Je  n’ai  aucunement la prétention de dispenser ici  un  cours de morale ou de critiquer  telle  ou telle autre  réaction . Pas  du tout  et très loin de moi  cette idée .  C’est tout simplement parce  que , face  à un sujet  d’intérêt  commun, chacun y  va de sa logique. C’est au nom de ce principe, de  ce débat public que je pense aussi pouvoir m’inviter en apportant une contribution dans ce qui est devenu en quelque sorte une préoccupation de  tous,( actualité  oblige) en Afrique comme  ailleurs .

Vous l’aurez compris , il s’agit de  la Présidentielle qui vient d’avoir lieu  en Gambie le  1er Décembre 2016 et qui défraie la chronique ,  depuis quelques jours . En effet, ce petit  pays par la  surface, une enclave  au coeur du  Baob  Sénégalais, fait parler  de lui  jusqu’au salon de  Donald TRUMP , aux  Etats Unis d’Amérique. Sujet donc pas banal puisqu’il s’agit d’un Peuple, d’une consultation électorale Présidentielle,  de  la Démocratie et surtout d’une Alternance  contreversée .Sur le Continent africain où  les pouvoirs ont parfois pour vocation d’alterner par  la force et où certains  Chefs d’Etats en exercice , oublient ou font fi du contrat social qui les lie  au peuple. Celui de briguer le ou les deux mandats et de transmettre  le témoin au suivant locataire du Palais. Yahaya  Jammeh,  aussi  emboite  le pas à  ces nombreux  dictateurs  qui ont  compris qu’il  suffit  de garder son fauteuil, de résister  et de  «  boucher ses oreilles » pour ne pas entendre des cris des sirènes . Des  cris  qui les invitent à  quitter le pouvoir. lls  sont nombreux en Afrique et résistent  sans  inquiétude , sans peur et sans reproche »  bravant  les démocrates et même les armes . Parce qu’il y a « deux  poids , deux  mesures  sur  notre Continent » Si  tous les  Chefs d’Etats   dictateurs  ou  irespectueux  de leurs  Constitutions  et de leurs Peuples  étaient  mis  au  pas ,  Yahaya  Jammeh n’aurait pas osé  effectuer 22  ans d’affilé  au  Pouvoir,  sans inquiétude . Convenez avec  moi qu’il n’est  pas  facile de rayer d’un trait de plume, les stigmates  d’un pouvoir de 22  anas  facile  de  rayer  Nous  avons encore l’exemple du Burkina où  les  braises  d’un  régime  de 27  continuent  de s’allumer  Aujourd’hui, la  meilleure  solution  serait  le  dialogue  Parce que la force va  engendrer d’autres conséquences imprévisibles Nous  ne  sommes toujours pas  sortis  des guerres  comme celles de l’Irak,  de la Lybie  et de la  Syrie  dont des innoncents  payent de leurs vies  Et je pense que nos  vaillantes  armées  devraient  servir  à  nous  protéger  contre ces  terroristes  qui tuent nos parents. Et  cela  chaque jour sinon  chaque  seconde, détruisant  notre tissu social  Nous avons des  Sages comme Macky  Sall  et des Anciens comme  Obasanjo ,  Tabo  M’Bekki,  Kofi  Anan  ou  Pierre Bouyoya  Soumaila Cissé  Yayi Boni et notre Médiateur  de la République Nigérienne Maitre Ali Sirfi  qui a  fait ses preuves dans biens des conflits y compris dans la Sous Région  ect.. qui pourraient mettre leur expérience à la  disposiion de notre Continent. Afin  d’ éviter de rallumer  d’autres foyers de tensions dont nous n’avons nullement besoin et  ne saurons  où  cela va nous  conduire ?

Voilà  pourquoi ,  Yahaya  Jammeh  se  bombe le  torse  et  se moque  de la  Communauté  Internationale et  surtout  de l’Union Africaine qui n’a  rien d’Uni  que  son nom. Une Union que nous avons soutenue pour lui avoir consacré une Thèse de Doctorat . La  CEDEAO  qui compte intervenir « autrement » si toute fois le dialogue  échoue, devrait  bien au contraire réussir sa mission  à travers la persuation et par discernement et  non par la force. Amener les deux parties à s’assoir  autour d’une  table Nous venons d’aprendre  aux dernières nouvelles qu’une délégation va se rendre à Banjul pour échanger avec le Président  rebelle. II s’agirait  des Chefs d’Etats du Nigéria, celui du Ghana, celui du Libéria et  enfin de la Siérra Léonne. Une belle brochette de dirigeants avertis.Nous leur souhaitons bonne chance. Si  tant est que  l ’Afrique dispose d’un arbre à palabres ?  Voilà la vérité aussi amer qu’elle soit .Où allons nous alors ? La  résignation la  mort dans l’âme,  comme  toujours . Non parce que  nous pouvons  mieux   faire .

