La Gambie sera-elle  la nième victime de la CEDEAO et de l’hypocrisie de la Communauté internationale ? C’est le moins qu’on puisse dire face à l’impuissance de notre Organisation sous régionale et la diplomatie internationale en général de ramener à la raison Yaya Jammeh président sortant de la Gambie.

Malgré les professions de foi des uns et des autres, nous pensons que la meilleure alternative serait celle qui épargnerait le peuple gambien de la désolation et des actes de désespoir face à un président aux abois en passe de faire un ratage de fin de règne. En effet, n’est-ce pas un acte de bon sens lorsque Jammeh avait reconnu sa défaite et envisagé de passer le témoin dans les règles de l’art à Adama Barrow ?

L’opinion publique était pourtant très  confiante lorsqu’on a appris que le président Mahammadu Buhari était de la médiation. Ce dernier non seulement par la puissance armée que son pays incarnerait et sa sagesse pourrait faire fléchir Jammeh, si on ose dire. Mais au bilan : Yaya Jammeh s’entête et même défie la CEDEAO !

L’option de fermeté du Sénégal dès au départ semble être la plus adaptée car chez Yaya Jammeh le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée. A trois jours de l’investiture d’Adama Barrow, on se rend à l’évidence que Yaya Jammeh détient la réalité du pouvoir et Adama Barrow se trouve comme un exilé au Sénégal se contentant de dire à l’opinion que son investiture tiendra le jeudi prochain alors que Yaya Jammeh décrète un état d’urgence.

Entre temps, imaginons le climat de panique et d’insécurité dans lequel la Communauté internationale vient de plonger le peuple gambien avec la menace d’un affrontement inévitable entre les forces internationales et les troupes fidèles à Yaya Jammeh. C’est vraiment contre-productif s’il faut attendre que les populations commencent à déserter leur pays et une véritable chienlit que le pouvoir sortant pourrait ourdir pour qu’on vienne jouer aux pompiers en mettant en place des forces mixtes de maintien de la paix ou de l’ordre.

Il faut saluer le courage du président de la Cour Suprême gambienne qui a refusé les injonctions de Jammeh. Mais nous disons, en un mot comme en mille, pour la Gambie comme les crises à venir,  le laxisme de la CEDEAO doit cesser !

EMS

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