Suite à l’interpellation, le samedi 26 Novembre 2016, par l’Honorable Mme Amina Abdou Souna, du Premier ministre, Chef du Gouvernement, relativement aux remous actuels qui secouent le système éducatif national, l’Assemblée Nationale a rendu publique, mardi dernier, une déclaration dont nous publions ci-dessous l’intégralité.
« En application des articles 98 de la Constitution du 25 novembre 2010 et 112 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Mme Amina Abdou Souna a interpellé Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour éclairer la Représentation Nationale et l’opinion nationale sur  »les remous actuels qui agitent notre système éducatif ».
Les préoccupations du député suscitées par les problèmes quasi récurrents caractérisant le système éducatif nigérien ont été exprimées à travers les questions suivantes :
1. Quelles sont les plates-formes revendicatives des enseignants contractuels, des enseignants et des étudiants des Universités, notamment celles de Niamey, Zinder, Tahoua et Maradi ?
2. Les dites plates-formes ont-elles fait l’objet de discussions et quels en sont les points d’accord agréés par le Gouvernement et les points d’achoppement?
3. Qu’est-ce qui explique les arriérés et/ou les paiements irréguliers des salaires et des bourses, tout comme, du reste, les arriérés de paiement des fournisseurs des Universités nationales? Quelles dispositions le Gouvernement compte-t-il prendre pour y mettre fin?
4. Qu’en est-il du contrôle des effectifs des enseignants contractuels suite à l’investigation de la HALCIA?
5. L’arrêté du Ministre de l’Education de Base relatif à la prise en charge des pécules des enseignants contractuels par les collectivités territoriales a, légitimement, soulevé des interrogations au sein de l’opinion. Cette idée impopulaire et irréaliste a-t-elle été abandonnée? Et quelle est la garantie de la prise en charge par les Collectivités territoriales de cette catégorie d’enseignants? Sinon comment l’appliquer?

L’Assemblée Nationale a débattu du sujet en sa séance plénière du samedi 26 novembre 2016.
Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a délégué le Ministre en charge des Enseignements Secondaires, Monsieur Sani Abdourahamane, pour répondre à la requête d’interpellation.
Pour la circonstance, il était accompagné du Ministre des Enseignements Professionnels et Techniques et de celui en charge des relations avec les institutions.
Après les réponses apportées par le Ministre et les débats qui en ont suivi, l’Assemblée Nationale relève que des problèmes quasi récurrents entravent depuis un certain temps le bon déroulement de l’école nigérienne.
La promotion d’un enseignement public gratuit et de qualité, plus qu’un leitmotiv, doit se concrétiser.
Au vu de tout ce qui précède, l’Assemblée Nationale fait la déclaration dont la teneur suit:
L’Assemblée Nationale,
– Fortement préoccupée par les difficultés récurrentes rencontrées dans la gestion du système éducatif au Niger ;
– Convaincue que l’éducation reste le socle du développement social, économique et culturel de notre pays ;
– Convaincue que la question de l’éducation est une question nationale ;
– Considérant que le problème de l’école nigérienne est structurel ;
– Considérant la faible performance des enseignants contractuels;
– Soucieuse d’un partenariat sincère et responsable avec l’ensemble des acteurs de l’éducation et plus particulièrement avec les syndicats du secteur ;
– Considérant que l’Etat, les collectivités publiques, les parents d’élèves et l’ensemble des acteurs du secteur doivent veiller à la promotion d’un enseignement public et de qualité;
– Considérant les retards dans le paiement des pécules des enseignants contractuels;
– Considérant les efforts déployés par le Gouvernement en direction du secteur de l’éducation ;
– Considérant la constante disponibilité du Gouvernement au dialogue ayant permis la signature de plusieurs protocoles d’accords avec les syndicats ;
– Considérant l’engagement du Niger dans un processus de décentralisation en vue d’un développement à la base par le transfert d’un certain nombre de compétences aux collectivités territoriales ;

Recommande,
Au gouvernement:
1) de poursuivre le dialogue social avec tous les acteurs de l’école et notamment avec les organisations syndicales et l’Association des Parents d’Elèves;
2) d’envisager la tenue d’un débat national sur la qualité de l’éducation, la part contributive des différents acteurs, ainsi que les moyens nécessaires à la bonne réussite et au financement du système éducatif;
3) d’œuvrer, avec les autres partenaires de l’école, à allouer des ressources budgétaires conséquentes au système éducatif ;
4) de résorber le retard dans le paiement des pécules des contractuels, des bourses et aides sociales des étudiants et des allocations scolaires ;
5) de payer à terme échu les pécules des contractuels, les bourses et aides sociales des étudiants et les allocations scolaires;
6) de construire, d’entretenir et renforcer les infrastructures scolaires et universitaires (classes, laboratoires, bureaux etc.) afin d’améliorer la qualité d’accueil et favoriser la mise en œuvre des programmes;
7) de mettre l’accent sur la formation continue et l’encadrement pédagogique des enseignants et d’établir en conséquence des contrats de performance avec eux ;
8) de veiller à la qualité de l’encadrement pédagogique des enseignants et à la qualité de l’enseignement dispensé dans les établissements scolaires publics et privés ;
9) de respecter les engagements issus des négociations avec les syndicats ;
10) d’organiser, dans les meilleurs délais, les élections syndicales afin d’identifier les syndicats les plus représentatifs du secteur en vue de mieux asseoir le dialogue avec les partenaires sociaux ;
11) de prendre des dispositions pour répertorier les chantiers de construction d’infrastructures non achevés et prendre à cet effet des mesures appropriées;
12) de préserver tous les acquis sociaux des travailleurs du secteur de l’éducation;
13) de dépolitiser la question de l’éducation;
14) de prendre les dispositions énergétiques pour lutter contre les fraudes et la corruption dans le système éducatif.

A l’endroit des enseignants, des contractuels, des étudiants, des parents d’élèves et des élèves :
1. de dépolitiser la question de l’éducation ;
2. d’œuvrer pour un partenariat sincère et responsable avec l’ensemble des acteurs de l’éducation pour juguler les problèmes de l’école ;
3. de respecter les textes régissant l’exercice du droit de grève ;
4. de poursuivre les négociations avec le Gouvernement et d’observer une trêve jusqu’à l’aboutissement à une solution consensuelle ;
5. de respecter les engagements issus des négociations.

Onep