face à une sorte de déréliction totale. Il faut au moins offrir à ces honnêtes citoyens pour leur argent. Et nous avons observé comment ces majors et infirmiers de service se démènent pour offrir le meilleur d’eux-mêmes pour répondre aux sollicitations de leurs concitoyens éprouvés. Mais à l’impossible n’est tenu : face aux limites objectives des capacités de l’hôpital national, le personnel ne peut gérer ce monde que selon les moyens à sa disposition. Admise aux urgences à même le sol, une patiente nous confie avoir même payé le lit pour être admise en médecine. Elle doit attendre le temps de libérer un lit pour elle. Un autre malade adulte très épuisé, ne s’empêchant de crier tant ses maux de ventre sont insupportables, doit attendre, allongé sur un banc des urgences. En observant cette scène assez révoltante, je me suis demandé si véritablement le service des urgences de l’hôpital national de Niamey mérite vraiment son nom. Du moins, il donne l’impression en l’état d’être plus un mouroir qu’un service d’urgence devant parer au plus pressé. »

C’est là entre autres conséquences d’une gestion non rationnelle de l’hôpital qui doit interpeler nos autorités pour mettre en place une administration à la hauteur des attentes des nigériens pour capitaliser les acquis de cet hôpital de référence offert gracieusement à notre pays par la Chine. Ce joyau qui va booster la qualité des soins au Niger et même dans la sous-région mérite un management de qualité pour rompre avec les tares et mauvaises pratiques que connaissent nos centres de santé.

Jusqu’ici sur toute la ligne tout s’est bien passé : l’hôpital est réceptionné par les plus hautes autorités. Le regard est rivé désormais sur le ministère de la santé dans le choix des hommes devant œuvrer pour l’atteinte de l’objectif assigné à cet établissement à savoir : décongestionner les hôpitaux de Niamey et même de l’intérieur du pays et de contribuer à l’amélioration de la qualité des soins.

Pour réussir ce pari, à notre humble avis, il faudrait entre autres conditions préalables : la transparence dans la gestion, un traitement équitable aux patients, l’ordre et la discipline qui doivent s’imposer aux patients comme au personnel. C’est ainsi seulement que ce sanatorium sera une bouffée d’oxygène à l’endroit du peuple nigérien, fruit de la très fructueuse coopération sino-nigérienne. Bon usage alors pour le plus grand bien des Nigériens.

EMS