« 437 millions de dollars US sur une période courte de 5 ans, ce que notre pays n’a jamais connu depuis … », déclare Mme Salamatou Gourouza

Mme Salamatou Gourouza Magagi est Coordonnatrice du Millénium Challenge Compact Niger.  Il y a de cela presque deux mois le Conseil d’Administration de MCC a validé pour un montant de 437 millions de dollar us son programme avec le Niger. Le 22 Septembre dernier, le Président de la République, Chef de l’Etat en visite aux USA a, en compagnie de la CEO de MCC, célébré à New York la signature du Compact Niger. Cette rencontre a regroupé les principaux partenaires du Niger sur ce programme. Mme Salamatou Gourouza décrypte ici les tenants et les aboutissants du MMC pour le Niger.

 

Question : Pouvez-vous nous dire la substance de cette réunion ?

 

Mme Salamatou Gourouza Magagi : Cette rencontre de haut niveau entre le Président de la République du Niger et la Présidente du MCC fait suite à la signature, entre les deux parties, du Programme Compact et de son Accord de mise en œuvre intervenue le 29 juillet 2016 à Washington.

Aussi la présente rencontre a été l’occasion pour les deux parties de magnifier la collaboration fructueuse entre le Niger et MCC qui date de 2006 avec le «Threshold Assistance Program» ou Programme Seuil pour lequel, qui a accordé au Niger une assistance financière de 23 millions de dollars en 2008 destinée au financement de la scolarisation de la jeune fille, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement des activités de lutte contre la corruption. La bonne réussite de la mise en œuvre de programme a valu au Niger son éligibilité au Programme Compact, objet de la présente cérémonie.

Il faut dire qu’à l’occasion de cette rencontre de New York, les plus hauts responsables de MCC ont réaffirmé leur ferme engagement et leur volonté inébranlable à accompagner les autorités nigériennes pour une bonne mise en œuvre de cet important programme de développement.

Pour sa part, le Président de la République, principal hôte de cette réunion, n’a pas manqué d’exprimer toute la gratitude et la reconnaissance des populations nigériennes bénéficiaires de cet investissement, aux autorités et au peuple américains, et réaffirmer que l’Etat du Niger mettra tout en œuvre pour créer les conditions de réussite des objectifs du Programme Compact au Niger.

Question : Le Programme MCC pour le Niger renferme plusieurs volets prioritaires pour le développement de notre pays. Comment comptez-vous exécuter ce programme ?

Mme Salamatou Gourouza Magagi : En effet, le Programme Compact du Niger est structuré autour des éléments ci-après :

  • le développement des infrastructures d’irrigation à grande échelle à travers une approche communautaire ;
  • la réhabilitation des routes d’accès aux périmètres irrigués ;
  • les activités d’accompagnement dans le cadre de la gestion des eaux et des aménagements hydro-agricole ;
  • le soutien à l’agriculture résiliente au climat tout en favorisant une augmentation durable de la productivité ; et
  • le renforcement des activités dans le domaine de l’élevage.

Comme tout programme financé par des PTF, le MCC pose certains préalables à la mise à disposition des fonds pour le financement des activités du Compact. Ces préalables relèvent d’une part du domaine administratif et institutionnel de formalisation et d’autre du domaine technique.

Au plan administratif et institutionnel il y a :

 

  • La création par décret du PR, de la structure de mise en œuvre du Programme, à savoir le MCA-Niger ;
  • La mise en place du Comité du Conseil d’Administration ;
  • La ratification de l’Accord de don par le Parlement du Niger ;
  • Le recrutement du personnel du MCA-Niger et son installation ;
  • L’ouverture de compte bancaire au nom du MCA-Niger.

Au plan technique il y a :

 

  • L’accomplissement des différentes conditions précédentes liées au Projet infrastructures d’irrigations et d’accès aux marchés ;
  • L’accomplissement des différentes conditions précédentes liées aux projets développement de l’élevage à base communautaire et à l’agriculture résiliente au climat ;
  • Les réformes liées à l’ONAHA et à la CAÏMA, gestion de l’eau sur les périmètres irrigués entre autres.

