Enfin,  la  décision  tant  attendue   est  finalement  tombée  .  Depuis   que  l’on évoque  la mise en place  d’un  gouvernement  d’Union   Nationale par  le Président   ISSOUFOU  et  Seini Oumarou président du  MNSD,  les suputations  allaient  bon  train. C’est  finalement,  au  soir  du  19  Octobre   que  le   Chef de  l’Etat  a  signé  un  décrét   nommant  le  nouveau   gouvernement  dd large ouverture   de   42  membres,  comme le  précédent. Mais, loin  de  mettre  fin à ces spéculations, les langues  se délient plutôt.  Chacun y va de ses commentaires  et de ses impressions . 

                                     QUI  GAGNE  ET  QUI     PERD   ?                                                                   

   Un  deuxième  décrêt  fut pris  par le  Président  de la  République  pour  achever cet  acte  de  solidarité  en  nommant  le  Président  du  MNSD  ,  nouvel  allier  comme  le Haut  Représentant  du Président  de la République,  pour lui  attribuer  non  seulement une fonction  honorifique mais aussi , surtout  pour  garder  une  relation  en  rétablissant  le  « téléphone   Rouge »  Celui  qui lui légitime  son  titre  de 5ème personnalités dans l’ordre protocolaires.  Cette  décision  donne  ainsi  à  cette  Union  sacrée l’allure d’un  partage de «  gagnant  gagnant »  du   « fifti-fifti »  où  aucune  des  parties   ne  doit  perdre  la  face. C’est  assez  politique . Ce  qui  permet    surtout à cet allié principal  dont le parti  est  accrédité  de 2O  députés , d’assumer une  haute  fonction  tout  en  surveillant  ces  troupes  qui  l’accompagnent  dans  cette «  nouvelle   aventure   » Afin  que  le  goût  et l’odeur  du  pouvoir ne les énivrent  au point  où  ils  oublieraient  qu’ils  sont  dans une  alliance  et  qu’ils  sont  là   au  titre  du  MNSD .   Sa  présence   aux  côtés  du Chef de l’Etat,  pourrait   les  dissuader  et  les ramener à  la  raison  au  cas où….ils  souhaiteraient  sauter  le  pas  pour…. Car on  ne  sait  jamais   avec  tout  ce que  nous  avons  connu  dans  ce  domaine.  En  effet,  en  politique, rien  n’est  moins  sûr  et  rien  n’est  acquis  d’avance   C’est  un  terrain  assez  glissant où comme  l’avait  si bien dit  notre  ainé    Moumouni Adamou  DJERMAKOYE  « rien n’est impossible ».

                 Maintenant,  en  faisnt  les comptes  on   constate  que le   MNSD  s’en tire  avec  6 porte -feuilles,  dont  l’environnement  et  surtout  la  santé  ,  deux  domaines  assez   importants     au  niveau  de la gestion des affaires  de l’Etat.  Le  porte-feuille  de l’environnement  a  été  attribué à un jeune  qui maitrise  bien ce  domaine,  étant  issu  de  sérail.  Ce qui pourrait  faciliter les  négociations  avec  les  partenaires  et  faire  avancer  le  dossier  de Kandadji  qui  pose  des problèmes  depuis plus  de 40 ans et  autres .  On  peut  aussi  constater  que dans  les négociattions  entre  le  PNDS  et   le  MNSD,  le Président  Seyni OUMAROU  tire une  satisfaction  morale  avec  le  départ  du gouvernement  de  ceux  qui  l’avaient  abandonné pour  intégrer le premier gouvernement  du  PNDS  ,  sans l’accord  du parti  baobab. Ils  sont  au moins  3  anciens  pontes   du  MNSD  dont  nous n’avons pas besoin de  citer  les noms  ici.  IIs  sont  bien connus  .Voilà  pour  ce que  nous pensons  comme  satisfaction dont tire  le   patron  du  MNSD.

