Après le parti écologique RSV/NIIMA, le Parti pour le Progrès et l’Ecologie/PPE INUWA ou Parti INUWA a été lancé en 2014. M. Harouna Oumarou Tchiany, son président, très actif sur les réseaux sociaux nous décrypte les défis écologiques du Niger et du monde. Il se prononce également dans cet entretien exclusif sur la situation politique du pays.

Niger Inter : Présentez-vous  à nos lecteurs ?

Harouna Oumarou Tchiany : Merci bien  de me donner l’occasion de parler de notre jeune formation politique et de moi-même à travers cet entretien et surtout de partager nos préoccupations avec vos lecteurs. Je suis Harouna Oumarou Tchiany Président du Parti pour le Progrès et l’Ecologie/PPE INUWA ou Parti INUWA depuis le Congrès constitutif tenu à Konni le 21 juin 2014.  J’ai fait une partie de ma vie scolaire et sociale à Maradi, Konni, Tillabery, Lomé, Zinder et Niamey. J’ai evolué ensuite à  Niamey entre le monde des ONGS et celui de l’enseignement avant de me rendre aux USA où  j’ai poursuivi des études environnementales et en justice criminelle tout en travaillant pour une organisation internationale à washington DC. Je suis marié et père de 4 enfants (Issoufou, Mohamed, Zeinab et Leila). Mais depuis la création de ce parti je vis entre le Niger et l’Amérique.

 

Niger Inter : En tant que président du Parti INUWA pouvez-vous nous dire en substance l’objectif de votre formation politique ?

Harouna Oumarou Tchiany : LE PPE /INUWA a pour objectif  de conquérir et d’exercer le pouvoir d’Etat par la voie démocratique ;

Pour atteindre ses objectifs  nous nous engageons à:

-Rassembler les Nigériens autour des grandes valeurs de démocratie, de libertés fondamentales, de droits de l’Homme, de l’unité nationale, de souveraineté nationale, de consolidation de l’indépendance nationale, de défense de l’Intégrité du territoire national, de justice sociale, de bonne gouvernance, de patriotisme, de panafricanisme, de paix, de Coopération et d’amitié entre les peuples du monde,

-Agir pour la protection de notre environnement, la promotion du développement durable, la promotion de l’emploi et des initiatives privées, la promotion de toutes les initiatives des jeunes, la promotion de l’ éducation, La promotion de la santé, La promotion de l’agriculture verte, la promotion de La science, de la recherche et la technologie, La promotion de nos valeurs traditionnelles, culturelles et du sport, la modernisation de l’ administration, la promotion de l’ égalité Hommes/Femmes au travail, la Promotion du progrès social et économique et, la promotion de l’intégration politique et économique des Etats africains

Niger Inter : Les partis verts apparaissent comme des ONGs, un peu loin de la vie politique normale que répondez-vous?

Harouna Oumarou Tchiany : Je ne le pense pas.  C’est parce que nous sommes peut-être le seul cadre politique qui dispose d’un relais à la base à savoir des ongs et des associations vertes avec lesquelles nous partageons les mêmes préoccupations notamment l’implication de l’environnement dans nos actions  de développement. Nous agissions auprès des populations  comme des Organisations vertes mais la politique, la conquête du pouvoir sont aussi un objectif pour nous comme toute formation politique.

C’est aussi parce que nous sommes le seul cadre politique qui n’attend pas l’annonce des élections pour aller faire des promesses aux populations. Nous travaillons pour nos populations tous les jours à travers diverses actions de développement  pour leur bonheur et le progrès du Niger, c’est ce qui fait notre spécificité par rapport aux autres formations politiques traditionnelles.

Niger Inter : Un pays comme le Niger a des défis environnementaux certains. Que faites-vous en termes de contributions pour inverser la tendance?

Harouna Oumarou Tchiany : Par tradition nous  connaissons parfaitement ces problèmes environnementaux dont vous faites allusion et savons comment agir pour y apporter des solutions. Nous ne venons pas vers nos militants ou les populations pour leur parler uniquement de politique de ce que nous allons les faire quand nous serons au pouvoir, mais nous travaillons ensemble pour résoudre des problèmes immédiats de développement, nous agissions dans la protection de l’environnement, en lançant des Eco opérations tels que le reboisement, la salubrité publique, la formation, des campagnes de sensibilisation sur la question.

