Le remaniement du gouvernement a focalisé l’attention des Nigériens depuis l’annonce du MNSD Nassara de rallier la majorité présidentielle. Le remaniement est la conséquence logique de cette décision historique, ce d’autant que l’ex parti Etat entendait aussi participer à la gestion du pouvoir. Attendu pour début septembre, il n’aura probablement lieu que vers la fin du mois en cours ou en octobre. Dans tous les cas, il aura bien lieu même si, en coulisses, le président Issoufou cherchera sans doute à arrondir certains angles.

Il y a des préalables à satisfaire au nombre desquels figure la position du PNDS, le parti présidentiel, qui semble être tenu à l’écart du processus. Tout indique que ce n’est pas une alliance entre le MNSD et le PNDS. C’était aussi le cas lorsque l’aile Albadé, devenue le MPR Jamhuriya, a décidé de soutenir les actions du président Issoufou Mahamadou conformément aux délibérations du bureau politique de leur parti, à l’époque, en l’occurrence le MNSD.

Nos sources laissent entendre que le MNSD, à travers Seini Oumarou, son président, prend langue directement avec le président Issoufou. Sans intermédiaires.

On ne peut préjuger de la position du PNDS même si, selon toute vraisemblance, ce parti irait dans le sens souhaité par le chef de l’Etat. Mais on ne peut s’avancer sur l’attitude que des députés PNDS, pas tout à fait contents, pour diverses raisons, pourraient adopter. Peut-être qu’on aura à faire à des députés frondeurs, qui, de toutes les façons, savent que le président Issoufou est à son dernier mandat. Ce qui favorise des luttes de positionnement internes au parti qui ne pourraient pas favoriser durablement l’alliance avec le MNSD. Il est clair que le parti présidentiel va perdre quelques privilèges qu’il aura acquis au cours du premier mandat et au début du quinquennat en cours.

Le fait que le PNDS ne soit pas associé à cette dynamique est révélateur du fait que le chef de l’Etat veut certainement affirmer un principe fort pour un président de la République dans un système démocratique : être au dessus des partis politiques et de la mêlée politicienne. Nul doute que cet acte pourrait constituer une source de frustration qui préfigurerait d’un nouveau type de rapports avec le président Issoufou et son ancien parti. Certains responsables de ce parti affirment n’avoir pas été associés au processus du ralliement du MNSD. C’est tout dit.

Outre le PNDS, il y a également les dirigeants du parti qui sont dans le gouvernement depuis 2011 suivant le principe bien connu de « charité bien ordonnée commence par soi ». Quel sort leur sera-t-il réservé face aux ambitions de certains militants qui attendent depuis le premier mandat d’avoir l’occasion de prouver ce dont ils sont capables ?

Ces militants espèrent que le prochain remaniement leur portera chance. Il y a trop d’ambitions étouffées. Pour combien de temps encore ?

Une autre équation à résoudre, qui n’est pas la plus simple, ce sera la représentation des partis alliés à ce gouvernement dont la taille tournerait autour de 30 membres. Une taille de loin inférieure à celle du gouvernement actuel dont la pléthore est l’objet de vives critiques des Nigériens. Les partis alliés s’interrogent sur les critères de répartition des postes et de choix des candidats au gouvernement. Qu’en sera-t-il de ceux qui sont en poste depuis seulement 5 mois ? Doit-on revenir au système d’enquête de moralité pour ne choisir que ceux qui présentent un meilleur profil et qui ne sont pas en conflit avec la loi ? Une chose est sûre : il y aura trop d’appelés mais peu d’élus.

Le président Issoufou, en bon mathématicien, saura résoudre ces inéquations tout en sauvegardant la cohésion de son camp.

Tiemago Bizo