Nigériennes, Nigériens,

Chers compatriotes

Bien qu’il soit légitimé de croire que vous êtes suffisamment informés et pleinement conscients des dérives auxquelles expose notre pays, 6 ans de mal gouvernance ponctuées de turpitudes, de bévues économiques et de déchéance de nos valeurs sociales , l’Opposition politique, réunie au sein du Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République, – FRDDR – , se sent tout de même, en devoir de rendre publique, le réquisitoire des crimes de gestion et des crises sociales multiformes dont le régime de la VIIème République s’est rendu coupable.

Après la décennie de stabilité politique 2000, qui fit naitre l’espoir d’une sortie de crise économique, notre pays va renouer sous impulsion de cette gouvernance, avec les soubresauts des tensions politiques et l’angoisse des lendemains insécurisés.

La transition militaire issue du coup d’Etat du 18 Février 2010 en s’installant a tenté un assainissement des textes fondamentaux et grâce à la mobilisation de la communauté internationale, a organisé de nouvelles élections et relancé ainsi le processus démocratique.

Aussi, bien qu’ayant hérité d’un contexte économique, social et politique des plus favorables, le régime de Mahamadou Issoufou, sacrifiera le devenir du
pays, pour satisfaire sa boulimie financière sur l’autel des démagogies et des mensonges d’Etat. La corruption, l’enrichissement illicite, l’impunité, l’injustice sociale, le népotisme, l’économie criminelle se développent et atteignent alors des niveaux jamais égalés.

Nigériennes, Nigériens,

Chers compatriotes

Aujourd’hui, nous subissons le contrepoids d’une gouvernance irresponsable qui, dans le seul but de se maintenir au pouvoir malgré son illégitimité, entraine le pays dans un déclin social et économique ! C’est ainsi que :

· Les partis membres de l’opposition et certains membres des partis relevant pourtant de la majorité, ont connu des bouleversements internes voulus, créés, entretenus par le principal parti au pouvoir engagé dans une entreprise de démolition des familles politiques ;

· Des institutions cardinales créées pour prévenir et résoudre les crises institutionnelles et politiques de manière consensuelle sont sciemment gelées. Ce sont le Conseil de la République et le Conseil National De Dialogue Politique – CNDP – notamment !

· L’Assemblée Nationale en charge du contrôle de l’action gouvernementale et garante de l’expression démocratique au service du progrès, fut le siège d’une campagne systématique de débauchage des représentants du peuple qui a permis au clan présidentiel de se ménager une majorité parlementaire confortable, bien largement au-dessus des espérances envisageables ;

· Des députés de l’opposition sont régulièrement abordés dans l’intention de les appâter par des offres pécuniaires diverses dans le seul but de soutenir le gouvernement et de diviser ainsi, leur famille politique ;

· Les Conseils des Collectivités territoriales, à tous les niveaux, sont le théâtre des pratiques corruptives et grossières, pour modifier les configurations issues des scrutins et pervertir le choix du Peuple souverain.

L’administration publique elle-même n’est pas épargnée. Pour preuve :

· Le chantage consistant à proposer aux agents de l’Etat une nomination à un poste de responsabilité en contrepartie de leur adhésion au parti présidentiel est omniprésent ;

· Le chantage de l’introduction en justice de dossiers compromettants, souvent montés à dessein, selon le cas, de la réactivation de dossiers en échange de la suspension de toute poursuite judiciaire ou du classement de dossiers compromettant pour ceux qui se sont rendus coupables de détournement de deniers publics et qui acceptent d’adhérer au parti de Mahamadou Issoufou.

· Les opérateurs économiques non encore acquis, se voient proposer des marchés de gré à gré dès leur adhésion au parti.

L’impératif de dépolitisation de la fonction publique qui a amené l’Etat à discriminer le poste politique du poste technique étant évacué par les gouvernants actuels, notre administration se trouve dépouillée de techniciens compétents et avérés ; la nomination aux postes techniques elle-même étant subordonné à l’appartenance au parti rose.

Cet état des choses explique largement la morosité ambiante de l’action publique, son inefficacité, et la légèreté généralisée avec laquelle est traitée le bien public.

Nigériennes, Nigériens,

Chers compatriotes

Aujourd’hui, le sens même de la justice sociale est perverti par le gouvernement de Mahamadou Issoufou qui promeut une justice dont la géométrie est variable.

Par l’usage abusif de la force de contrainte légale, des opposants sont traqués et incarcérés au mépris de la présomption d’innocence, et dans l’obéissance servile à un ordre manifestement illégal.

