Après la déconfiture de l’Alliance des Forces de Changement (AFC), le directoire du PNDS Tarayya avait contracté une alliance avec le MNSD de Tandja/Hama recomposant ainsi ‘’la nouvelle majorité’’. Au niveau du parti rose et notamment sa jeunesse, ce rapprochement dit ‘’contre nature’’ a été vécu comme un scandale, une césarienne, un déchirement assez déroutant. Il a fallu des conférences de proximité par ‘’les philosophes officiels’’ du parti pour ramener l’ordre et la discipline dans les rangs des socialistes nigériens.

Depuis la classe politique actuelle a expérimenté et entretenu ce mélange de genres de sorte que de proche en proche l’on se demande si nos acteurs actuels ne se moquent pas de la morale en politique. Est-ce vraiment du politiquement correct de passer tout son temps à vilipender un régime ou un leader politique et subitement passer pour un allié de celui-ci ? Nos hommes politiques pensent-ils que les nigériens sont amnésiques ? Mesurent-ils seulement l’impact de leurs attitudes et comportement sur la jeunesse nigérienne ?

En dehors des antivaleurs comme les coups bas, la trahison et la duplicité que retiendront les jeunes de la pratique politicienne de leurs aînés ? L’on entend cà et là que Seini Oumarou ne doit rien se reprocher puisque Hama Amadou l’a déjà trahi. Une légitimation de la forfaiture au détriment de l’amitié. Cette vieille recette mercantiliste et déshumanisante consistant à dire que ‘’les bons comptes font les bons amis’’.

Au Niger nous sommes en rupture d’avec les principes éthiques tant il est vrai que William James a raison : dans la perspective politique actuelle au Niger on peut affirmer sans risque de se tromper ‘’est vrai ce qui est utile’’ ( ?!).  Dans ce sens, l’état des lieux n’est guère reluisant tant nos hommes politiques doivent se reprendre pour ne pas dérouter la postérité.

Il n’y a rien à redire sur le fait de travailler ensemble pour préserver l’essentiel et promouvoir les valeurs du vivre ensemble et par conséquent de la République. Mais ne soyons pas dupes : le législateur a  si bien réparti les rôles de sorte qu’il est loisible ‘’par la disposition des choses’’ que gouvernants et opposants peuvent jouer harmonieusement leur partition comme dans un orchestre sans empiéter aux valeurs et surtout au processus démocratique si chèrement acquis au Niger. Déjà en son temps Rousseau avertissait : « Ceux qui voudront traiter séparément la morale et la politique n’entendront jamais rien à aucune des deux ».

EMS