L’affaire Panama papers vient au moins de lever un coin du voile sur la rigueur dans les principes des uns et des autres. En effet, très vite les gens qui passent pour être rigoristes sur les réseaux sociaux ont vite céder aux affectes et autres sentiments grégaires. Un internaute désorienté me demanda pourquoi les journalistes de ‘’l’opposition’’ voudraient-ils couvrir Rimbo ? Je lui ai répondu que la corruption c’est un serpent à plusieurs têtes, tu trouveras très peu de gens sincères pour bouter ce fléau.

Mais une des leçons du panama papers aux couleurs nationales, c’est que très vite des opportunistes ont procédé à un lynchage médiatique contre Moussa Aksar ignorant ce dernier n’est qu’un maillon d’un puissant groupe de presse constitué dans le sillage du watergate. En effet, le Consortium des journalistes d’investigation a des épaules plus larges que celles d’Akasar. Réduire cette bataille à la modeste personne d’Aksar, c’est ignorant tout de la capacité de ce consortium. C’est également ignorer que sur le terrain il y a des journalistes qui avaient travaillé avec Aksar.

Deuxième leçon : on peut aisément se faire une idée que ceux qui passent pour des chantres du journalisme d’investigation peuvent porter sans gêne la robe du procureur pour sévir sans scrupule contre un confrère. Et on comprend toute la pertinence de l’adage : « la nuit tous les chats sont gris ».  Certains confrères récemment très remontés contre le régime en place ont dû recourir à l’usage du faux en profitant de cette affaire pour assouvir des desseins bassement primaires.

Troisième leçon : j’ai entendu hier le secrétaire général de Transparency International section Niger dire que la lutte contre la corruption était jusqu’à une date récente un tabou. Et d’ajouter que c’est sous la 7ème République avec des opérations de charme du régime actuel et notamment du président de la République Issoufou Mahamadou que tout le monde au Niger en parle ouvertement. En effet, malgré les insuffisances constatées, la volonté du PR a permis aux uns et aux autres de s’engager véritablement dans la lutte contre la corruption qui s’avère un phénomène assez délicat. Quand l’on s’intéresse véritablement à lutter contre cette gangrène on se rend à l’évidence que la corruption n’a pas de couleur politique encore moins de terre d’élection. Il y a qu’ hier comme aujourd’hui elle sévit sur le pays : les individus s’enrichissent en appauvrissant l’Etat et par ricochet aggravant les conditions de vie déjà très insupportables de notre peuple.

A la vérité, la leçon essentielle à mon humble à vis à propos de la corruption, il faut des actions citoyennes. Autant des cybers citoyens s’engagent à dégager les immondices dans la ville de Niamey, autant la putréfaction est réelle au niveau des mœurs. Mais avec la foi, on peut déplacer des montagnes, dit-on.

EMS