Hier dans l’après-midi, une coalition de la société nigérienne avait organisé une marche suivie de meeting à la place de la concertation pour dénoncer ‘’ la mal gouvernance’’ du pays. Ce regroupement des Organisations de la société civile(OSC) a su rallier à sa cause des milliers de manifestants qui scandaient des slogans très hostiles au président Issoufou et son régime.

Avec des messages acerbes sur des banderoles comme ‘’Ta yi tawri’’ du comédien Ada Maikano, cette manifestation a été accompagnée par les principaux partis politiques de l’opposition. Entre autres griefs faits au régime de Niamey par ces OSC, il y a l’abandon des secteurs sociaux de base, la corruption, la mal gouvernance et la remise en cause des acquis démocratiques.

Selon les organisateurs de ce meeting ce n’est qu’un début. Ils entendent battre le pavé pour amener le gouvernement à satisfaire les attentes des populations. Un des acteurs a même déclaré que si le gouvernement refuse d’obtempérer alors ils n’hésiteraient pas à recourir à tous les moyens pour que  leur cause soit entendue.

A la veille de cette manifestation, l’opposition regroupée autour du FRDDR a aussi exprimé sa détermination à renouer avec des journées d’actions démocratiques pour mettre un terme au régime d’Issoufou qu’ils considèrent comme incompétent. Au regard de la synergie entre l’opposition politique et la faction organisatrice de la manifestation du 21 décembre autant dire qu’il y a de l’électricité dans l’air.

Interrogé par RFI Hausa, le vice-président de l’Assemblée nationale M. Iro Yahouza a minimisé ce mouvement qu’il considère comme marginal et animé par des désœuvrés. Time will tell.

EMS

Déclaration des Organisations de la société civile

Messieurs les députés nationaux ; Camarades de la société civile ; Camardes citoyens nigériens
La « renaissance » ou le sacre de l’incompétence au sommet de l’Etat !
En cette journée mémorable du 21 décembre 2016, vous êtes très nombreux à abandonner vos chères activités pour venir manifester et protester contre ce régime insouciant, liberticide et la mauvaise gouvernance politique et économique qui le caractérise.

Il faut le dire haut et fort, le Niger est très mal gouverné. Un gang d’absolutistes l’a pris en otage et l’a transformé en république bananière. Jamais dans l’histoire de notre pays les valeurs morales et politiques n’ont été aussi abjectes : incompétence dans la gestion politique, affairisme, concussion et « bolorisation » des secteurs avantageux ; crimes économiques et financiers, pillage organisé des ressources naturelles, fiscales et financières ; abandon des secteurs sociaux de base ; Etat-providence pour « seigneur Issoufou », le « haut représentant » du califat socialiste, l’homme qui jouit pleinement de toutes les richesses de son pays ! L’homme qui pense que le Niger entier lui appartient !
Camarades,
• Honte à ceux qui prospèrent de la misère de leur peuple !
• Honte à ceux qui affament leur peuple !
• Honte aux dirigeants voyous !
• Honte aux dirigeants médiocres !
• Honte aux ripoux !

Camarades ;
En effet, depuis plus de cinq ans, les Nigériens, dans leur écrasante majorité, ont compris que la chimérique « renaissance » tant prônée et vendue au peuple, n’est que de la poudre aux yeux. La funeste « renaissance » n’est qu’une véritable usine à gaz. Cette espiègle escroquerie politique a deux visages hideux.

Le jour, elle se caractérise par une caporalisation des institutions par un Président dont l’arrogance n’a d’égale que le mépris qu’il porte pour son peuple dont il est conscient de n’avoir jamais joui de son amour ; son décoratif premier ministre, subordonné à certains de ses propres tributaires ; des députés godillots d’une chambre d’enregistrement entièrement aux ordres, une mise aux pas sans précédent de l’appareil judiciaire et autres institutions appendicites.

Pire, le Niger de la « renaissance », ce « vaste champ de détournement de biens et de deniers publics », est perçu par les rhéteurs de cette pathologie, comme la boutique et l’arrière-boutique du sieur Issoufou, dont l’amour pour notre pays reste à démontrer. Sinon :

• Comment les Nigériens peuvent-ils comprendre l’abandon pur et simple du secteur éducatif de leur pays ?
• Comment peuvent-ils comprendre la flambée vertigineuse des prix des denrées de première nécessité, voulue et entretenue par le sieur Issoufou à travers des mesures impopulaires, injustes et antisociales ?
• Comment peuvent-ils comprendre la cherté de la vie et la pauvreté ambiante, alors que le Niger, leur propre pays est assis sur un océan de richesses ?

