Chers concitoyens, Il y a cinquante huit ans, le Niger accédait à la République, augurant une ère nouvelle, permettant toutes les espérances.


Une ère où les biens de la communauté tout entière sont, en principe, gérés au nom de l’intérêt général, pour le bien être de tous.
La République, impliquant justement la préférence de l’intérêt collectif à celui particulier ou particulariste, exige de chacun de s’élever au dessus du « Soi » égoïste pour le « Nous » salvateur et respectueux de l’autre.
Cinquante huit ans après, bien que du chemin ait été fait, il reste beaucoup de choses à faire, trop même, pour le moins qu’on puisse dire.

A maints égards, les choses semblent du reste se dégrader chaque jour un peu plus.
La précarité s’étend à toutes les couches sociales, la corruption devient criarde, l’insécurité empêche toute activité industrieuse, tandis que l’injustice s’amplifie.

Pendant que les secteurs sociaux de base, notamment l’éducation, en lambeaux, sont secoués fréquemment de débrayages du fait d’arriérés de pécules et autres moyens de travail, les dysfonctionnements de l’administration qui est le cœur du pays sont tels que tous les discours, plans et programmes, même ceux de bonne foi, ne peuvent donner les résultats escomptés.

Si la responsabilité de chacun est engagée, celle des gouvernants est encore plus évidente.
La conscience de chacun est alors interpellée.
Au demeurant, il n’y a pas de petites responsabilités, il ne peut y avoir que des responsabilités mal assumées, ou pas du tout assumées.

C’est la raison pour laquelle, j’invite chacun à faire l’effort d’élévation afin de ressusciter le nigérien travailleur, intègre, fier et honnête qui sommeille en lui, en vue de bâtir une véritable société républicaine soucieuse du bien public et de ses enfants, unie, juste et prospère.

Car, en dépit de tout, il y a mille raisons d’espérer, parce que nous restons profondément et intimement convaincus de la capacité du nigérien à se surpasser et à réaliser le mieux, pour les autres et pour lui-même.
Et c’est pourquoi notre confiance en lui n’a jamais failli.

Enfin, nous avons une pensée particulière, toute de compassion et de solidarité, à tous nos concitoyens vivant dans l’insécurité, la peur au ventre, ainsi que tous ceux qui sont injustement privés de leur liberté, arrachés à leurs familles et leurs occupations, parce qu’ils pensent différemment.

Bonne fête à tous.
Vive la République!
Vive le Niger!

S.E Hama Amadou, chef de file de l’opposition nigérienne