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Comme une fatalité, chaque année, depuis 1990 où l’Indice de développement Humain (IDH) est mesuré pour la première fois, sans surprise, nous encaissons le coup : notre pays se classe toujours dernier du peloton des nations du monde. Mus par notre fibre patriotique, nous nous engageons souvent dans des polémiques inutiles sans demander pourquoi notre pays occupe un tel rang. Alors que les oppositions du moment jettent toujours la pierre sur leurs adversaires du pouvoir, la société civile règle ses comptes sur une classe politique véreuse et inconséquente.

Le Niger se voit chroniquement classé dernier même après les pays en guerre ou victimes de catastrophes naturelles. Pourquoi une telle malédiction ? Puisque comme le dit Gaston Bachelard : ‘’ On fait la science toujours avec les faits’’, disons que les experts indépendants du PNUD mesurent l’IDH en considérant trois dimensions essentielles : la santé, l’éducation, le revenu national par habitant. Autrement dit, l’IDH mesure la qualité de la vie, le bien-être des populations d’un pays donné. Et selon les responsables de l’Institut National de la statistique (INS),  ‘’l’IDH du Niger a le plus progressé au monde’’ ! Et de source autorisée, ‘’les statistiques produites par l’INS du Niger sont parmi les meilleures en Afrique subsaharienne’’, apprend-on.

Sauf que selon l’explication des responsables de l’INS, dès le démarrage de cette course à l’IDH, le Niger était très mal parti. Notre pays était à mille lieues des autres pays du monde tant notre retard en matière de santé et d’éducation était réel. Qui plus est, selon nos experts, notre poids démographique annihile tous les efforts fournis par tous les régimes qui se sont succédé. Dans un pays à 80% analphabète avec un taux de natalité le plus élevé au monde, il faut des efforts herculéens pour inverser la tendance. C’est donc bien à propos que les autorités actuelles érigent la Renaissance culturelle en axe N°1 de leur programme de gouvernance car sans un véritable changement de mentalités, la relève en matière d’IDH au Niger n’est pas pour demain.

Les experts de l’INS nous donnent quelques pistes à explorer : Si nous voulons profiter du ‘’dividende démographique’’, alors il nous faut agir à tous les niveaux ; rendons notre système éducatif performant en favorisant la durée attendue de la scolarisation des enfants ; valorisons notre richesse nationale qui souffre d’une économie à moitié informelle ; faisons de l’alphabétisation une urgence et de l’éducation pour tous une priorité, un objectif de développement.

Dans ce sens, M. Garba Djibo ancien ministre de l’Enseignement supérieur (et maitre du président Issoufou au CEG de Madaoua) a vu juste lorsqu’il disait sur Dounia TV : « Ce que je regrette c’est qu’on ne semble pas comprendre que sans l’école le pays ne peut pas se développer » ! Si on n’y prend garde, alors le directeur général de l’INS alerte : même en 2016, 2017, 2018, 2019, 2020… ayons le courage de souffrir que le Niger soit classé dernier en attendant nos bonnes attitudes et comportements futurs. Une élégante manière de dire aux Nigériens, faisons du changement de nos mentalités une réalité.

EMS