A l’occasion de la 3è édition de la  journée nationale de la presse, Abdourahamane Zakaria ancien dirigeant du mouvement scolaire nigérien et délégué de l’USN à la Conférence nationale souveraine a bien voulu apprécier à travers cette tribune libre la presse nigérienne :  ses atouts,  ses défis et la conduite à tenir pour une presse libre et indépendante dans notre pays.

Au Niger nous venons de célébrer  la journée nationale de la liberté de la presse le 30 novembre dernier. Elle a fait du chemin dans notre pays et a été chèrement acquise après les événements tragiques du 09 fevrier 90 qui marquent le point de départ de la démocratisation de notre société. C’est justement à ce moment précis de l’évolution socio-politique de notre pays que les langues se sont déliées et ont commencé à réclamer toutes les libertés publiques.

A tout seigneur tout honneur, c’est l’occasion de rendre un vibrant hommage aux hommes et femmes des médias qui font leur travail dans la dignité et la conscience professionnelle malgré les conditions difficiles et contraignantes. Nous sommes aussi conscients que cette noble, difficile et périlleuse profession est truffée de brebis galeuses qui l’entachent et la décrédibilisent. Cela va sans dire, c’est la lutte des contraires. La dialectique du bon et du mauvais.

Nous utilisons les médias au quotidien et ils nous rendent un grand service, ils sont aussi très utiles pour notre démocratie vacillante, surtout s’ils doivent bien jouer leur partition dans l’éducation civique, politique, citoyenne et patriotique des Nigériens . Il nous revient de faire montre de plus d’empathie en évitant les comportements et pratiques qui les affaiblissent financièrement et matériellement et précarisent leurs travailleurs. C’est tout à notre honneur d’ avoir une presse libre, respectable, objective, compétitive et citée en référence ne serait-ce que dans notre sous-région. S’agissant d’un environnement serein et propice au travail bien fait, nous devons admettre que contrairement à d’autres pays, notre presse n’est pas victime des brutalités outrancières et sauvages. Cependant, pour la bonne santé de notre démocratie, les bavures et autres interpellations maladroites à l’égard des travailleurs de la presse ne doivent pas avoir droit de cité dans notre pays.

Nous sommes sur le droit chemin, car aujourd’hui au Niger, quoi qu’on dise, nous pouvons être fiers de brandir notre liberté de la presse , surtout avec le nombre impressionnant des médias privés qui en toute indépendance facilitent et renforcent l’expression plurielle et interactive. La presse en tant que quatrième pouvoir, a assez souvent montré du doigt les trois autres pouvoirs ( exécutif, législatif et judiciaire) pour attirer leur attention sur le respect de la séparation des pouvoirs et les autres règles démocratiques et républicaines. C’est tout a fait normal et elle est dans son rôle, mais il est aussi très important et légitime de contraindre nos jeunes hommes et femmes des médias à faire honneur à leur profession en respectant l’éthique et la déontologie.

Dans l’exercice de leur profession, ils ne doivent pas croire que tout leur est permis. Pour leur crédibilité et leur indépendance, ils doivent être rigoureux et intègres dans ce qu’ils font tout en évitant la désinformation, l’intoxication, la diffamation et la propagation des fausses nouvelles, pratiques contraires à l’éthique et à la déontologie de leur métier du reste. Les plumes vénales doivent se ressaisir et avoir à l’esprit qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Au risque de corroborer ce que Bernard Tapie a dit :  » Pourquoi acheter un journal quand on peut acheter un journaliste? » . Il faut sauver son honneur, mieux vaut tard que jamais.

La liberté de la presse se reposant sur la liberté d’opinion et celle d’expression, au-delà des professionnels des médias, tous ceux qui s’investissent dans les activités politiques, syndicales, associatives et autres activités citoyennes et pour qui les médias sont incontournables, doivent agir sérieusement et consciencieusement. En ce bas monde il n’y a pas plus grande et inépuisable richesse que sa bonne conscience.

Abdourahaman Zakaria