Toutefois, je puis vous affirmer que pour bien préparer la mise en œuvre de ce Programme, MCC a mis à la disposition du Niger depuis 2014, une subvention de 9.850.000 dollars US pour les études techniques préparatoire qui ne font pas partie de l’enveloppe globale  de 437 millions$ du Compact.

Au cours de la phase des travaux les décaissements se feront au fur et à mesure des activités sur le terrain.

Comme vous pouvez le constater, le chantier est fastidieux. Cela va nous demander de nombreuses consultations avec les parties prenantes notamment les autorités politiques et administratives, les populations bénéficiaires, les cadres déconcentres et centraux, les partenaires techniques et financiers, les ONG et autres organisation de la Société civile.

Question : De manière plus précise, quelles sont les zones d’intervention du Programme et les volets concernés ?

Mme Salamatou Gourouza Magagi : En termes de couverture géographique, le Programme Compact du Niger a une envergure nationale.

De manière opérationnelle, le Programme est structuré autour de deux principales composantes à savoir :

  1. La Composante Grande Irrigation et Infrastructures de Marché qui couvre les principales activités suivantes :
  • L’aménagement des Périmètres irrigués (2452 Ha à Konni et 2600 Ha Dosso-Gaya) ;
  • Le Service Accompagnement Agricole et les réformes politiques et institutionnelles (CAÏMA, ONAHA, Association Usagers de l’Eau pour l’Irrigation) ;
  • Les infrastructures routières pour l’accès aux marchés ; (bitumage de la RN7 tronçon Dosso-Bela sur une distance de 83 km, réhabilitation et mise à niveau d’un segment principal de la RN 35 Gaya-Margou sur une distance de 184 km et desservant les périmètres de Ouna-Kouenza et Sia et enfin la route rurale Guitodo-Sambéra sur 37 Km reliant la RN7 à la RN35) ;
  1. La Composante Développement de l’élevage à base communautaire et l’agriculture résiliente face au climat à travers deux projets de la Banque Mondiale dans un système de cofinancement des activités à savoir :
  • Le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS) ;
  • Le Projet d’Appui à l’Agriculture Sensible aux risques Climatiques (PASEC) ou Climate Resilient Agriculture (CRA) qui interviendra dans 16 communes des régions de Maradi, Tahoua, Dosso et Tillabéry.
  • Question : Que peut attendre le Niger de cet important Programme ?

 

Mme Salamatou Gourouza Magagi : Les retombées de la mise en œuvre du programme Compact pour le Niger sont de plusieurs ordres à savoir :

  • Sur le plan des investissements directs étrangers, c’est l’obtention d’une subvention de 437 millions de dollars US sur une période courte de 5 ans, ce que notre pays n’a jamais connu depuis à date. Ces fonds seront en mqjorité injectés dans le tissu économique du pays.
  • Sur le plan de la production agro-pastorale et de la résilience des producteurs ruraux, on assistera à une augmentation substantielle de leur revenu et de leur capacité à résister aux chocs exogènes climatiques en particulier (sécheresses, inondation, mauvaise campagne pluviométrique) et ce sont plus de 3.500.000 nigériens qui seront positivement impactés par les activités de cet important Programme ;
  • Sur le plan institutionnel, une série de réformes qui vont améliorer la performance de certaines de institutions de développement rural (ONAHA, CAÏMA, gestion de l’eau sur les périmètres irrigués entre autres) ;
  • Une réduction des inégalités et exclusions sociales à travers la prise en compte du genre (responsabilisation économique des femmes, des jeunes et d’autres groupes vulnérables identifiés dans les zones d’intervention) ;
  • Une amélioration de l’accès et de la sécurisation des terres aussi bien pour les hommes que pour les femmes et les groupes défavorisés ;
  • Un renforcement des capacités des bénéficiaires en gestion, production, transformation, stockage, conservation, commercialisation et investissement ;
  • Un renforcement des capacités des bénéficiaires dans la prise en charge de la santé animale, l’amélioration de leur accès aux produits de santé animale, aux marchés et aux infrastructures de marchés à bétail dans le cadre du Projet d’appui au Pastoralisme dans le Sahel (PRAPS) ;
  • De même, un développement et un renforcement des capacités du secteur privé nigérien sont attendus.

Tiemago Bizo avec TAMTAM INFO NEWS)