L’arrivée du MNSD Nassara à la majorité présidentielle est en soi une très bonne nouvelle pour le pays en proie aux défis sécuritaires. Mais de là à donner une autre connotation à cet appel à l’union sacrée du Président de la République, il y a un hiatus de nature à contrarier l’allié du jour qu’est le PNDS. C’est justement ce manque de la répartie dans la communication du MNSD qui a suscité ce commentaire.

Tidjani Abdoulkadri c’est le Secrétaire général du MNSD Nassara. Député frondeur de la précédente législature, il est selon nos informations un des artisans du processus qui vient d’aboutir à un rapprochement du MNSD de la majorité présidentielle. Sous l’ARN puis Copa 2016, Sieur Tidjani Abdoulkadri était le commentateur attitré des livres blancs en deux tomes ( ?). Ces tracts qui avaient la spécificité d’être des pamphlets contre le Président de la République et les institutions de la République.

Selon le Secrétaire général du MNSD, leur ralliement à la mangeoire (pardon au pouvoir) se justifie parce que le pays est à terre et par conséquent ils sont venus le redresser économiquement. Un discours qui voudrait dire, pour ceux qui lisent entre les lignes que le Président Issoufou et le PNDS Tarayya ont échoué. Un sujet qui peut fâcher les nouveaux alliés du MNSD.

Certes comme l’enseigne un adage du terroir : « tabarma kumya da hauka ake nade ta », prosaïquement la natte de la honte se range avec un air de folie. Mais à notre humble avis cette approche du MNSD risque de susciter des frictions de la part du principal parti au pouvoir. Qui plus est, la voix déjà discordante d’un Tamboura Issoufou(membre du bureau politique MNSD) qui a clairement dit que son parti est venu parce que les gens sont fauchés, fait que l’assertion de Tidjani Adoulkadri ne résiste pas à l’analyse.

La netteté du point de vue de Tamboura Issoufou à ce sujet a fait dire un confrère en langue : « an bar adawa domin a kwachi dawa » c’est-à-dire qu’on a renoncé à l’opposition pour se servir. Même si Kalla Hankourao tout comme Bazoum Mohamed appréciant ce rapprochement ont positivé les choses en évitant des sujets qui fâchent, il n’en demeure pas moins que le plaidoyer de Tidjani Abdoulkadri résonne mal dans les oreilles des tarayyistes.

Et quid des arguments du PNDS et ses alliés de la MRN selon lequel qu’ils ont fait en cinq (5) ans ce que le MNSD n’a pas pu faire en dix (10) ans ? Si jamais le PNDS commence à communiquer dans ce sens on voit bien que ce rapprochement risque d’être un divorce programmé avant la lettre. Tout comme au PNDS on peut se dire que pour mieux humilier notre allié, il faut exiger de lui une déclaration qui consiste à  reconnaitre les élections comme préalable au new deal.

Il va sans dire que le Secrétaire du MNSD Nassara doit se dire que si le PNDS recourt à la même faconde que lui, le processus pourrait se plomber. Et en ce moment ils ont tout à perdre en quittant déjà l’opposition se trouvant dans une sorte de mirage qui les éloigne de la réalité. Il faut donc simplement être positif d’un côté comme de l’autre si tant est que le but de la nouvelle dynamique vise à consolider les ‘’intérêts supérieurs de la nation’’.

La règle élémentaire de la morale consiste à dire : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse ». Une règle d’or pour le vivre ensemble d’autant vraie dans cette perspective dialogique… entre le MNSD Nassara et le PNDS Tarayya.

Elh. M. Souleymane