Le Président Issoufou est officiellement en vacances à Dandadji, son village natal. C’est connu de tout le monde. Il peut se targuer depuis son accession au pouvoir de ne pas aller en vacances ailleurs comme on a coutume à le reprocher à bon nombre de chefs d’Etat africains qui préfèrent l’Hexagone ou autre lieu de jouvence. Toutefois même si le Président Issoufou préfère ses vacances dans sa maison de campagne, ses vacances font toujours l’objet de mises en scène : les sorties publiques entachent toute discrétion aux vacances présidentielles.

Pourtant dans l’entendement du citoyen lambda, le Président de la République est censé se reposer, récupérer après une année de dur labeur au service de la nation. Un repos mérité en somme pour se revigorer afin de poursuivre ses très hautes fonctions qui exigent de lui d’être un Hercule à toute épreuve.

Mais à la vérité, nous observons que aller à Dandadji n’est pas synonyme de promenade de santé tant ce village s’apparente à un palais bis où il doit recevoir ses parents et amis, mais aussi et surtout le personnel politique qui s’invite à une sorte de petit pèlerinage à Illéla. « Vacances de Président … quelles vacances quand toute la capitale se transporte dans le village natal du Président et où il est obligé d’enchaîner les audiences … 1000 ou 2000 personnes à voir chaque jour durant deux semaines … vraiment ça c’est tout sauf vacances dey », s’indigne un cyber citoyen.

L’on entend çà et là que membres du gouvernement, leaders politiques, parlementaires quittent la capitale pour aller rencontrer le Président. Entre nous, pourquoi on ne peut pas laisser le président jouir de ses vacances ? Pourquoi justement n’arrive-t-on pas  à faire la différence entre les vacances présidentielles et le reste du temps ? A mon humble avis, la discrétion devrait être la règle quand le Président est en vacances. Il devrait simplement recevoir les diplômates et autres VIP de passage au Niger dans l’intérêt bien compris de notre pays.

Le hic, c’est qu’avec la nouvelle donne politique, on peut affirmer sans risque de se tromper que cette année le Président Issoufou n’aura aucun répit pour ses vacances tant le clientélisme politique est en branle : les uns venant faire leur serment d’allégeance, les autres négociant leur positionnement dans le prochain establishment.

Quand on sait que ‘’le pouvoir use’’ d’après un homme d’Etat nigérien, l’on comprend pourquoi il importe d’accorder au Président ce temps pour se reprendre en récupérant. Autrement, le protocole a tout intérêt à convaincre le Président de passer prochainement ses vacances aux îles Caïmans ou à la Fontaine de jouvence… au Japon !

EMS