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Coopération renforcée de l’Union Européenne avec le Niger

Bruxelles, le 15 décembre 2016

L’appui annoncé vise à soutenir, avec un budget de 470 millions d’euros, les efforts de réformes et le renforcement des capacités de l’Etat dans plusieurs secteurs – éducation, nutrition, sécurité alimentaire et résilience, agriculture durable, infrastructures, amélioration des capacités de l’Etat, gouvernance démocratique et promotion de l’Etat de droit.

En plus de ces montants, le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique a approuvé en 2016 à soutenir le Niger pour un montant global de 140 millions d’euros. Ces projets s’inscrivent dans la droite ligne des engagements pris dans le cadre du plan d’action de La Valette. Il s’agit de lutter contre les trafics et la traite des êtres humains, d’améliorer la gestion des frontières et de lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière, en offrant notamment des alternatives économiques. Il s’agit également de contribuer à la protection et à l’assistance au retour des migrants, à l’appui et au renforcement des capacités des autorités et communautés locales, ainsi qu’à l’amélioration de la résilience des populations dans la région du bassin du Lac Tchad.

Situation économique actuelle au Niger

Le Niger est un pays prioritaire pour l’Union Européenne. Nous travaillons en étroite collaboration dans le cadre de la stratégie de sécurité et de développement au Sahel ainsi que dans le nouveau cadre pour les partenariats de migration. Dans ce cadre de partenariat, des progrès tangibles ont été accomplis, comme l’indique le deuxième rapport d’avancement présenté le 14 décembre par la Commission européenne. Mis à part les relations UE-Niger pour le développement, le Niger est en effet un partenaire clé pour la gestion de la migration et de la sécurité dans le Sahel.

Le pays est confronté à de nombreux défis, tant en termes de développement, de géographie et de démographie ainsi que de sécurité, de migration, d’environnement et d’aide humanitaire. Le pays occupe le dernier rang de l’Indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), malgré les progrès réalisés en matière de croissance économique et de développement social ces dernières années. La situation de la sécurité alimentaire est structurellement fragile en raison des mauvaises récoltes liées aux sécheresses et aux inondations récurrentes (conséquences du changement climatique) et aux conditions précaires dans lesquelles vit une grande partie de la société nigériane. La croissance démographique reste un énorme défi pour le gouvernement du Niger avec un accroissement de la population de 3,9% et un taux de fécondité de 7,6 enfants pour des femmes.

Ces dernières années, des progrès ont été accomplis dans le secteur économique pour le développement du pays. Cela a pu se faire grâce aux efforts considérables déployés par le gouvernement pour s’engager sur la voie des réformes, selon le « Plan de développement économique et social» (PDES) qui doit être révisé pour la période 2017-2020. Ces réformes doivent être consolidées pour plus de progrès encore. L’Union européenne soutient le Niger dans cette voie.

La coopération entre l’UE et le Niger

Les relations entre le Niger et l’Union européenne sont basées sur un bon dialogue politique et sur la coopération au développement. Le soutien financier de l’Union Européenne au Niger s’élève à 596 millions d’euros au titre du 11e Fonds européen de développement (FED), pour la période 2014 à 2020.

Au cours de la première phase du 11e Fonds européen du développement (2014-2017), l’Union européenne a mis 562 millions d’euros à disposition du pays (y compris une enveloppe supplémentaire de 30 millions d’euros provenant de la réserve du FED). Ces fonds permettent à l’Union européenne de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement nigérien pour favoriser le développement agricole durable et la sécurité alimentaire, améliorer le secteur de l’éducation, renforcer les capacités de l’État et la gouvernance démocratique, et améliorer l’accès routier aux régions éloignées.

Cette aide financière est alignée sur les priorités stratégiques du gouvernement et vise à soutenir les secteurs de l’éducation et de l’agriculture, ainsi que la consolidation de la stabilité politique, de la justice et de la sécurité.

Auparavant, dans le cadre du 10e Fonds européen de développement (2008-2013), le Niger avait pu bénéficier de 508 millions d’euros, consacrés à trois domaines: développement rural et sécurité alimentaire, intégration régionale et gouvernance. 35% du financement a été fourni sous la forme d’un appui budgétaire dans le but de soutenir les efforts du pays pour augmenter l’accès aux services sociaux de base, protéger les groupes vulnérables de la population et promouvoir la bonne gouvernance et l’état de droit.

Le Fonds d’urgence pour la stabilité et pour la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et des personnes déplacées en Afrique

Afin de gérer la migration et les déplacements en Afrique, la Commission européenne a créé un «Fonds d’urgence pour la stabilité et la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et des personnes déplacées en Afrique». Il est doté de 2,4 milliards d’euros à partir du budget de l’Union européenne et du Fonds européen de développement, et ce budget est complété par des contributions des États membres de l’UE et d’autres donateurs. À ce jour, les contributions des États membres s’élèvent à environ 81,5 millions d’euros et l’Union européenne s’attend à ce que d’autres contributions suivent.

Ce fonds fiduciaire bénéficie à un large éventail de pays en Afrique, en particulier ceux chez qui passent les principales routes africaines de migration vers l’Europe. Le Niger en fait partie. Le fonds vise à favoriser la stabilité dans ces régions et à contribuer à une meilleure gestion de la migration. Plus précisément, il s’agit de remédier aux causes profondes de la déstabilisation, des déplacements forcés et des migrations irrégulières, en promouvant l’égalité des chances, la sécurité et le développement.

