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Excellence Monsieur le Président du Faso; Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale; Messieurs les Premiers Ministres du Mali et du Niger;

Madame et Messieurs les Chefs des Institutions de la République; Mesdames et Messieurs les Ministres; Mesdames et Messieurs les Députes;

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et représentants des Organisations Internationales; Honorables Chefs traditionnels et religieux; Mesdames, Messieurs;

Le Niger est particulièrement honoré d’abriter aujourd’hui, la deuxième session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etats de l’Autorité de développement Intégré de la Région du Liptako Gourma.

Je voudrais souhaiter la bienvenue à mon frère et ami le Président Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, ainsi qu’au représentant de mon frère et ami le Président Ibrahim Boubacar Keita du Mali. Chers frères, votre présence parmi nous conforte les liens de fraternité et de solidarité unissant nos peuples et illustre fort éloquemment la vitalité et la solidité de la coopération entre nos trois pays.

La présente session extraordinaire de notre organisation commune contribuera davantage au renforcement de ces liens d’amitié et de coopération au regard des questions inscrites à notre ordre du jour. En effet nous devons examiner et prendre des décisions sur l’élargissement spatial du champ d’intervention de notre organisation en procédant à la révision de son traité constitutif mais aussi nous devons nous pencher sur les questions de sécurité de notre espace commun et examiner les propositions d’actions formulées par les plus hauts responsables de nos armées.

Lors de la septième réunion ordinaire de notre Conférence tenue à Niamey le 24 novembre 2011, nous avions pris acte des conclusions de‘’ l’étude sur la transformation de l’ALG en un espace économique intégré couvrant les territoires des trois Etats’’ et décidé  de l’élargissement de la zone d’intervention de notre organisation à l’ensemble des territoires des Etats membres.

À cette occasion  nous  avions instruit le Conseil des Ministres de prendre les dispositions nécessaires découlant de cette transformation notamment de procéder à l’élaboration d’un projet de traité révisé. Comme suite à nos instructions de 2011, l’une des premières mesures prises par le Conseil des Ministres fut de commanditer un audit structurel dont le but essentiel est de faire de l’ALG un cadre institutionnel et juridique véritablement opérationnel et performant à long terme, orienté vers la culture du résultat et capable d’apporter une valeur ajoutée intrinsèque au développement des Etats membres pour le bien-être des populations. Cet audit a formulé des recommandations permettant à l’Institution de se conformer à nos orientations. Il a aussi dégagé les conséquences juridiques, institutionnelles et financières qu’implique sa transformation et a proposé des solutions pour le repositionnement stratégique de l’ALG vis-à-vis non seulement des Etats mais aussi des autres organisations intergouvernementales.

Le Conseil des Ministres réuni en sa 10e session extraordinaire, le13 décembre 2016 à Tenkodogo au Burkina Faso, après avoir examiné les conclusions de cet audit, les a approuvées et saisit l’opportunité de la tenue de notre deuxième Conférence Extraordinaire pour soumettre à notre approbation un projet de Traité révisé de l’ALG qui consacre son élargissement à l’ensemble des territoires de nos trois Etats. L’adoption de ce Traité révisé et sa ratification sont les conditions sine qua non pour réaliser les autres activités qui entrent dans le cadre du parachèvement du processus de transformation de l’ALG.

Ce projet de traité révisé soumis à notre approbation vise à faire de nos Etats un espace économiquement intégré dans le cadre de l’Autorité du Liptako Gourma et s’appuie sur notre volonté commune d’intensifier la coopération transfrontalière dans un contexte mondial où l’agrégation des forces et des potentialités est essentielle pour bâtir un développement durable.

L’ALG révisée répond aux préoccupations liées à la spécificité géographique particulière de nos pays. Elle constitue un cadre homogène qui nous permettra de renforcer davantage notre coopération et une meilleure concertation afin de tirer les bénéfices liés à l’appartenance de nos Etats aux deux grands ensembles d’intégration régionale de l’Afrique de l’Ouest que sont la CEDEAO et l’UEMOA.

En effet, au regard de la nouvelle donne relative à la création d’un cadre de concertation, de coopération et de partenariat des organisations intergouvernementales de l’Afrique de l’Ouest le 14 juillet 2013 à Ouagadougou et dont l’ALG est membre fondateur, nous avons une opportunité pour conforter la position de notre Institution commune pour maximiser ses avantages comparatifs en vue de la mise en œuvre des projets et programmes communautaires dans un espace désormais élargi et couvrant l’ensemble de nos territoires. Ainsi, la mise en place d’infrastructures énergétiques comme le barrage hydro-électrique de Kandadji au Niger et ferroviaire comme la boucle ferroviaire Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan, concerne aussi bien l’ALG que d’autres organisations sous-région ales. En créant les conditions de la réduction des coûts des facteurs énergie et transport, la réalisation de ces projets donnera une impulsion au développement économique et social du Liptako-Gourma notamment en rendant possible l’exploitation de son potentiel minier.

