L’information était devenue un secret de polichinelle : le bureau politique du Mouvement nigérien pour la société du développement (MNSD), deuxième formation d’opposition, a voté le 13 août en faveur de son ralliement à la majorité présidentielle. La composition du gouvernement en sera logiquement changée.

Alors que les élections locales doivent avoir lieu en janvier, l’opposition vient de perdre un atout de poids, celui du MNSD, qui avait remporté 11,7% des suffrages aux dernières législatives de février 2016. Le bureau politique du parti de Seini Oumarou a voté, dans la nuit du samedi 13 août au dimanche 14 août, en faveur du ralliement à la majorité présidentielle, déjà forte de 52 partis.

Le parti a motivé sa décision par sa volonté de sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve actuellement et de sceller l’unité de la nation face au terrorisme. « Le bureau politique a par la même occasion responsabilisé le président du parti pour qu’il entame les démarches utiles en vue de la concrétisation de cette volonté du parti de participer à la gestion du pouvoir d’État en mettant en avant les intérêts supérieurs de notre pays », a expliqué le Secrétaire général du parti, Abdoul Kadri Tidjani, dans un communiqué.

Le MNSD avait engagé en juin un audit de ses activités, après son échec à la présidentielle (Seini Oumarou avait terminé troisième et avait dû se désister derrière Hama Amadou, candidat du Moden-Lumana) puis aux législatives (où le parti était en recul de 20 sièges). Avec ce ralliement à Mahamadou Issoufou, l’ancien parti au pouvoir ferme la porte à une nouvelle coalition d’opposition, que tentait de réunir depuis plusieurs mois Amadou Boubacar Cissé, président de l’UDR-Tabbat.

Vers un remaniement du gouvernement

Il reste désormais à savoir quelles seront les conséquences du ralliement du MNSD à la majorité présidentielle, dont il devient le second parti en nombre de députés. Traditionnellement, le candidat arrivé troisième à l’élection présidentielle accédait au poste de président de l’Assemblée nationale, comme ce fut le cas pour Hama Amadou en 2011. Mais le perchoir est actuellement occupé par Ousseini Tinni, député du PNDS, élu alors que l’ancienne coalition d’opposition boycottait encore l’Assemblée, au lendemain de l’annonce des résultats du scrutin législatif.

Surtout, quelle sera la physionomie du gouvernement après un remaniement qui semble inévitable ? Brigi Rafini a été reconduit dans ses fonctions à la primature et bénéficie de la confiance du président. Les alliés de l’entre-deux tours ont quant à eux obtenu des strapontins d’envergure, comme Ibrahim Yacouba aux Affaires étrangères, qu’ils n’ont aucune intention de quitter.

Le repos du chef de l’État, qui a débuté des vacances dans son village le 12 août dernier, aura donc été de courte durée. Selon nos informations, les changements dans l’équipe ministérielle ne devraient cependant pas intervenir avant trois mois. Le nombre de ministres pourrait alors être réduit et passer sous la barre des trente, dont plusieurs pour le MNSD.

Mathieu Olivier (www.Jeuneafrique.com)