Chaque fois que nous sommes en mission à l’étranger nous cherchons à trouver de possibilités d’appuis pour nos mairies et nos populations dans le domaine de l’environnement et du développement durable et bien d’autres secteurs.

Niger Inter : D’aucuns vous reprochent d’être un parti de la diaspora donc sans base réelle sur le terrain politique national. Que répondez-vous?

Harouna Oumarou Tchiany : C’est bien là un préjugé, une vue de l’esprit.  Bien que nous soyons  un jeune parti politique nous avons une certaine assise nationale acquise en si peu de temps, nous avons fait ce travail sans même  beaucoup de moyens. Il est vrai que le parti INUWA est à son origine l’idée d’un groupe de nigériens de la diaspora mais aussi des jeunes nigériens vivant au Niger qui  croient qu’il est possible de faire la politique autrement. Ceux-là qui pensent que le Niger ne saurait faire l’économie de la politique verte.

Il est vrai le président du Parti inuwa que je suis a été Président du Conseil des Nigériens aux USA (CONUSA), bien qu’ayant pris du recul aujourd’hui  mais pour avoir été un des architectes de cette organisation, il est difficile de le dissocier aux yeux de certains de ce cadre de la diaspora. Je suis fier d’avoir beaucoup donné et reçu de cette diaspora, cela a été un de mes grands et mémorables moments. J’ai beaucoup appris d’eux, j’ai eu à gérer  dans cette organisation des nigériennes et des nigériens, jeunes et âgés venus de contrées diverses du Niger, de niveau intellectuel  et profession différents ayant tous en commun le vouloir vivre en commun loin du Pays.

J’ai connu aussi  la force et la faiblesse des grandes puissances, durant toutes ses années passées loin du Niger, le secret du progrès des grandes puissances comme les USA, la France, ou l’Europe en général. Au Parti Inuwa nous sommes fiers de cet actif dont nos jeunes nations ont besoin.

 Loin d’être un parti de la diaspora, le Parti INUWA est bien  présent au plan national en si peu de temps dans presque toutes les huit(8) régions du Niger, dans des contrées souvent lointaines comme Dirkou, Fachi, Bilma, Arlit, Diffa, Ngourti, Abalak…..Tous les jours nous gagnons du terrain à la fois au plan national et extérieur surtout auprès des jeunes et des femmes mais auprès aussi du reste du peuple nigérien qui croit à notre idéologie verte, à notre expérience internationale et notre probité.

Niger Inter : En tant que parti politique quel est votre appréciation de la situation politique nationale en générale et de la nouvelle alliance MNSD/PNDS pour la formation d’un gouvernement dit  d’union nationale?

Harouna Oumarou Tchiany : Je suis de ceux qui pensent  que la démocratie ne fonctionne pas encore bien en Afrique au regard surtout  de la façon dont s’organisent les élections et comment le jeu démocratique se passe. Néanmoins j’admire en Afrique de l’Ouest les prouesses démocratiques des pays comme  le Benin, le Sénégal  et le Ghana. Au Niger chacun  à sa façon doit faire en sorte que cette démocratie fonctionne  bien car cela permettra au  pays d’avancer très vite sur la voie du progrès.

Pour ce qui concerne l’alliance MNSD/PNDS, nous ne la condamnons pas si elle va permettre au pays d’unir ses forces pour vaincre les grands défis du développement auxquels nous faisons face aujourd’hui. J’observe simplement que ce n’est pas comme en Occident, en Afrique, les alliances se forment très souvent sur  aucune base idéologique. Nous souhaitons cependant que des personnalités d’experience, des jeunes et des femmes intègrent cette dynamique.

Niger Inter : La ceinture verte  à Niamey  est en voie de disparution. Quelle est votre réaction  sur cette situation ?

