Dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016, la Brigade d’intervention et de recherche de Niamey/Tillabéry a opéré une saisie d’un important stock d’hydrocarbures dans le village d’Abda-goungou, distant de 15 km de Niamey. Selon le chef de la Brigade d’intervention et de recherche de Niamey/Tillabéry, le Colonel Mahamadou Arzika, au cours de cette opération, ce sont 321 fûts (64 200 l) et 76 bidons de 25 l (1 800 l) d’essence, et 37 bidons de 25 l (925) d’huile de vidange qui ont effectivement été saisis.

C’est une opération conjointe ayant mobilisé outre les éléments de la douane nationale, ceux de la police nationale. Il s’agit d’une opération à risque dans un village où toute la population est de toute évidence complice de ce phénomène de fraude des hydrocarbures en provenance d’un pays frontalier, lui-même producteur du pétrole, en l’occurrence, notre grand voisin du Sud. Selon des témoignages dignes de foi, même le chef du village est complice de ce trafic, qui freine la mobilisation des ressources internes, si précieuses pour notre pays, en ces temps qui courent.

Le mode opératoire de ces trafiquants, consiste à se procurer du carburant en vente sur le marché noir à partir de ce pays voisin, et à l’acheminer au pays, via la voie fluviale, à l’aide des pirogues équipées et prévues à cet effet. Une fois sur place, la cargaison est entreposée dans des maisons d’habitation. Le déroulé de l’opération, tel présenté par le Colonel Mahamadou Arzika, est fort édifiant : « c’est à la suite d’un renseignement de notre hiérarchie, au plus haut niveau, en l’occurrence la Direction Générale de Douane, qu’on a pu exploiter, que nous avons décidé de mener une opération coup de poing, conjointe avec la brigade d’intervention nationale et l’appui de la police nationale.

Franchement n’eut été la présence massive des éléments de la police, nous n’allons pas réussir cette opération. C’est la police qui a pu contenir les mouvements d’humeur, l’hostilité de la population. Nous tenons  vraiment à remercier ces frères d’armes pour leur louable collaboration et le professionnalisme avec lequel ils ont su maintenir l’ordre et sécuriser les lieux, tout au long de cette opération». La fraude des hydrocarbures est une activité nuisible non seulement pour la mobilisation de nos ressources interne mais aussi pour la population, elle-même. Le lieutenant Colonel Mahamadou Arzika est formel là-dessus : « La fraude, quelle qu’elle soit, est néfaste pour l’économie du pays. Surtout quand il s’agit de celle des hydrocarbures. C’est dans des maisons, des concessions, des habitats, qu’on a pu mettre la main sur cette importante cargaison. Imaginez, un instant si un tonneau ou un bidon explose, le village allait disparaître. Et ce serait un drame pour le pays ».

Et le Colonel de lancer cet appel à l’endroit de toutes les forces, de la population, de faire de l’affaire de la fraude, une affaire de tous, car ce phénomène, selon lui, met à mal notre économie,  et ce sont des infrastructures sociaux et autres investissements vitaux, qui ne seront pas réalisés à cause de cet acte anticivique qu’est la fraude. Et  compte tenu du contexte sécuritaire dans la sous région, le Colonel Arzika suggère le gel du transit des camions acheminant certains articles, tels que les hydrocarbures et les motos vers le Mali, via Ayorou, compte tenu de la situation sécuritaire précaire qui prévaut au nord de ce pays voisin. Car il existe à l’heure actuelle des risques certains que ces articles atterrissent entre les mains des terroristes.  Donc stopper le convoyage des motos et hydrocarbures vers le Mali, via Ayorou, est un impératif sécuritaire à plus d’un titre. Cependant, le transit de ces articles vers ce pays pourrait bien s’effectuer via l’axe Téra-Burkina-Mali, a-t-il proposé.

Aujourd’hui, c’est connu de tout le monde : la fraude sous toutes ses formes est à la fois néfaste non seulement pour l’Etat qui enregistre d’énormes manques à gagner par sa faute, mais aussi pour la population elle-même, qui consomme très souvent des produits issus de la fraude, dont la qualité laisse à désirer. Comme tout autre fléau, la fraude est un mal qu’il faut réprimer avec la dernière énergie.  A cette fin, hommes, femmes, jeunes, FDS, fonctionnaires, commerçants, transporteurs, agriculteurs ; tous à l’unisson, nous avons le devoir morale et civique de collaborer avec la douane nationale, pour le progrès économique et financier de notre pays, et pour notre propre sécurité, en tant que consommateurs, et citoyens de ce pays. En tout cas, l’élan patriotique, nous le recommande !

Bazo Maâzou (Le Républicain 2103 du 17 novembre)