Les arrestations en cascade ces dernières semaines prouvent bien que quand on s’intéresse véritablement à lutter contre le phénomène de la corruption au Niger, on se rend à l’évidence que la corruption n’a pas de couleur politique encore moins de quartier. Il y a qu’ hier comme aujourd’hui elle sévit sur le pays : les individus s’enrichissent en appauvrissant l’Etat et par ricochet aggravant les conditions de vie déjà très insupportables de notre peuple. C’est justement pour mettre le peuple nigérien dans ses droits que le président Issoufou vient d’enclencher cette action punitive contre tous les indélicats qui sont en passe de s’expliquer devant le juge. De sources bien informées,  C’est le principal but de l’opération Maiboulala qui a l’assentiment du peuple nigérien. Décryptage.

« Je n’abandonne pas ce combat, mais je le fais avec plus de patience et d’intelligence», déclare le chef de l’Etat Issoufou mahamadou  

En réponse à un internaute sur twitter qui voudrait savoir qu’en est-il de l’opération Mai Boulala, le Président de la République a répondu, il y a quelques mois en ces termes : « L’opération se poursuit. La corruption est une véritable plaie pour notre société. Des efforts sont faits. Le Niger est passé de la 134e à la 99e place dans le classement de Transparency International. » Cette réponse du Président Issoufou rappelle une autre. En effet, face à la presse en 2015, répondant à la question d’un confrère sur la lutte contre la corruption, le Président Issoufou a dit : « Je n’abandonne pas ce combat, mais je le fais avec plus de patience et d’intelligence.»  En d’autres termes, face à la réalité, le Président s’est rendu compte à l’évidence du fossé entre la réalité et le rêve. Et depuis quelque temps plus d’un citoyen a l’impression que ce  chantier du Président Issoufou qu’est la traque des gestionnaires indélicats est en marche. On ne peut que prendre acte du repli tactique du président si c’en est un. Mais ce qui inquiète des citoyens comme cet internaute, c’est surtout ces ‘’dossiers brûlants de la République’’ passés sous silence malgré la détermination annoncée du Président à combattre la corruption et infractions assimilées. En commençant à sévir dès le début de son second mandat, le président Issoufou voudrait dire aux nigériens qu’il n’est jamais tard pour bien faire. Et en le faisant,  le président Issoufou entend tenir ses promesses. Le peuple est témoin que le chef de l’Etat a toujours clamé que le ‘’Niger n’est pas pauvre mais mal géré’’. C’est justement pour réparer ces impairs de gestions que ‘’Maiboulala’’ a décidé de sévir indistinctement de la coloration politique des indélicats.

 L’on a entendu récemment sur une radio le secrétaire général de Transparency International section Niger dire que la lutte contre la corruption était jusqu’à une date récente un tabou. Et d’ajouter que c’est sous la 7ème République avec des opérations de charme du régime actuel et notamment du président de la République Issoufou Mahamadou que tout le monde au Niger en parle ouvertement. En effet, malgré les insuffisances constatées, la volonté affichée du PR et ses actions ont permis aux uns et aux autres de s’engager véritablement dans la lutte contre la corruption qui s’avère un phénomène assez délicat. Quand on s’intéresse véritablement à lutter contre cette gangrène on se rend à l’évidence que la corruption n’a pas de couleur politique encore moins de quartier. Il y a qu’ hier comme aujourd’hui elle sévit sur le pays : les individus s’enrichissent en appauvrissant l’Etat et par ricochet aggravent les conditions de vie déjà très misérables et insupportables de notre peuple. L’on comprend l’approche très mesurée et laxiste des autorités sur le terrain de la lutte contre la corruption. Celle-ci est à prendre avec des pincettes au vu des imbrications du personnel politique de tout bord. Et c’est en cela que l’analyse de M. Maman Wada, Sécrétaire général de l’Association Nigérienne de Lutte contre la Corruption (ANLC) est pertinente lorsqu’il dit que dans sa dimension politique la lutte contre la corruption à des limites en ce sens qu’il s’agisse de sévir sur un allié ou un partisan, cela reviendrait à une sorte de harakiri politique. En effet, sur ce terrain le jusqu’auboutisme est synonyme du sacrifice ultime politiquement puisqu’il pourrait aboutir jusqu’à la perte du pouvoir d’Etat. L’on se souvient de l’affaire Zakai qui a failli précipiter la rupture d’alliance entre le PNDS et le LUMANA. De ce point de vue, on pourrait comprendre le président de République lorsqu’il dit : « « Je n’abandonne pas ce combat, mais je le fais avec plus de patience et d’intelligence.»

Mais comprendre ne signifie pas admettre ou cautionner. En effet du moment où le président Issoufou joue son dernier mandat, l’on se demande pourquoi cherche-t-il à prendre des risques mesurés ? N’est-ce pas dans cette optique que le président du PNDS M. Bazoum Mohamed avait annoncé  dans jeune Afrique que le second mandat du président Issoufou serait propice à la lutte contre la corruption ? Certes face à certaines réalités, il est plus aisé de dire que de faire. Cela est d’autant vrai que la corruption est un phénomène comme un serpent de mer. De temps en temps, on en parle au rythme de l’actualité. Mais en attendant le constat est clair : l’Etat s’appauvrit mais des individus s’enrichissent au détriment du peuple. Au regard de la complexité de la corruption, il s’avère que c’est un combat de tous contre tous.

A la vérité, il faudrait des actions citoyennes. Autant des cybers citoyens s’engagent à dégager les immondices dans la ville de Niamey, autant la putréfaction est réelle au niveau des mœurs. Il faut peut-être une union sacrée pour bouter la corruption.  Avec la foi, on peut déplacer des montagnes, dit-on. Et le président sait qu’il jouit du soutien total du peuple nigérien dans cette lutte implacable contre le pourrissement du pays. Il faut simplement aider Issoufou !

Elh. M. Souleymane