 

Harouna Oumarou Tchiany : Votre constat est réel : la ceinture verte de Niamey est en danger.  Pour moi rien n’explique la remise en cause de ce joyau national. Force de reconnaitre que l’intérêt général n’a pas été mis en avant dans la gestion de cet espace. C’est bien dommage pour les générations futures.  Les autorités communales auraient pu transformé cette perle verte comme les autres parks urbains mondiaux en un espace vert où l’homme pavanerait croisant les regards des créatures animales introduites ou venues abreuvant dans l’insouciance et tout dans un décor vert et luxuriant où la communion écologique sera la plus la totale!

Mais hélas ! Comme beaucoup de nos parks urbains qui n’ont existé que sur les cartes avant de disparaitre, aujourd ‘hui ce joyau vert est en voie de disparition après son envahissement par une insalubrité de tout ordre, par une inexplicable coupe de bois. Et si  la rumeur du bradage de cet espace vert à des tierces se confirme autant demander aux citoyens de protester énergiquement car à notre sens la ceinture verte bien aménagée pourrait apporter une valeur ajoutée au caractère ‘’nyala’’ de la capitale avec un apport écologique irremplaçable pour notre capitale.

Niger Inter : Avez-vous un appel  à lancer aux nigériens dans la lutte pour la préservation de l’environnement?

Harouna Oumarou Tchiany : Oui j’ai un appel certainement  à lancer aux nigériens vis à vis de la lutte pour la préservation de l’environnement. ce problème est une réalité papable il suffit de faire un rapport entre l’accroissement de notre population et le décroissement de notre production agricole pour comprendre que nous marchons vers une catastrophe socio-écologique. Tous ses problèmes environnementaux  peuvent en partie être jugulés si nous décidons d’agir en changeant d’abord nos comportements vis à vis de  l’environnement. Agissons tous ensemble et maintenant!

Niger Inter : En tant que Parti vert qu’attendez-vous du rendez-vous du Maroc à savoir  la COP22?

Harouna Oumarou Tchiany : Avant de me prononcer sur ce grand événement permettez-moi de rappeler à vos lecteurs que les émissions mondiales de gaz à effet de serre(GES) couvertes par le protocole de Kyoto avaient atteint près de 49 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2010 selon les dernières données de GIEC. Elles ont donc augmenté de 80% entre seulement 1970 et 2010! surtout à cause du doublement de la consommation mondiale d’énergie sur cette période!

Les représentants de la planète réunis à la COP21 tenue à Paris  du 30 novembre au 12 décembre 2015  issus du pouvoir politique, des associations et ongs, du privé, et des communautés locales  ont donc discuté et se sont entendus. Ils ont accepté de stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines, de le réduire en dessous de 2 degrés d’ici 2100, par rapport à la température de l’ère pré industrielle, en renforçant les efforts pour atteindre  la cible de 1,5 degrés, l’on peut parler d’accord historique qui va entrer en vigueur dans un proche avenir car même les grands pollueurs l’ont déjà ratifiés à savoir l’Amérique, la Chine, l’inde et l’Europe.

Dans cette foulée et euphorie, Les représentants de près de deux cents pays ont signé le 15 octobre 2016 à kigali un accord sur l’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC), gaz extrêmement nocifs pour le climat qui est utilisé dans les réfrigérateurs et les climatiseurs.

Nous allons très confiant donc au COP22  de Marrakech du 7 au 18 novembre 2016 pour faire un état de lieux des avancées réalisées depuis Paris, dans cette lutte contre les changements climatiques.

Nous irons comme d’habitude en bloc pour faire aussi entendre nos préoccupations nées des conséquences de ses changements climatiques ils sont là en Afrique, au Sahel , au Niger! Ces conséquences sont entre autres l’immigration, la séchéresse, les innondations, les famines, la désertification, le problème de l’accès à l’eau, haute chaleur, la baisse du rendement agricole…

Nous ne sommes pas les responsables mais les victimes d’une situation, nous  demanderons un appui conséquent de nos partenaires les pays développés qui sont aussi les responsables, nos pollueurs.

Réalisée par Elh. Mahamadou Souleymane