« Je suis aujourd’hui heureux de défendre les couleurs de mon pays à ces J.O de Rio. Je remercie du fond du cœur le Président de la République S.E Issoufou Mahamadou pour toute la confiance qu’il a placée à moi pour être le porte drapeau. C’est une charge énorme sur mes épaules. Par ce geste du Président de la République, je promets au peuple nigérien que j’irai à Rio pas pour faire du tourisme, mais remporter une médaille et ce, quelqu’en soit la couleur. Je l’ai promis au Chef de l’Etat ». Ainsi s’exprimait devant la presse le 30 juillet dernier sur le perron du Palais de la Présidence le Taekwondoiste Issoufou Abdoulrazak Alfaga.
Il a promis et il a tenu sa parole. Le samedi 20 août dernier sur le tatami de Rio, le Niger est rentré dans l’histoire du sport mondial grâce à ce jeune combattant de 21 ans et orphelin de père et de mère. Cette dernière nous a quitté il y’a juste deux ans. Quarante quatre (44) ans après la 1ère médaille olympique de l’histoire, le bronze glané par le boxeur Issaka Daboré (aujourd’hui âgé de 76 ans) aux Jeux Olympiques de 1972 à Munich en Alle-
magne, le Niger célèbre son héros. Une icône est née. Le samedi 20 août dernier, une nouvelle page de l’histoire du sport nigérien sera inscrite. Le Niger était complètement suspendu. Le cœur des 18 millions de nigériens battait la chamade. Même le Président de la République en vacance à Dan Dadji a annulé toutes ces audiences pour suivre en même temps que ces compatriotes des 8 régions et ceux de la diaspora ce moment fort. L’émotion était vive chez Issoufou Mahamadou lors de la 1ère sortie d’Alfaga où après Daboré, le drapeau national était tenu par un jeune Brésilien. Ce moment suivi par tous les nigériens était exceptionnel. Qui aurait cru qu’Alfaga allait faire carnage sur le tatami face à des monstres du Taekwondo mondial. Coup sur coup, le natif de N’Dounga (Kollo), éliminera de manière éclatante dans la catégorie-reine de + de 80 kilogrammes, le champion de France et d’Europe en titre le Français d’origine Sénégalaise M’Bar Ndiagne en 8ème de finales, le champion d’Amérique du Sud le Brésilien Maicon Siquiera en ¼ de finales et le numéro mondial et champion olympique en titre dans cette catégorie l’Ouzbèque Dimitri Shokhin. Ce dernier est invincible depuis plusieurs années. Il a fallu Alfaga pour le détrôner le 20 août dernier à Rio.
Très fatigué après ce combat face à Shokhin mais aussi les différentes interviews accordés et manque de

repos, et malade en raison d’un problème de genou, Alfaga aborde la finale face à un intraitable Taekwondoiste, l’Azéri Radik Isaev. Très pressé d’en finir avec l’Azerbaidjanais, le nigérien sera bloqué dans toutes ses tentatives dans cette finale de rêve, une finale inédite que livre un nigérien. Et tout se complique pour Alfaga dans le 3ème round. Malgré tout, Alfaga a rempli sa mission, celle de placer pour la 1ère fois en 11 participations aux Olympiades d’Eté, le Niger en finale. C’est une satisfactation, une fierté pour tout un peuple.
Alfaga est rentré en héros national  jeudi 25 aoûst dans la soirée à Niamey où une fête grandiose lui a été dédiée par les plus hautes autorités. Il est reçu avec tous les honneurs  par le Président de la République, Chef de l’Etat Issoufou Mahamadou qui l’a élevé officier de l’ordre du mérite du Niger et 50 millions de FCFA et bien d’autres gâteries. Une tournée nationale dans les 7 régions de notre pays pour présenter à tous les nigériens qui ont passé une nuit de long couteau, sa médaille d’argent. Tout un symbole.
Ousmane Keita