« Yes we did. Yes we can. »

ÉTATS-UNIS – Il a fait ses adieux. Barack Obama a donné ce mardi 10 janvier dans la soirée son ultime grand discours en tant que président devant des milliers de personnes à Chicago.

Assurant que l’Amérique était aujourd’hui « meilleure et plus forte » que lorsqu’il était arrivé au pouvoir en 2008, le chef d’État a oscillé entre message d’espoir et de vigilance envers des mesures ou déclarations de Donald Trump sans directement les citer.

Tout en reconnaissant que la question raciale était un sujet « qui divise » toujours en Amérique -bien que certains espéraient lors de son élection que le pays se débarrasserait du racisme-, il a insisté sur les progrès accomplis.

« Si je vous avais dit il y a huit ans que nous sortirions d’une grande récession, relancerions l’industrie automobile, générerions d’importantes créations d’emplois, que nous ouvririons un nouveau chapitre avec Cuba, mettrions fin au programme nucléaire de l’Iran sans guerre, abattrions l’homme qui a orchestré le 11-Septembre, légaliserions le mariage pour tous et offririons une couverture santé à 20 millions de personnes supplémentaires, vous auriez dit que la barre était trop haute. Mais nous l’avons fait. Vous l’avez fait. »

Dans un second temps, le président des États-Unis a ensuite plaidé pour plus de tolérance et moins de peur des citoyens envers leurs semblables en faisant l’effort de se mettre à la place des uns et des autres. Des valeurs à porter haut et fort à l’étranger. « Nous devons nous assurer que les lois anti-discriminations soient respectées… mais cela ne suffira pas. Les coeurs aussi doivent changer ».

« La démocratie peut flancher quand nous cédons à la peur. C’est pourquoi je me suis fermement battu contre le terrorisme, que nous avons mis fin à la torture, que nous avons réformé les lois pour protéger notre vie privée et nos libertés. C’est pourquoi je rejette ces discriminations envers les Américains musulmans. Nous devons continuer nos combats dans le monde pour la démocratie, les droits de l’homme, la condition de la femme et de la communauté LGBT. Le combat contre l’extrémisme et l’intolérance font partie du combat plus général contre la dictature et le nationalisme. »

Barack Obama a aussi affirmé que nier le changement climatique, comme le fait Donald Trump, revenait à « trahir les générations futures ». « Nous pouvons, et devons, débattre de la meilleure approche pour s’attaquer à ce problème. Mais simplement nier le problème revient non seulement à trahir les générations futures, mais aussi à trahir l’essence de l’esprit d’innovation et de résolution pratique des problèmes qui ont guidé nos fondateurs ».

Le président américain a enfin laissé échapper une larme lorsqu’il a rendu hommage à sa femme, Michelle, et à ses deux filles, Malia et Sasha. « De tout ce que j’ai fait dans ma vie, ma plus grand fierté est d’être votre père », a-t-il lancé à l’attention de ces dernières sous un tonnerre d’applaudissements.

« Michelle, tu n’es pas seulement ma femme et la mère de mes enfants. Tu es aussi ma meilleure amie depuis 25 ans. Tu as endossé ce rôle de Première dame que tu n’avais pas demandé, tu te l’es approprié avec grâce, style, courage et bonne humeur. Tu as fait de la Maison Blanche un endroit pour tous et une nouvelle génération va placer la barre plus haut parce que tu lui as servi de modèle. Tu m’as rendu fier. Tu as rendu le pays fier », a-t-il lancé avant de s’essuyer les yeux discrètement.

« Je vous demande de croire. Pas en ma capacité d’apporter le changement mais en la vôtre », a-t-il enfin continué avant de terminer par: « Yes we can » (Oui, nous le pouvons), reprenant son célébrissime slogan de 2008, « Yes we did » (Oui, nous l’avons fait).

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