Depuis que le MNSD a décidé de rallier le régime en place, on n’entend que des rumeurs, les unes plus fantaisistes que les autres. Les dernières en date laissent entendre que les négociations entre le pouvoir et le MNSD ont déjà abouti à un acte fort : céder la présidence de l’Assemblée nationale ou la Primature au président du MNSD, Seini Oumarou.

De sources bien informées, on apprend qu’il n’y a rien de tout cela ; ce d’autant plus que les négociations viennent à peine de débuter. Le deal est toujours attendu. Ce qui est, par contre, certain, c’est que le MNSD pourra bénéficier de postes ministériels proportionnellement à son poids politique dans la majorité dans le cadre du gouvernement d’union qui pourrait intervenir probablement vers la fin de cette semaine. Cette eventualité est envisagée en raison du pélérinage aux Lieux saints que le Premier ministre envisage en début de semaine prochaine.

Bien sûr que le MNSD bénéficiera d’autres strapontins dans l’administration publique de l’Etat et les entreprises publiques. L’hypothèse de céder la présidence de l’Assemblée nationale ou la Primature ne serait donc pas envisagée. Pourra-t-elle l’être ? Pas sûr car les enjeux politiques sont divers et souvent complexes.

La nouvelle alliance de la majorité présidentielle ne comptera pas avec le MNSD seul. Dans son escarcelle, l’ex parti Etat vient avec une quinzaine de partis politiques extraparlementaires, et qui espèrent avoir leur part dans la gestion du pouvoir.

Sur ce ralliement, certaines sources affirment que le MNSD a décidé de se désolidariser de Lumana. Certains évoquent la déloyauté de ce parti vis-à-vis de ses partenaires de l’opposition en particulier le MNSD. Du reste, on a pu constater que le MNSD a pris ses distances d’avec ce parti depuis le 2è tour de l’élection présidentielle où Hama, alors en prison, aurait pu laisser Seini, arrivé 3è, compétir et représenter l’opposition. Ce, au nom de la solidarité entre opposants. Hama est resté dans la course tout en demandant à ses partisans de boycotter. Depuis lors, les germes de la cassure ont pris forme. On se rappelle que certains boutefeux de l’opposition avaient fait vite de dénoncer et de critiquer vertement et ouvertement le pacifisme de Seini et son refus de la lutte politique violente.

L’opposition se réorganise

Les partis de l’opposition restants ont décidé de porter le combat politique en comptant aujourd’hui sans le MNSD et ses affiliés. Ils se sont déjà réunis pour tracer le nouveau cadre de leur action. L’hémorragie dans leurs rangs est telle qu’il leur faut désormais plus de tact et d’engagement. Ce, pour ne pas apparaitre comme une opposition extrémiste, composée de gens qui refusent la démocratie et le choix libre des citoyens qui ont décidé de confier leur destin au président Issoufou, des gens qui veulent en découdre coûte que coûte avec ce dernier.

Aussi, le départ du MNSD signe la mort du groupe parlementaire dans lequel les députés MNRD et UDR sont inscrits. Ceux-ci doivent se faire une raison en allant ailleurs.

On note que des partis extraparlementaires boudent l’alliance de l’opposition depuis bien longtemps sans être intéressés à rejoindre la mouvance présidentielle. Il y a une sorte de crise au sein de l’opposition, qui explique en partie le départ sans sommation du MNSD et de ses affiliés.

Au total, il faut retenir que l’un des soucis des nigériens, c’est qu’enfin le président Isssoufou saisisse l’occasion pour composer un véritable gouvernement de combat pour l’atteinte des objectifs du programme de Renaissance II. Pour le reste, la logique du partage doit faire nécessairement place à celle de l’efficacité et du pragmatisme dans l’intérêt bien compris du peuple.

O. Sanda (Le Républicain no 2092)