Neuf actions pour un montant de 139,9 millions d’euros ont déjà été approuvées en faveur du Niger dans le cadre de ce Fonds fiduciaire. Ces projets constituent une réponse concrète de l’Union européenne aux engagements faits dans le cadre du Plan d’Action adopté au Sommet de Vallette les 11 et 12 novembre 2015, et dans lequel le Niger joua un rôle très actif et constructif. Le Niger est l’un des plus grands bénéficiaires du Fonds fiduciaire jusqu’à présent.

Parmi ces projets, trois nouvelles actions ont été adoptées hier pour un montant de 35 millions d’euros. Elles visent à renforcer la coopération pour faciliter les retours et la reintégration des migrants irréguliers, tout en assurant la protection et l’assistance aux plus vulnérables. Il s’agit également de créer des opportunités économiques, en particulier pour les jeunes, dans les régions ayant un grand potentiel migratoire, et de renforcer la résilience des communautés locales par des moyens de subsistance durables.

Le Niger bénéficie également d’un financement provenant d’instruments régionaux (Plan indicatif régional pour l’Afrique de l’Ouest, programmes intra-ACP), de lignes thématiques et d’autres instruments tels que l’Instrument contribuant à la Stabilité et à la Paix et l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme.

Exemples de projets au Niger:

Justice pour tous, le « Programme de soutien à la justice et à l’état de droit (PAJED) »

La constitution du Niger garantit l’égalité devant la loi à tous les citoyens et l’accès à la justice pour tous. Cependant, étant donné le contexte socio-économique du pays, avec une majorité de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté et presque tous les avocats basés dans la capitale, c’est assez utopique. Il en résulte une discrimination flagrante en matière d’accès à la justice en fonction du lieu, du sexe, du statut social et économique. De plus, le pays souffre des prisons surpeuplées où la majorité des détenus attendent leur procès pendant plusieurs années et où la population craint de recourir à la justice pour défendre ses droits.

Le « Programme de soutien à la justice et à l’état de droit (PAJED) » du Fonds européen de développement a soutenu la mise en place de politiques nationales d’assistance juridique et judiciaire, y compris la création d’une Agence nationale pour l’assistance juridique et judiciaire (ANAJJ) pour les plus pauvres et les plus vulnérables, comme les femmes et les mineurs.

A l’heure actuelle, l’agence est active dans toutes les régions du pays, jouant un rôle fondamental pour la défense des droits de l’homme au Niger. Plus de 10.000 citoyens ont déjà bénéficié de ses services: assistance judiciaire aux défendeurs, conseils en matière juridique, assistance aux victimes de crimes, etc. La « justice pour tous » commence à devenir une réalité au Niger.

« Mécanisme de réponse et de ressources pour les Migrants »

Ce projet vise à soutenir la réponse du Niger aux flux migratoires complexes qui traversent son territoire, notamment en promouvant le développement économique et social à travers les migrations circulaires.

Le but de ce projet est d’aider les autorités nationales et régionales à développer leur gouvernance en matière de migration grâce à ce mécanisme. Il vise à renforcer les capacités des autorités locales à mieux protéger les migrants en transit et les migrants de retour au Niger et à soutenir les alternatives à la migration irrégulière, en partenariat avec les autorités locales et la société civile.

« Renforcement de la gestion et de la gouvernance des migrations et le retour durable au Niger »

Ce programme, adopté par l’Union européenne le 14 décembre, a pour objectif d’assurer la protection, le retour et la réintégration durable des migrants. Grâce aux différents centres établis le long de la route migratoire et soutenus par le Fonds, l’Organisation Internationale pour les Migrations fournit une aide humanitaire d’urgence et une première assistance (hébergement, nourriture, soins médicaux, soutien psychologique, articles non alimentaires de base). Des services de soutien spécifique sont également disponibles et adaptés aux plus vulnérables, comme les enfants migrants non accompagnés, les migrants vulnérables à la traite et aux abus, les migrants ayant des besoins psychosociaux et de santé, ainsi que les personnes ayant besoin d’une protection internationale en tant que refugies.

Réduire la malnutrition chronique

Le projet  » Initiative pour accélérer les Objectifs du Millénaire pour le Développement » avait en effet été lancé pour aider le Niger à contribuer à l’Objectif du Millénaire numéro 1, «Réduire de moitié la proportion de la population souffrant de la faim». Il s’agissait de renforcer la prévention de la malnutrition chez les enfants, d’améliorer l’accès à l’eau propre et les pratiques d’hygiène car la composante nutrition-santé et la composante accès à l’eau se renforcent mutuellement. Cette combinaison repose sur une approche préventive de la lutte contre la malnutrition. L’objectif est d’améliorer l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans par des actions préventives dans le contexte de la santé maternelle et infantile.

En 2015, 32 000 moustiquaires et 200 000 paquets de poudres multi-micronutriments ont été distribués. 1.225.000 enfants ont été traités contre les parasites et ont reçu de la vitamine A pour couvrir leurs besoins.

L’accès à l’eau propre a été amélioré par la création de 618 points d’eau modernes. L’hygiène et l’assainissement ont également été facilités par la construction de 1.910 latrines familiales, de 180 installations d’évacuation des eaux grises, de 32 latrines publiques et d’un changement de comportement des populations bénéficiaires.

C’est en capitalisant sur une telle expérience que le Niger va pouvoir adopter une approche de plus grande envergure pour prévenir la malnutrition et ainsi réduire progressivement la malnutrition chronique, en particulier chez les enfants.

 

MEMO/16/4375

europa.eu