          Regardons  du  côté  du  PNDS  qui  tout  en  s’alliant  au  MNSD,  n’a  ni renié   sa ligne  politique, ni  perdu  des  plumes  .  Le  Ministre  ALBADE  est  resté  indéboulonable,  mais  reste  aussi  proche   du pouvoir,  même   s’ il  faut  faire  de  la place  « aux  autres »  au  nom  de  l’Union  sacrée.   Sa  formation  politique  est  dans  le  peleton  de  tête .  Le PNDS   garde  sa cohérence  et  sa  force  au  regard  des postes  Ministériels  qu’occupent « les  hommes  de  la  garde  rapprochée  du Président  ISSOUFOU »  Tous  les caciques du parti  rose  sont  là  et  gardent  leurs places au  niveau  des Ministères «  régaliens  » Mieux,  on  sent  une  consolidaion de  ce parti  lorsqu’un  des membres influents  prend en mains le  porte-feuille  du  Ministère  du  »nerfs  de la  guerre »   celui  des finances,  du  budget  confié  à   un  des  très  proches du Chef  de l’Etat  Hassoumi   MASSAOUDOU . Un  homme  qui a  occupé  dans  les pouvoirs  gérés par son parti, des  postes sratégiques.

Quelles leçons tirées de la formation de ce gouvernement ?

A  première  vue,  chacun  y  va  de  son  commendaire   suivant  sa  vision   Et  cela  dépend  de  ses  convictions  politiques  ou  non .  Certains  condamneront  sans  faire  aucun  cadeau   à  aucune  des deux  parties  alors  que d’autres  vont ruer dans les brancards un des alliés  sans  ménagement. Ceux qui  sont  « les déçus  »  de  la position prise  par leurs  formations  politiques  en s’alliant.  Ils  sont  les  membres des partis qui  n’accepent    ni  ne  cautionnent    cette  alliance.  Ils  iront  d’ailleurs  grossir les  rangs  des  mécontents    et  des  frustrés   puis  rejoindre  une  opposition  silencieuse   ou  dynamique. Et  bien  c’est  leur droit .  D’autres par  contre  qui  trouveront  ce  rapprochement  comme  un acte  non  « contre nature  »   vont  applaudir  en  disant  qu’il  «  s’agit  là  de  l’intérêt  supérieur  de la Nation  à un  moment où notre pays  fait face à des menaces de  toutes  sortes »   Ce  qui  peut  paraître comme un  argument  très convainquant  lorsqu’un  pays comme le nôtre  est  au coeur  de  beaucoup  de  tourmentes, il  aura  besoin de  tous  ses  fils  et  de  toutes  ses  filles . Nous avons connu  des  tels moments  II est  vrai  que la  destabilisation   créée  et enretenue par nos partenaires occidentaux de   nos pays , dont  le notre est au coeur,  doit  nous  concerner  tous . La mondialisation  qui nous propulse aussi dans une spirale  dont nous ne  maitrisons  pas  les  mécanismes,  nous  destabilise  davantage.  Et  nous  éloigne  de nos  préoccupations  en  nous  insérant  dans une  gestion  mondiale  dont nous sommes les perdants   L’unité  et la  cohésion  sociale  doivent  paraitre  un  socle  de  résistance contre  cet ouragan  qui  risque de  nous   emporter  si  nous ramons à contre  courant.   Nous  sommes dépassés  par les  évènements  que créent nos partenaires pour nous distraire  en  perturbant  notre  rajectoire.Guerre en  Libye  voisine, attaque des Boko Haram  au Nigéria , au Tchad  et  enfin  au Mali . mettant  nos frontières en  péril  et  nos populations en danger permanent.

