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Avec plus de 300 000 habitants répartis en trois (3) communes, Maradi est la troisième grande ville du Niger après Niamey et Zinder. La ville détient surtout un titre prestigieux, celui de « Capitale économique du Niger ». Un titre bien mérité, eu égard au volume d’activités économiques  généré dans la localité. Sa situation géographique idéale, au carrefour des grandes voies commerciales du Niger, conforte son leadership économique. En 2015, la ville Maradi a bénéficié d’un programme important de sa modernisation, programme désigné sous le nom aguicheur de « Maradi Kolliya » (litt. Trad : Maradi maquillage). Un an après, que reste-t-il du « maquillage » ?

Espadrilles et lumières ….

Les maradawas sont unanimes : Maradi continue ses toilettes et son maquillage. Les transformations les plus visibles dans la ville sont plutôt concentrées sur la RN9. Cette voie principale, jadis voie unique, impraticable par endroit, avec un goudron fortement endommagé, est aujourd’hui un double ruban lisse et rectiligne qui traverse la ville du nord au sud et au milieu duquel sont soigneusement alignés des lampadaires solaires. La nuit, la RN9 se transforme, sous la lumière des lampadaires, en une « autoroute » agréable à carrosser et offre aux visiteurs une agréable perception de ville.

Parmi les autres infrastructures dont la population a commencé déjà à jouir des bienfaits, on peut citer cette merveilleuse tribune officielle qui abrite désormais toutes les rencontres politiques et commerciales de la ville. On peut également citer le monument des 7 Haoussas sis Place du Gouvernorat, devenue aujourd’hui l’une des grandes attractions nocturnes de Maradi où les jeunes se bousculent pour immortaliser qui son appartenance à la ville, qui son passage dans la « prestigieuse cité du Katsina ». On pourrait également citer dans ce lot, l’aéroport de Maradi, totalement remis à flot avec une nouvelle piste, une gare flambant neuve et un portique d’entrée stylisé représentant l’emblème de Maradi, à savoir la chèvre rousse.

D’autres infrastructures, parmi les plus emblématiques du programme « Kolliya » sont presque à point. C’est notamment le cas du stade régional dont il ne manque plus que « quelques retouches » pour abriter des rencontres nationales et internationales et d’autres évènements culturels et sportifs de haut niveau. C’est aussi le cas du bâtiment de la trésorerie régionale, en face de la justice, un bâtiment imposant qui reflète les ambitions de Maradi en matière de mobilisation des ressources internes et de leur redistribution. Citons enfin dans cette rubrique, les duplex du « plateau de la SONITAN » très beaux et très imposants, la cité du 18 décembre et ses villas F3 et F4 à l’étape de finition pour certaines, l’aménagement de la place de la tribune officielle et celui de la place du gouvernorat. Dans quelques mois, ces deux endroits resplendiront de lumières multicolores et jets d’eau, au grand bonheur des maradawas.

L’embellie continue…

Malgré le « manque d’argent » évident, les travaux liés au programme Kolliya continuent. C’est le cas notamment au niveau de la maison de la Radio, des travaux  confiés à l’entreprise Karima et au niveau du nouveau siège du Conseil Régional exécuté par l’entreprise Laouali Gago. Ces deux chantiers sont très avancés. Autre chantier avancé, celui du siège du Gouvernorat dont le bâtiment imposant trône au milieu d’une Place soigneusement aménagée.

Mais le plus important aux yeux des maradawas, traumatisés par des « crues » liées à l’exécution des chantiers de Maradi Kolliya, c’est de voir l’entame de la construction de caniveaux permettant l’évacuation des eaux de pluies. « C’est par là qu’il fallait commencer … », dixit Laoualy un commerçant qui tient boutique devant l’autogare, un des endroits qui a subi les crues les plus importantes. Présentement, les chantiers des caniveaux sont avancés un peu partout dans la ville. On en rencontre sur la RN9 de la Douane jusqu’à la Justice, dans le quartier Ali Dan Sofo du côté de la Société des Eaux du Niger (SEEN), derrière le Lycée Technique jusqu’à l’hôpital et plus loin, du rond-point GAO jusqu’à la Brigade des douanes.

Autre signe qui montre que la capitale économique du Niger n’a pas fini ses transformations, c’est la construction de trois imposants monuments de bienvenue à Kadata sur la route de Niamey, à Kontagora sur la route de Zinder et aux encablures de Djirataoua sur la route du Nigéria. Ici également, des colonnes aux formes inédites émergent du sol et laissent présager de l’avènement d’œuvres architecturales tout aussi futuristes.

Malgré l’arrêt des chantiers importants comme la maison de la culture, l’arène de lutte traditionnelle, le gymnase, la résidence du Gouverneur ou encore la « case présidentielle », on peut sans conteste certifier que Maradi continue imperturbablement sa Kolliya…

Une Kolliya qu’elle se doit d’ailleurs d’entretenir pour ne pas perdre tous ses éclats !!!

El Kaougé Mahamane Lawaly

Niger Inter Magazine ( Novembre 2016)