Plus illustratif encore l’est sans doute, l’arrestation et le maintien en prison depuis près d’un an, sans preuve, de plusieurs personnalités civiles et militaires sous le fallacieux prétexte d’un prétendu coup d’Etat. On comprend dès lors, que dans l’incapacité de conduire une gestion de l’Etat qui se situe au-delà de son savoir-faire réel, l’essentiel de l’action de Mahamadou Issoufou se confine dans l’éradication de toute forme d’opposition.

Ainsi, de gré ou de force, par cupidité ou par peur de représailles, des d’acteurs de la classe politique et de la société civile ont été embarqués dans cette aventure hasardeuse

Nigériennes, Nigériens,

Chers compatriotes

Les élections présidentielles de février-mars 2016, constituent sans nul doute, l’un des moments le plus attentatoire de l’histoire de l’évolution de notre démocratie, qui affligea les démocrates sincères d’ici et d’ailleurs. Elles ont révélé aux nigériens, que dans sa volonté de conserver le pouvoir, le régime ne respectait aucune limite et s’affranchissait du principe sacro-saint de la préservation de la forme républicaine de l’Etat :

· Campagne anticipée du Président sortant en violation flagrante de la loi ;

· Utilisation illégale et outrancière des moyens de l’Etat,

· Instrumentalisation des institutions de l’Etat, de certaines associations traditionnelles et religieuse, ; la manipulation de certains éléments incontrôlés des Forces de Défense et de Sécurité ;

· Détention en prison de plusieurs candidats des partis de l’opposition dont le candidat au second tour des élections présidentielles ;

· Inféodation des structures chargées de l’organisation des élections,

· Innombrables irrégularités criardes des 21 et 22 février aggravées par le silence assourdissant des instances compétentes nationales et internationales.

Ces élections furent l’’occasion donnée aux Nigériens de constater la mise en branle des dysfonctionnements des opérations électorales, des violations de loi, et l’anéantissement des principes de droit et de la perversion des valeurs démocratiques à une échelle insoupçonnable. Le cumul des attentats et manquements graves à la loi électorale du Niger, à la Charte des Partis Politiques et aux standards internationaux avaient gauchi les procédures et transformé les élections présidentielles Nigériennes en un lamentable « coup d’Etat » électoral.

Il en résulte cet assujettissement des institutions au service de la gouvernance en place et le choix délibéré des hommes qui les animent toujours prompts à privilégier leurs intérêts personnels au détriment du bien commun.

Une des pratiques la plus tragique dans la gestion de l’encours politique concerne le surendettement vertigineux de notre pays par des prêts irréguliers et intempestifs contractés à tour de bras.

Ce sont entre autres :

· Le prêt EXIM-bank ;

· Le prêt dit « Congolais » ;

· La source de financement occulte du grand crime économique du chemin de fer Niamey – Dosso ;

Aujourd’hui, le régime est prêt à tout pour transformer le pays en une vulgaire officine chargée de l’exécution de basses besognes au profit des puissances de l’argent !

Depuis 2014 les salaires sont payés au travers de prêts bancaires et autres subterfuges dont la grande conséquence est l’aggravation d’une crise économique et financière aigue à laquelle seules les grandes institutions de l’Etat semblent échapper. Contradictoirement, la loi des finances 2017 ampute de moitié les allocations des secteurs sociaux de base, gèle les recrutements et les investissements au nom de la rareté présumée des ressources.

Il n’est un secret pour personne que l’école nigérienne est agonisante. Maitres et élèves partagés entre l’errance, et le désespoir. Le secteur de la santé subit le même triste sort. Au délabrement avancé des infrastructures, l’obsolescence des équipements s’ajoute hélas dans toutes les formations sanitaires publiques un manque dramatique de médicaments.

Pendant ce temps, il est permis de constater une amélioration substantielle des fonds politiques du Chef de l’Etat, du Premier Ministre et du Président de l’Assemblée Nationale. Pire, la rareté des ressources n’entraîne aucune diminution des charges au sommet d’un Etat qui multiplie les cabinets et grossit démesurément les effectifs des hommes chargés de les animer

L’on va sans vergogne jusqu’à prévoir 16 milliard pour la réparation d’un aéronef et 4 autres milliards pour la réparation d’un hélicoptère dans un contexte de renchérissement général du coût de la vie……
Cet état des choses a conduit à une succession d’actes de gestion qui insulte la dignité du peuple et brade le sens même de la souveraineté de notre peuple à travers les trafics mafieux auquel le pouvoir est adonné. Ce sont entre autres :

· La saisie opérée par AFRICARD sur les biens et propriétés du Niger à l’extérieur ayant conduit pour la première fois dans l’histoire diplomatique du monde, un Etat souverain à renoncer à la jouissance de son immunité diplomatique.

