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Filippo Grandi déclare que le Niger donne un excellent exemple en offrant l’hospitalité aux personnes qui fuient les conflits au Mali et au Nigéria.

DIFFA, Niger – Alors que le pays est lui-même confronté à une grande pauvreté et aux défis de son propre développement, le Niger joue un rôle clé dans l’accueil des réfugiés qui fuient les conflits de la région, a déclaré le chef du HCR pendant sa visite cette semaine.

Ce pays d’Afrique de l’Ouest offre asile et refuge à plus de 165 000 réfugiés qui fuient conflits et persécution au Mali et au Nigéria voisins.

« Il est très rare de trouver un pays avec une population confrontée à autant d’enjeux – en termes de sûreté, d’économie, de climat –, qui est entouré de voisins instables, et qui accueille néanmoins des réfugiés tout en maintenant des valeurs humanitaires, en dépit de tout cela », a déclaré le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi, au cours de sa première visite.

« J’avais perdu tout espoir en fuyant le Nigéria, mais maintenant, je me sens chez moi. »

La région de Diffa, qui se trouve au sud-est du Niger, est un excellent exemple de cette solidarité, comme l’exprimait Filippo Grandi en visite dans la région pour attirer l’attention sur la crise des déplacés nigérians. Depuis février 2015, Diffa vit sous la menace permanente de Boko Haram.

Le nombre de personnes déplacées dans la région a explosé l’année dernière pour atteindre 250 000 le mois dernier. Ce nombre comprend des réfugiés, des rapatriés nigériens et des personnes déplacées de force au sein des frontières du pays. Ce qui est exceptionnel à Diffa, c’est que parmi les déplacés, ils ne sont que 7 500 à vivre dans un camp de réfugiés. La majorité d’entre eux vit parmi la population locale qui est également confrontée à de grandes difficultés.

Le chef du HCR se rend à Diffa

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés assiste et protège les personnes dans le besoin en fonction de leur vulnérabilité et pas seulement à cause de leur statut de réfugié. Dans un environnement aussi dynamique et instable, le HCR a dû repenser son mode de travail et mettre en place des solutions innovantes pour tous.

Dans son Projet d’urbanisation, le HCR coopère étroitement avec les autorités locales et territoriales pour permettre aux familles déplacées d’accéder légalement à de la terre tout en contribuant à l’amélioration de l’économie locale.

Au cours d’une visite de la commune de Maine Soroa dans la région de Diffa, Filippo Grandi a rencontré Amina, une réfugiée nigériane de 28 ans qui a obtenu un lopin de terre et une maison dans le cadre de ce projet. « J’avais perdu tout espoir en fuyant le Nigéria, mais maintenant, je me sens chez moi. J’ai pu mettre ma fille à l’école et je veux que ma famille vive ici ».

Jusqu’à présent, plus de 2 000 familles ont profité de ces carrés de terrain, alors que la construction de logements permanents, sociaux et durables a commencé en 2016.

Un autre projet similaire, qui bénéficie non seulement aux réfugiés mais aussi à la population locale, est le programme pour l’utilisation du gaz comme énergie domestique. Au cours de l’année 2016, plus de 200 000 personnes parmi les plus vulnérables de la région de Diffa ont reçu des bombonnes de gaz à utiliser dans leurs foyers. Le HCR a conclu un partenariat avec une société privée de distribution de gaz du Niger pour assurer la pérennité du projet.

« Si nous n’investissons pas dans l’avenir des enfants, des jeunes gens, nous risquons le retour de l’insécurité. »

L’utilisation du gaz permet bien plus que la protection de l’environnement. Essentielle dans le bassin du Tchad ; elle a aussi d’autres avantages multiples. « Le gaz a changé énormément de choses dans notre vie », a raconté Bintu, une femme de l’endroit qui accueille des réfugiés chez elle, à Filippo Grandi.

Le remplissage d’une bombonne de gaz revient nettement moins cher que le bois, et les gens ont alors plus d’argent à investir dans autre chose. Les femmes et les jeunes filles ne doivent plus aller ramasser du bois loin de chez elles, où elles risquent d’être agressées. Les jeunes filles peuvent également passer plus de temps à l’école qu’à assumer des travaux domestiques.

Soulignant que Diffa est l’une des régions les plus prospères du Niger, le Haut Commissaire du HCR a déclaré : « Si nous n’investissons pas dans l’avenir des enfants, des jeunes gens, nous risquons le retour de l’insécurité. Nous ne pouvons pas nous le permettre. Les gens ne peuvent pas se le permettre. Les autorités ne peuvent pas se le permettre. »

Au cours de sa rencontre de dimanche avec Brigi Rafini, le Premier Ministre du Niger à Niamey, Filippo Grandi a réitéré que « le Niger est un exemple dont je parlerai dans le monde entier, je vous le promets. »

Louise Donovan (unhcr.org)