Le gouvernement nigérien a supprimé les postes militaires installés dans les zones d’accueil des réfugiés maliens, les jugeant trop vulnérables, dix jours après l’attaque djihadiste qui a coûté la vie à 22 soldats assurant la sécurité des réfugiés dans le sud-ouest du Niger, ont déclaré lundi des responsables de la sécurité.

« Le gouvernement opte désormais pour des patrouilles militaires et a supprimé les postes statiques dans deux zones d’accueil des réfugiés maliens », a précisé à l’AFP un haut responsable du ministère de l’Intérieur.

« Il ne s’agit pas d’un retrait de nos forces mais de changement de mode opératoire », a-t-il expliqué.
« En restant sur place nos soldats s’exposent trop », a commenté un colonel de l’armée nigérienne.

 Vingt-deux soldats nigériens ont été tués le 7 octobre lors d’une attaque « probablement menée par des djihadistes », selon les autorités nigériennes, contre le camp de réfugiés maliens de Tazalit, dans la région de Tahoua, à 350 km au nord-est de Niamey.

La nouvelle mesure concerne deux zones de Tahoua, totalisant 22.000  réfugiés sur les 60.000 réfugiés maliens vivant au Niger. Tazalit avec 3.966  réfugiés et Intikane avec 18.242 personnes.

Tazalit et Intikane ne sont pas des camps de réfugiés classiques mais « des zones d’accueil » où les réfugiés « éparpillés sur plusieurs kilomètres » ne se regroupent que « périodiquement pour recevoir leur rations alimentaires », a expliqué à l’AFP un travailleur humanitaire.

Jeudi dernier, le ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum s’est rendu à  Tazalit pour évaluer le dispositif sécuritaire en compagnie de hauts  responsables militaires.

« La célérité avec laquelle l’attaque a été exécutée indique que ceux qui sont venus étaient bien informés sur les habitudes, sur le comportement des  éléments de garde, sur le comportement des habitants du camp, des habitants de la région, le lieu était repéré à l’avance, l’action a été rapide », a déclaré le ministre à l’ AFP.

Niger Inter avec AFP