On disait Alma Oumarou, Wassalké Boukari et Amadou Salifou liés par un pacte qui ne dit pas son nom. On les disait frondeurs contre le président de leur parti, le Mouvement Patriotique pour la République (MPR Jamhuriya), Albadé Abouba. Certains, gagnés par on ne sait quel optimisme, croyaient que c’en était fini de Albadé dès lors que ces 3 « mastodontes » ne regardent plus dans la même direction que lui. C’est vrai qu’au regard de leur positionnement au sein du parti, on peut être tentés de le croire. Ils sont respectivement présidents des sections de Zinder, Tillabéri et Niamey jusqu’à un passé récent pour les 2 derniers.

Tous les 3 ont eu la chance une sacrée chance : être dans le gouvernement pour les 2 premiers et président de l’Assemblée nationale pour le 3è. Depuis que son mandat est fini et faute d’avoir mis le grappin sur le poste de Médiateur de la République, Amadou Salifou, qui n’a pas pu se faire élire député à Niamey, a rendu son tablier de président de la section MPR de Niamey. Aux élections législatives, le MPR a fait piètre figure dans la capitale. Ce qui laisse croire à un faible leadership régional au point où le MPR a été distancé par le jeune MPN Kishin Kassa. Comme disent les basketteurs, Amadou veut faire un retour en zone puisque sa démission n’a rien changé.

Que dire de Wassalké et de Alma, qui viennent d’être limogés du gouvernement ? Le premier a, au cours de la même semaine, perdu son poste de président de la section de Tillabéri. Le 29 octobre, en effet, les délégués des coordinations départementales se sont réunis à Tillabéri pour examiner la situation interne de leur section. Aux dernières législatives, le parti n’a pas fait bonne figure dans la région. Les dé- légués ont fait un constat d’échec et décidé de repartir du bon pied. Conséquence : Wassalké, accusé de ne pas être en règle dans le paiement de ses cotisations, un devoir sacré pour tout militant, et de faire une gestion personnelle, est démis de ses fonctions de président régional. Le coordonnateur départemental de Tillabéri, actuel maire de la commune du même nom, Morou Kaboyé, a été chargé d’assurer l’intérim. De bonnes sources, nous apprenons que le bureau politique national a récemment pris acte de cette décision. C’est dire que le retrait de confiance à Wassalké est entériné.

Quant à Alma, il a préféré faire contre mauvaise fortune bon cœur. La conférence régionale, tenue le week-end dernier à Zinder, s’est inscrite dans la logique de soutenir le leadership de Albadé à la tête du parti et de consolider les acquis dans la perspective des élections à venir.

O. Sanda

LE REPUBLICAIN du 10 au 16 Novembre 2016