           Si encore on va aux élections,  avec l’accord du Maître des lieux et s’il lui arrive d’ y penser et de les organiser comme cela vient de se passer en Gambie il y a quelques jours. Et  de  reconnaitre  sa défaite  en  félicitant  l’élu , il y a de quoi réfléchir mûrement avant  de « se jeter dans la gueule  du loup ».  Parce que toutes ces intrigues  autour  de  cette   élection ne  sont pas du  fait  du  hasard  du côté  du Puissant et inamovible Président Yahaya Jammeh, connu  pour ses  frasques et  ses constantes virevoltes.

JAMMET,  UN  HOMME  IMPREVISIBLE

II  suffit   de parcourir  l’itinéraire  de ce jeune  Officier , Lieutenant  de  son  Etat né  à  Kanilai en  Gambie le  25  Mai  1965  ( une  date  célèbre  car  c’est  bien le 25  Mai  1963  2  ans  avant  que  naissait  l’OUA  à Addis Abéba  en  Ehiopie )  pour  découvrir l’homme . C ‘est justement en 1965  que  Sir  Daouda   DIAWARA accedera au Pouvoir  en  Gambie comme Chef d’Etat.  Et , coïncidence pour coïncidence ! II  sera  renversé par une  junte  militaire à  la  tête  de laquelle se  trouvait  Yahaya  JAMMET ,  le 22 Juillet en 1994 .Ainsi,  notre  putchiste  entrait  dans  l’histoire.  II va  se  vêtir  des habits  « civils » en  devenant  Président de la  République de  Gambie le 18  Octobre 1996  non  sans avoir  essué  des  tentaives  de  coups  d’Etat de  la  part  de ses camarades  qui l’avaient aidé  à s’emparer du  pouvoir La suite on la connait :rupture  totale avec certains  Etats  africains  et  la  Communauté  Internationale alors qu’il gouvernera  le pays avec une main de fer , le  bâton  de Commandement dans une main et le Coran dans l’autre  Marié à  4 femmes et avec 3  enfants, il n’a  jamais accepté la contestation, surtout lorsque les ordres venaient de  l’Extérieur de la part de ceux qui veulent faire  « mains  basses » sur  sa  gestion . Régnant en dirigeant libre et sans parttage en assumant ses responsabilités devant les hommes et devant l’histoire . Pendant 22  ans , certains vont le considèrer  comme un  tyran  alors que d’autres le  prennent pour un Patriote  , un Nationaliste ,voire un Panfricaniste.  Quoi qu’il en  soit  l’homme est  étrange  et il faut l’aider à partir  sans  violence .

L’ homme est difficile à cerner et son  personnage vole au dessus des nuages  puisqu’il se  définit comme étant le  seul Chef, celui qui incarne la Constitution et  un Etat Islamique, selon ses humeurs . II est , à tord  ou à  raison un homme pas plus  bizarre qu’un  autre Président Donald TRUMP ,  du  pays le plus puissant du  monde, ou  d’un  autre  collègue africain. Beaucoup  de Chefs  d’Etat ne sont pas loin  de se comporter comme lui Prenons le  temps  de jeter un  coup d’oeil  sur les  visages des 54 Chefs d’Etat  de l’Union  Africaine .Vous m’n donnerez  des nouvelles comme dit l’autre . ll   fallait  battre le  fer tant qu’il  est  chaud .  Les exemples font  légion parce  que si certains  ont  violé des Constitutions pour acceder  au pouvoir comme lui, d’autres  donneurs de leçons  de Démocratie , ne font  pas  mieux  que lui  Suivez mon regard ! Cependant,je ne conteste nullement les extravagances  du  Président  Gambien  qui n’est  qu’un  cas parmi  tant  d’autres  sur  cette  planète  où peu de   gens et peu de dirigeants peuvent constituer des  bons « modèles pour l’autre » . Je  ne serai pas non  plus  l’Avocat  du diable.  Pas du tout alors  Mais  chaque Etat ou peuple est  différement gouverné . Parce que l’Humanité  n’est pas divisée  en  2  groupes  des « bons  et  des  mauvais »  mais  au  contraire c’est  que chaque  groupe  est une composition  de toutes  les  catégories  Dans  ce cas, alors, le  pays  le plus démocratique du monde devrait demeurer le plus humain de la planète . Or ce n’est pas le cas sinon ,  comment peut- on comprendre qu’aux  Etats Unis que des  Etats  érigent  en systhème  de punition,  la  pendaison  et la  chaise  électrique en 2016 encore. A  l’encontre des  noirs ou d’autres Communautés ?  Oui gendarme du monde mais c’est tout. Des  pays  où  sont nés «  la  catégorie des  citoyens clochards et  des sans  abris »  érigée  comme mode de vie  .Des pays dits civilisés où  la culture  exige de mettre  au  chaud un chat  ou un  chien  alors qu’on  laisse à la  rue  des êtres  vivants  se gérer en pleine  nature.  Drôle de civilisation . Allez  y  comprendre ? . Ailleurs , sur la  planête  ce  serait  un  crime que de ne pas partager  son repas. Quel paradoxe quand on sait que  le  premier  alinéa  de  la  Déclaration Universelle des Droits de l’Homme reprise dans toutes les Constitutions du monde entier précise que «  la vie est sacrée » Mais sacrée pour qui ? Et  pourtant on y  découvre un autre  pradoxe si l’on sait que même au pays  de l’Oncle Sam, les  élections sont entachées d’irrégularités. De celles  qui avaient fini par élire Georges BUSH  fils  et à celles  qui viennent d’ouvrir les portes  de la  Maison  Blanche à  Donald  TRUMP.  Mais  personne n’ose lever le moindre petit doigt  pour dire un mot. La  Russie ou  la Chine et d’autres nombreux  pays  auxquels  nos  Etats  doivent  allégeance , sont gérés  par le Parti Unique ou parti Etat ( ce qu’on nous interdit de faire chez  nous ) où le  pouvoir a droit de vie et de mort sur   des citoyens pour peu de  choses . Et  pourtant , ils  sont  fréquentables  et nul  n’aurait à l’esprit de les interpeller !  Des crépitements d’Armes en  plein  Continent  Africain  en l’occurence  à Banjul, serait  un  suicide pour nous et une  regression pour notre unité  et  notre  développement  .

