À l’initiative de Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc,  une trentaine de  Chefs d’États africains  et de délégations du continent   ont pris part  le 16 novembre au  Palais des Congrès de Marrakech  au  1er Sommet Africain de l’Action, organisé en marge de la 22ème  Conférence des Parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements  Climatiques (COP 22).  À travers cette rencontre de Haut Niveau,   dont l’ouverture a été présidée par  Sa Majesté Mohammed VI,    l’Afrique entend  acter  sa ferme volonté de prendre en main son destin, de parler d’une seule voix et d’unir ses forces pour lutter contre le dérèglement climatique et renforcer sa résilience. D’autres leaders du monde notamment le Président de la République française, SE M. François Hollande, le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, un  Représentant du Conseil de Coopération du Golfe, et le  Secrétaire d’État américain, M. John Kerry ont assisté à ce sommet.

« J’ai pris l’initiative de vous convier à ce sommet, afin que notre continent harmonise la lutte contre les changements climatiques, et l’action en faveur du développement durable. Concrétiser les projets régionaux et transnationaux structurants, tel est le défi que je vous invite à relever », a dit Sa Majesté Mohammed VI,  en ouvrant la  rencontre axée sur  l’action, comme se veut la Cop22 dont le Maroc assure la présidence.   Dans ce sens le roi du Maroc a proposé  aux dirigeants africains   de  « dessiner une Afrique résiliente aux changements climatiques, une Afrique qui s’engage résolument sur la voie du développement durable ».  Mais,  a  indiqué  Sa Majesté Mohammed VI, afin d’avoir des objectifs communs dans cette action en faveur de la planète, il est nécessaire « d’harmoniser, voire d’unifier l’éducation à l’environnement ». Ce que la Présidence marocaine s’y emploiera durant son mandat, a-t-il assuré. Cependant, a déclaré le roi du Maroc, rien ne doit être imposé aux Parties : « Par ailleurs, faut-il rappeler que le temps de la colonisation est révolu, qu’une décision imposée ne peut être productive ? Faut-il rappeler que les acteurs ne manquent pas de force d’engagement, ni de bonne volonté ; mais qu’il leur arrive de manquer de moyens ? Nous sommes tous conscients, qu’il en va de la sauvegarde de la Vie, et qu’il nous appartient de travailler solidairement, à la protection de notre terre. Voilà pourquoi Je souhaite que se mette en place, une convergence de vue dans l’action ».  Sa Majesté Mohammed VI a aussi rappelé que l’Afrique qui n’émet que 4% des gaz à effet de serre paie malgré  tout le plus  lourd tribut dans l’équation « climat ». Déjà 10 millions de réfugiés climatiques sont enregistrés sur le continent et si rien n’est fait ce sont 60 millions de personnes qui seront contraintes de se déplacer du fait de la rareté de l’eau.  Les conséquences à craindre sur les terres, les côtes, l’agriculture, la pêche sont incalculables. À propos de l’Accord de Paris signé par 190 Parties déjà ratifié par plus de 100 d’entre elles et qui porte l’espoir de l’humanité face au péril climatique, le roi du Maroc a appelé l’Afrique à parler d’une seule voix pour son application. « Il importe que notre Continent s’exprime d’une seule voix, qu’il exige justice climatique et mobilisation des moyens nécessaires, qu’il émette des propositions concertées, en matière de lutte contre les changements climatiques », a déclaré Sa Majesté Mohammed VI. À ce sujet, a-t-il souligné   l’Afrique est face à quatre impératifs qui  consistent  à déterminer les mesures d’accès aux financements nécessaires, afin d’organiser les efforts d’adaptation du continent ;  identifier les mécanismes à mettre en place visant à soutenir la mise en œuvre de programmes phares ;  renforcer les capacités institutionnelles du  continent ; saisir les opportunités et étudier les implications qu’offre un développement sobre en carbone, dans les domaines de l’énergie, de l’innovation technologique, ou encore, des métiers « verts ».

Sa Majesté Mohammed VI a rappelé à l’occasion les initiatives   du Maroc, face au changement  climatique,  notamment  l’initiative « Adaptation de l’Agriculture Africaine » ou « Triple A » dont le royaume se mobilise pour sa réalisation.   Le roi a  réaffirmé également la contribution du Maroc  à la défense des intérêts vitaux du continent,  avec l’offre de son appui et de son savoir faire   dans  le domaine des énergies renouvelables aux  pays frères de l’Union Africaine  où le roi a  annoncé le retour prochain du royaume.

Avant le débat général,   le président de la république de Guinée Sem Alpha Condé,  coordonnateur du programme énergie renouvelable pour l’Afrique,   le  Président de la République du Sénégal, Sem. Macky Sall porteur aussi d’initiative en la matière  ont pris la parole pour s’exprimer sur les projets régionaux et sous régionaux qui constituent des opportunités de production d’énergies propres et de développement durable.

Ensuite d’autres  Chefs d’Etat et de gouvernement    africains porteurs des Initiatives du Continent ont pris la parole  pour introduire des projets structurants en particulier dans les domaines des Energies Renouvelables et d’accélération de l’électrification, de l’Eau, de l’Agriculture et notamment son volet Adaptation, du développement des écosystèmes en particulier dans la zone du Lac Tchad, du bassin du Congo ou encore du renforcement des capacités institutionnelles et humaines.

Le Président de la République française, Sem. François Hollande, le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon ont également donné de la voix lors de ce sommet. Le président français a réaffirmé l’engagement et la détermination de la France pour le respect et l’application de l’Accord de Paris qui est déjà entré en vigueur. Le secrétaire général de l’Onu dont le mandat s’achève a saisi encore l’occasion pour  appeler à plus de mobilisation et d’engagement face à la gravité de la situation climatique, car a-t-il indiqué « aucun pays, indépendamment de ses ressources ou de sa puissance, n’est épargné par les impacts des changements climatiques ».

Ce qui préoccupe  les dirigeants africains dont les pays sont les plus pénalisés.  D’où l’organisation de ce    sommet  autour des thématiques sur les actions à mener  face aux changements climatiques, pour une Afrique émergente et durable.

Souley Moutari, envoyé spécial