· La présence sur le territoire national de forces armées étrangères sans préalablement avoir rempli les conditions légales et réglementaires d’usage, alors que dans le même temps plusieurs dizaines des jeunes en tenue sont fauchés à la fleur de l’âge sur les différents théâtres d’opération.

· Le déguerpissement des commerçants et le noyautage des activités des transitaires dont l’activité en plus d’amortir les chocs économiques ambiants, contribuaient à offrir de nombreux emplois, et à la survie de plusieurs familles

· L’absence des politiques de développement rural laissant les acteurs ruraux, agriculteurs et éleveurs, sans appuis. Le fameux programme 3N emporté par ses propres contradictions.

La mauvaise gestion passe à un stade encore plus grave et préjudiciable pour notre pays lorsque les ressources pour lesquelles le régime a hypothéqué pendant longtemps la production de pétrole, sont investies dans la construction d’ouvrages superflus et exagérément surfacturés à dessein.

Nigériennes, Nigériens,

Chers compatriotes

Aujourd’hui, les faits sont là, têtus, intangibles, à la portée de tous, et ne peuvent échapper à l’analyse et à la compréhension d’aucun Nigérien. Ce régime est incapable de gérer le pays !

Il est incapable parce que les actes irresponsables, les mesures démagogiques, les mensonges d’Etat, les concassages des familles politiques, la corruption et la promotion d’une économie criminelle ont entraîné le Niger dans une grave récession économique malgré l’embellie dont avait hérité la VIIème République.

Il est aussi incapable parce que cherchant sans doute à améliorer sa gestion, le régime a pensé de bon ton, d’accroître la taille de son gouvernement, alourdissant ainsi la charge salariale. Aujourd’hui, un gouvernement pléthorique et inefficace composé de plus de 45 ministres est couplé à une administration incompétente et corrompue. Les agents de l’Etat se complaisent dans une inactivité flagrante qui n’est pas étrangère à la politisation à outrance dans laquelle nous entraine le régime depuis 6 ans.

Evidemment, La compétence et l’efficience du travail produit ne sont plus les critères d’éligibilité par lesquels les cadres sont promus, mais plutôt le clientélisme politique. Bien entendu et très souvent, les plus compétents parmi les techniciens sont écartés ou remplacés à leurs postes par d’autres qui n’ont que leur activisme politique ou leur allégeance au parti majoritaire comme argument à leur opposer.

Il est également incapable parce que enrobé dans un programme plagiaire dit de « renaissance », son bilan est manifestement catastrophique et génère frustrations et mécontentement général. Mais les déclarations officielles le présente toujours comme positif en l’étayant de statistiques généreusement mensongères, à l’appui de prévisions budgétaires elles-mêmes saugrenues, irréalistes et irréalisables.

Nigériennes, Nigériens,

Chers compatriotes

Aujourd’hui, un constat amer est à établir : Tout est à refaire !

Au moment même où les tendances donnent à envisager un pire qui reste encore à venir pour notre pays, notre économie chancelle, et déjà, le Trésor National peine à faire face aux dépenses de souveraineté.

C’est au nom de son devoir de vérité que le FRDDR rend compte à travers la présente déclaration de ses craintes légitimes quant à l’avenir du Niger, si rien n’est fait pour endiguer la dérive, inverser la « descente amorcée aux enfers » dans laquelle nous entraine inexorablement, le régime de Mahamadou Issoufou, tous ses suppôts et tous complices consentants .

Disons-le net :

Le régime de Issoufou Mahamadou a lamentablement échoué, et s’il était un peu plus vertueux, il aurait de lui-même tiré les conséquences politiques qui s’imposent. De cela aussi, nous le savons totalement incapable !

Par motif de conscience, engager une lutte acharnée pour sauver le Niger du naufrage dans lequel l’entraine l’oligarchie usurpatrice du pouvoir en fraude des choix du peuple souverain, devient alors, légitimement, un acte patriotique et citoyen.

Et c’est pourquoi, le FRDDR invite toutes les forces vives du pays, formations politiques, syndicats, organisations de la société civile, et tous les Nigériens qui partagent avec lui l’attachement aux valeurs qui fondent notre identité dans l’esprit de la démocratie et du soucis permanent du développement national, de consentir au sursaut patriotique de résistance en se mobilisant pour amplifier le combat et exercer son droit et son devoir de contrepouvoir.

Au nom de la survie de notre Nation et de la dignité de notre Peuple, le FRDDR exige le départ immédiat de Mahamadou Issoufou, pour que le Niger vive uni, solidaire, et fraternel.

Vive la République du Niger