Les piliers d’une véritable démocratie et d’un Etat de droit…

Un  Etat  de droit  repose sur  un  socle : Une  Constitution  émanation  de la volonté  populaire  qui elle même pose et définit   les règles des  conditions  de gestion  de la chose commune. D’où  la  séparation des pouvoirs et  qui   partage les responsabilités .  Un  gouvernement  dont  la formation  est du ressort  et de   la  discrétion  du  Président  de la République  sur  proposition  du  Premier Ministre .  Mais  en  face,  il  doit   exister  l’autre partie  du peuple  qui se  nomme  « Opposition »  et  qui a  pour  rôle  de jouer la  contestation  républicaine  et reconnue  d’ailleurs au niveau de notre loi fondamenale , cette Constittuion qui nous garantit  nos droits  et  nos libertés  en  toute  transparence .  II  faut  que cette  frange  qui conteste  mais ne doit ni  arrêter  ni  entraver  la marche   de  la  République,  cette  Opposition  républicaine  sorte du bois  et  qu’elle  joue pleinement  son rôle  dans la légalité . En  lui permettant  de s’exprimer et  de  défendre  ses   droits  à l’intérieur  de  ce socle  républicain car un gouvernement d’Union  sans  interlocuteur  en face, est  biaisé   si nous  voulons  être  des  démocrates , disons en  régime  démocratique.  Le Président  ISSOUFOU   doit  prendre langue  avec   ses opposants  en invitant  celui qui incarne  l’Opposion M. HAMA  Amadou  à  venir  occupper  toute  sa place  d’adversaire républicain  avec  ses alliés  aussi. D’ailleurs M.  HAMA   Amadou  doit  également  prendre  toutes  ses responsabilités  en  regagnant  son pays pour  assument son  rôle  d’Opposant,  advienne  que pourra.  Au  nom de ses  braves  militants  comme  Soumana  SANDA, Issoufou ISSAKA  et  tant  d’autres  qui ont croupi  et croupissent toujours en prison . Ce  sont  des  cerveaux,  des compéences  et  des énergies  que nous  éparpillons.   Sans  raison . II  faut  en  finir  avec  cette  situation   qui  n’honore  ni  les militants  ni le  brave  peuple nigérien.  Je  pense  que  la  vie  est  faite  de douleur  également   et  que  la   politique  est  « une  mare  aux  caïmans  »  Mais  aussi  que  nul  ne peut échapper  à  son  destin   La  vie  tout court,  est un combat  continu.  Le  peuple  nigérien  est  fatigué  de  toutes  ces intrigues  politiques   de  tous  bords.  Nous  devons  avancer   pour  ratrapper  ce  retour   qui  nous  ramène  tout  le temps  en arrière.  Pensons  à cette jeunesse  qui paye  nos  erreurs  et attend  son  tour. Pensons  à  cette  armée, à nos braves  parents  sur tous les fronts  qui  se sacrifient  pour nos vies.  A  ces paysans  et  paysannes qui rîment à longeur  de journée  parfois  sans pour autant  prendre deux  repas par  jour  sur les trois. Pensons  à  ces populations  qu’on  tue, ces femmes , ces enfants  et ces viellards  que des mains  criminelles  assassinent  sans  honte. Pensons  à  la  construction de notre pays qui souffre  sans comprendre  Pensons à  ce  peuple  qui subit  des  atroces  douleurs, tous les jours que Dieu fait. Ayons une pensée pour nos  compatriotes  de la  Diaspora,  éparpillée  dans tous  les  Continents  et  qui  se bat pour  faire connaire  notre pays.  A  travers  des rencontres, des Conférences,  des Foras  où  elle  fait découvrir  nos  valeurs culturelles.  Personne  ne viendra  construire  notre  pays  à  notre  place. Nous  sommes un peuple  pacifique, tolérant, humain  qui ne mérite pas tant  de souffrances  et  qui ne  demande  qu’à  vivre , en paix . Notre  pays doit  tirer  profit , alors  grand  profit de ce «  Gouvernement d’Union  Naionale  »   qui  vient  d’êre mis  en place. Si  nous voulons  que l’Histoire  retienne  bien  cette date du 19 Octobre 2016, comme  étant  un moment symbolique  de notre  existence politique.  Bonne  chance  et  courage   au  peuple  nigérien .

                                                            Dr  Abdoulaye  HASSANE DIALLO