Que  de trésors négligés au Niger ! Ce cri de cœur d’Ismael Abdoulaye sur Aernusa, repris ici par Niger Inter, doit interpeler les autorités et les bonnes volontés pour préserver notre précieux patrimoine au moment où la diplomatie culturelle et sportive booste l’image de marque du Niger. 

« Le lundi j’étais aux archives nationales du Niger pour mes recherches et j’ai trouvé ces documents sortis pour être séchés car les eaux de pluie des jours antérieurs coulaient par le plafond en suivant certainement le mur pour inonder ce trésor. C’est juste pour porter à la connaissance du public la menace qui guette la mémoire collective », s’indigne Ismael Abdoulaye sur aernusa le forum des nigériens aux USA. Et le modérateur Ali Dan-Bouzoua d’ajouter : « Dommage pour le Niger et  les générations futures la  numérisation  n’est pas une option pour eux ».

« Le Niger possède différents centres d’archives et de documentation, qui rassemblent des données très importantes, tant par la quantité que par la qualité. Il sera ici question principalement du centre de la direction des Archives nationales, ainsi que des deux autres centres documentaires localisés à Niamey intéressant le chercheur en histoire : la bibliothèque de l’Institut de Recherche en Science Humaine (IRSH) et la bibliothèque de la faculté de lettres Abdou Moumouni. »

Certes comme chacun le sait, tout est prioritaire au Niger. Mais il urge pour le ministère de la renaissance culturelle de chercher des partenaires pour amorcer la numérisation des archives nationales. Et comme ce fond documentaire intéresse l’humanité, nous osons espérer qu’il ne manque pas de bonnes volontés ou  mécènes prêts à préserver notre bien commun.

Récemment en visite aux archives nationales, le responsable nous a confié son incapacité à mettre à jour notre pays avec le fameux ISBN (International Standard Book Number) faute de moyens.  Le Niger n’arrive même pas à faire acte de présence aux rencontres de ce genre tant, serait-on, tenté de dire que le livre ou la production intellectuelle est loin d’être une priorité. Et on le voit, le plus souvent les nigériens qui écrivent des livres ont tendance à aller chez nos voisins (Bénin, Togo, Burkina) pour éditer leurs ouvrages avec un minimum de conformité aux standards internationaux. Il est vrai qu’avec les maisons d’éditions du Mont Bagazam ou ASULI, l’espoir est permis. Mais encore faut-il que le cadre soit créé par l’Etat pour faciliter aux universitaires et autres libres penseurs de rendre public leurs cogitations en souffrance dans leurs tiroirs. Simple avis.

EMS