AU NOM  DE LA DEMOCRATIE POUR L’AFRIQUE ET LA GAMBIE

Je  crois avoir  assez, sinon  trop exposé mon  point de vue qui n’engage que moi et  que je  suis  sûr  beacoup de lecteurs ou non  approuvent. Je sais  également   que toute  vérité n’est pas bonne à  dire ni à entendre . Je sais d’autre part que nul ne détient la  vérité absolue .Mais  j’assume mes propos qui n’ont  d’autre sens  que d’interpeller notre propre  conscience africaine face à  des dérives et dangers qui nous guettent . Notre Continent Africain a  besoin de plus  de paix  pour engager un  développent qui piètine  depuis plus d’un quart  de siècle  de souveraineté . Nous avons  besoin de paix et devons nous tendre la  main  pour unir nos efforts  afin d’être plus  forts .Nous avons besoin de nous entendre , de tranquillité et de sérénité pour nous souder autour d’un projet de  Société  afin  de bâtir nos  Etats  et  notre Continent. Un continent qui dispose de toutes les ressources  aussi bien humaines  que naturelles dont la maîtrise nous échappe  alors que nous assistons impuissants à leurs  fuites vers d’autres directions connues ou inconnues  Notre  belle  jeunesse attend  et  impatiente  prend la  route  de  la  mort  qui s’achève  au fond  des Mers  lugubres  si ce n’est  dans un  désert ingrat .  Alors que  nous aurions pu  les  retenir  en  leur  ouvrant aussi  les portes de la  réussite .

LES TROIS DIMENSIONS       REELLES  DU  POUVOIR     

Dans chaque Société, le pouvoir s’exerce en fonction du temps et selon la durée  et dans un environnement bien indiqué

En  Afrique  dans  la  tradition , la  gouvernance  s’appuie sur un  mode qui repose sur une hiérarchie qui  confère à chaque  partie  une  parcelle  de pouvoir.  Mais ,  un  pouvoir  organisé  selon  une  pyramide  bien conçue  où  chaque  responsable joue  pleinement  un  rôle  sans  encombre .  Selon  notre Doyen  et  Professeur  Hampaté  BA,  les  rêgles  sont   précises  avec un  mandat  bien  confié  à  tout  celui  qui  exerce  le pouvoir . Au nom  d’une Communauté  qui fixe  les  limites avec  un  contrat  Social   exécuté  dans  les temps  .  En  Occident  les règles  sont  définies  par  des  mandats  qui  aussi  sont  limités  dans le temps Dans  le  systhème  traditionnel,  c’est  toujours la  Société qui intronise  et qui destitue lorsqu’elle le juge  nécessaire .Dans la culture  Occidentale, une  fois  le  mandat  fixé   accomplit, on s’en  va ,  quitte  à revenir si les circonstances l’exigent .  Les  3  dimensions   occasionnées  par l’usure d’un  pouvoir  sans  limite  c’est à  dire « sans gardes fous  ». sont les suivantes .