Mesdames, Messieurs;

Cette mutation intervient dans un contexte où nos Etats connaissent une situation d’insécurité alimentée par la criminalité transfrontalière et les opérations des groupes terroristes. Cette situation qui compromet nos efforts de développement constitue un autre défi majeur qui se pose à nous. Elle confirme bien le lien étroit qui existe entre sécurité et développement.

En effet depuis 2011, suite aux douloureux évènements intervenus en Libye, notre espace géographique vit sous la menace constante des groupes terroristes, des organisations criminelles et d’autres forces centrifuges dont le dessein n’est autre que la destruction de nos pays en tant qu’Etats et nations.

Souvenez-vous de l’expérience douloureuse vécue par le Mali avec l’occupation d’une bonne partie de son territoire par des groupes islamistes désireux d’établir un Etat Islamique dans le Sahel. Grâce à l’opération Serval décidée par le Président français, Monsieur François Hollande, auquel je rends un hommage mérité, ce projet a été déjoué et les terroristes repoussés. Mais la menace demeure et nos pays continuent d’être la cible d’attaques d’organisations terroristes. L’attentat intervenu à Gao le18 Janvier dernier contre les éléments du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC),un des dispositifs prévus par les accords de paix d’Alger entre le gouvernement Malien et les mouvements armés, le prouve. L’objectif de cet attentat est manifestement de compromettre la mise en œuvre des dits accords dont l’accélération est la seule réponse que mérite un acte aussi ignoble. La mise en œuvre rapide des accords d’Alger permettra en effet d’isoler et de mieux combattre les organisations terroristes et criminelles qui infestent le nord du Mali. Les nombreuses victimes de cet attentat, viennent s’ajouter à celles des attaques perpétrées précédemment au Mali, au Burkina Faso, à Abidjan et au Niger. Je vous demande d’observer une minute de silence à la mémoire des victimes civiles et militaires de ces différentes attaques dont la lâcheté n’est plus à démontrer. Je vous remercie.

L’ennemi auquel nous sommes confrontés ne connait pas de frontière.

Aussi nous paraît-il judicieux d’envisager entre nos Etats un système de défense plus intégré en conjuguant nos moyens de renseignement et nos capacités opérationnelles car chacun de nos Etats pris isolement ne peut faire face de façon efficace à un ennemi très mobile et opérant sur un théâtre d’opération aussi vaste. L’expérience heureuse des Etats riverains du bassin du Lac Tchad qui ont mis en place une Force Mixte Multinationale composée des unités provenant de tous les pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) pour lutter contre les terroristes de Boko Haram doit nous inspirer. En effet grâce à l’action de la FMM les terroristes de Boko Haram ont été sérieusement affaiblis et les redditions en cascades de ces derniers jours sont la preuve éloquente de cet affaiblissement.

C’est  dans  cette  perspective que  les  responsables  des  Forces  de Défense et de Sécurité de nos trois pays nous proposent la création d’une Force Multinationale de Sécurisation de nos frontières et de nos territoires dans l’esprit de la déclaration adoptée à Ndjamena le 20 Novembre 2015 par les chefs d’Etat des pays membres du G5 Sahel.

Pour mener à bien les opérations, cette force aura certainement à coopérer avec l’opération Barkhane et avec la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Mali (MINUSMA).C’est dire que nos trois pays ont besoin d’un appui conséquent de la communauté internationale.

Mesdames et Messieurs

Nous avons le devoir de mener de front à la fois les actions de développement et celles de protection des frontières, des personnes et des biens. Le Conseil des Ministres statutaire de l’ALG, pour a première fois, élargi aux Ministres en charge des Affaires Etrangères et de la Coopération ainsi qu’à ceux chargés de la défense témoigne de cette évolution. En adoptant le projet de Traité Révisé et les modalités de coopération en  matière sécuritaire, notre deuxième Conférence Extraordinaire permettra à notre organisation commune d’effectuer une mutation profonde pour aborder plus efficacement les questions de développement et de sécurité si vitales pour notre espace géographique.

En renouvelant ma profonde gratitude aux Présidents Ibrahim Boubacar KEITA et Roch Marc Christian KABORE pour leur ferme attachement à la construction d’une zone sahélienne apaisée, sécurisée et prospère, je souhaite pleins succès à nos travaux et déclare ouverte la deuxième session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de l’Autorité de Développement Intégré de la Région du Liptako Gourma.

Je vous remercie.