• Comment peuvent-ils comprendre la nomination d’un gouvernent de plus de 42 membres, sans compter la pléthore de ministres-conseillers, payés à ne rien faire, alors que le pays est en sérieuses difficultés financières ?
• Comment justifier la promotion des médiocres et autres indélicats à la présidence, contre tout bon sens ?
• Comment comprendre qu’au moment où l’attitude démissionnaire du gouvernement contraint les jeunes à l’exode, le sieur Issoufou signe des accords anti-migratoires honteux, piétinant ainsi le droit d’aller et de venir consacré par la constitution et le protocole additionnel de la CDEAO garantissant la libre circulation des biens et des personnes ?

• Comment comprendre enfin, les attitudes bellicistes du sieur Issoufou, se vantant sur tous les plateaux de France et de Navarre, d’être le gladiateur du terrorisme, mettant en danger la quiétude des populations alors qu’il se cache lâchement dans son bunker ? Pendant ce temps, les vaillantes FDS continuent d’être les victimes de cette attitude provocatrice du sieur Issoufou, rendant la question sécuritaire encore et toujours préoccupante, en dépit de l’installation des bases militaires étrangères dont lui seul est le commanditaire.

Camarades,
L’autre visage de la « renaissance » du sieur Issoufou, c’est le bradage des ressources minérales, l’impunité, la promotion familiale et l’esprit de clan, le trafic d’influence, l’enrichissement illicite, l’affairisme, la concussion et que savons-nous encore de l’étendue des dégâts ? Les anciens trotskistes, maoïstes, marxistes et autres staliniens égarés ont purement et simplement décidé de conduire le Niger à l’abattoir. Pourtant, il leur a tout donné, de leur naissance jusqu’à leur tombe. S’ils sont président, ministres, députés, juges, fonctionnaires ou autre, ils le doivent à l’école publique qu’ils ont conduite au trépas ; cette école dont ils sont le fruit hier et pourfendeurs aujourd’hui. Judas n’a pas fait mieux !

Camarades ;
Cette ingratitude, doublée d’une gouvernance calamiteuse, illustre ce triste état de fait : pendant que leurs enfants étudient en Occident, là-même où sont soignés les leurs, l’écrasante majorité des Nigériens végète dans la détresse, dans l’incertitude des lendemains difficiles et l’indifférence criminelle des pouvoirs publics.

• Sale temps pour l’école nigérienne !
• Sale temps pour l’hôpital nigérien !
• Sale temps pour le Nigériens ordinaire !
• Sale temps pour le Niger qui n’a jamais espéré enfanter d’aussi indignes fils ! Ces bohémiens de la transition, misérables produits du stalinisme, constituent une gangrène pour le Niger et de son devenir. Cette horde de hors-la-loi, constituée en collège des grands corrupteurs, en prédateurs des deniers publics, en assassin du système éducatif, en étrangleur du système sanitaire et en violeur de la démocratie, est une greffe tumorale pour notre pays. Une telle racaille politique est une menace sérieuse pour la paix, la justice sociale, la promotion sociale, l’unité nationale et le développement auquel aspire légitimement le Niger.

Camarades ;
La démolition de l’école, du commerce et du travail ; la descente aux enfers de la jeunesse, des travailleurs et des artisans toutes catégories confondues, ainsi que la liquidation des secteurs économiques au profit des parents et amis, logés dans les sillages du « promoteur » Issoufou, traduisent à suffisance la cupidité de ces fanfarons dont les masques sont définitivement tombés : abandon de la souveraineté nationale, clientélisme, pratiques corruptives, enrichissement illicite, division des Nigériens, économie criminelle et impunité sont les règles du jeu de la gouvernance calamiteuse de l’incompétent Issoufou Mahamadou, maître du jeu d’une régression sociale, politique et économique de notre pays.

A présent l’heure de l’éveil des consciences a sonné pour sauver notre pays et dire fermement :

• Halte à cette gouvernance mafieuse !
• Halte au gangstérisme politique !
• Halte à la prédation !
• Halte à l’économie criminelle !
• Halte au népotisme !
• Halte à la concussion !
• Halte à la division des Nigériens !
Aussi le temps est venu de dire très clairement :
• Incompétents, maffieux et corrompus, dehors !
• Assassins de l’école, de la santé, du commerce et de l’emploi, dehors !
• Vecteurs de la division, dehors !
• Propagateurs de l’esprit de clan, dehors !
• Promoteurs de l’impunité, allez-vous-en !
• Protecteurs de délinquants, allez-vous-en !
• Spoliateurs des biens publics, allez-vous-en !
• Violeurs de la constitution et des lois de la République, On ne veut plus de vous !
Vive le Niger
Je vous remercie !!!