LE  TEMPS  USE LE POUVOIR

L’intelligence  humaine  et  la  vigilance  du législateur  ont  créé  les conditions  idoines  de l’exercice  du  pouvoir .  En  limitant  son  exercice .   Le  Général  de  Gaulle  nous l’a rappelé  lorsqu’il disait  à l’adresse de ceux  qui s’accrochent  au  pouvoir « qu’il faut  savoir l’abandonner  avant qu’il ne vous abandonne » Cette  sagesse est aux antipodes des préoccupations  des dirigeants comme  Yahaya  Jammeh et de ses semblables  qui  sont encore et toujours là. Inamovibles  jusqu’au jour où la  rue grondera sous la colère du Peuple.Mais, s’est-on  seulement posé la  question  de savoir pourquoi le  Président Gambien  a-t-il  organisé  cette  élection      Présidenielle    maintenant  ? Pourquoi la Commission  Electorale  a –elle  attribué les résultats suivants ?    Adama  Barrow  Coalition  des Partis  43, 3°/°  Soit  227 708  Voix

Yahaya  Jammeh Alliance Pour  la Réorientation et la Construction 39,6 °/°      Soit  2O8 486  Voix

Mammah Kandet  Congrès  Démocratique 17, 1 °/° Soit 87 760 Voix

Voilà les premiers résultats  tels  que prononcés par la Commission Electorale  alors que dans  un  2è temps,  elle  annonce  de nouveaux  résultats  qui  réduisent l’écart  de 6O  OOO  Voix  à  20000 .  C’est  en  moment  que  Yahaya  Jammeh  a commencé  par  rejeter  les  résultats et à  se  dédire. Mais, là n’est pas le réel motif  . II  est  certainemnt  ailleurs :  la peur d’être livré à  la  vaindicte  populaire pour  payer  22  ans  de  pouvoir sans partage . Et  Adama  Barrow  a  contribué à mettre de l’eau  au  moulin  du Président Gambien en  annonçant les  couleurs avant la passation de pouvoir.

 Le  Sage de  Bandiagara  explique    ces 3   dimensions  ainsi :

1 )  A  chaque fois  qu’on  arrive  au pouvoir, au  nom de l’état  de  grâce,  on est  tout beau, tout  gentil ,  tout adulé. On  vous  respecte, on vous écoute  on  vous adore, parce qu’on y croit  et qu’on a  de l’espoir disons qu’on  a  de l’assurance. Le  bon  choix  et l’oiseau  rare en somme . Cette  période est assimiliée  à une   époque rassurante.                                              2/                                                                                                                    Cependant qu’au  fil  du  temps, les gens commencent par s‘en lasser et l’écart commence par se creuser entre le peuple et ses  dirigeants .C’est  un moment où l’estime s’émousse pour laisser la place à la peur  et à  une  période d’inquiétude et d’incertitude. La  confiance est rompue  entre  le  citoyen  et  le  pouvoir .On  vous  craint mais  on  vous déteste.

Enfin le 3em  stade est  celui que Hampaté  Bâ   appelle définit comme un pouvoir n’a  ni  boussole ni objectif puisqu’il  est  à bout de souffle  II est  dans la rue alors que le  Chef  n’adopte qu’ une  attitude en  « emporte  pièces »  sans  retenue  en  faisant   n’importe  quoi .II dit que c’est à l’image de l’hyène  qui  mélange  tout  sans  discernement.  Alors  il  faut arrêter  et  abandonner  pour  se  reposer sinon  on  doit lui  retirer  la  confiance  pour  confier la  mission  à quelqu’un  d’autre  .

En  résumé  ces  3  périodes  se  définissent  comme  étant  d’abord  celle  de l’estime,  puis  celle  du Lion  où on  n’a  plus  d’estime   mais  la  peur  Une  étape  correspond à  celle  de l’épuisement  où on  n’a  plus  rien  à apporter en  innovation si ce ne  sont  des actions répétitives

Moralité  il  faut  savoir  limiter  les  actions  en  s’arrêtant  pour laisser l’alternance  s’installer  au  bonheur de tout  le  monde .C’est  le  cas  des  dirigeants  qui s’éternisent  au  pouvoir  Mais  en   Afrique  ils  le  font  aussi  avec  la  complicité  de la  Société parfois  qui    laisse   sans  réagir  depuis  les  débuts  de leurs  mandats  Comme  disait  un de mes  frères  «   le  pouvoir  est  comme  une  gourde de  miel  . En  effet si tu la portes à ta bouche tu ne  la  rendras  jamais tant qu’on  ne  te  tordra  pas la main pour te l’arracher . »

   Abdoulaye   HASSANE DIALLO  Dr  en Sciences Politiques, Journaliste Ecrivain