Au Niger dans le choix de nos priorités en énergie, en optant pour la centrale de Gorou Banda au détriment du solaire n’y a-t-il pas eu erreur de ‘’casting’’ ? Du moins ne peut-on pas parler d’erreur voire d’inversion de perspective ?  Le Sénégal vient d’inaugurer la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Ouest le weekend dernier s’inscrivant ainsi  ‘’dans le cercle fermé des producteurs d’électricité solaire. Une grande centrale de 20 mégawatts-crête a en effet été inaugurée samedi 22 octobre par le président Macky Sall’’, nous informe RFI.

En Mai dernier, l’on apprend également : « Dans la région nord du Burkina Faso, 40 000  ménages ont eu accès à l’électricité grâce au solaire. Cela a été possible grâce au programme de Microcrédit solaire et changement d’échelle au Burkina Faso MICRESOL mis en œuvre de 2011 à 2016. »

« La consommation énergétique au Niger est faible et est d’environ 0,14 tep/habitant, contre 0,5 en moyenne en Afrique et 1,2 dans le monde. La faible couverture énergétique peut expliquer la faible espérance de vie (52 ans), le taux de mortalité maternelle élevé (supérieur à 500 pour 100000), le taux de mortalité infanto-juvénile de 127 pour 1000 en moyenne mais 148 en zone rurale, à cause de la difficulté de prise en charge sanitaire des populations rurales sans électricité, ainsi que par un impact négatif sur le développement d’activités génératrices de revenu en zone rurale », nous alerte l’expert nigérien en solaire Dr Abdoul Fatah Kanta.

Les nigériens ont la fierté de ce que fut le Pr Abdou Moumouni Dioffo dans le domaine solaire au plan mondial. Et comme par hasard le pays de celui dont l’université de Niamey porte le nom se trouve être comme qui dirait un ‘’scandale astronomique’’. Mais aujourd’hui ce n’est pas seulement son héritier spirituel Albert Right qui se trouverait dans un étonnement criard face au choix de nos priorités en matière d’énergie par les autorités de la 7ème République.

Ce débat où de plus en plus d’experts s’interrogent mérite d’être engagé de nouveau pour savoir après un examen rigoureux s’il ne faut pas rectifier le tir. Si le gouvernement ne le fait pas de sa propre initiative, c’est aussi la vocation du parlement d’éclairer les lanternes des citoyens dans ce domaine on ne peut plus stratégique pour le Niger.

Il y a vraiment de quoi lorsqu’on considère que le solaire ne demande que l’investissement initial alors les autres options à l’image de Gorou Banda seraient des gouffres d’argent pour le long terme. En un mot comme en mille, nous appelons de tous nos vœux à une mise à jour de notre choix énergétique. Autrement, les générations futures  retiendront que l’œuvre du Pr Abdou Moumouni a été déshonorée  par son propre pays. A méditer !

EMS