Une imputation hâtive et injuste

C’est avec une grande surprise que nous avons reçu le communiqué du CSC nous signifiant une mesure de mise en demeure à l’encontre de notre organe de presse, ainsi que ceux de l’ORTN, à savoir la radio et la télévision nationales.

Sans verser dans une quelconque polémique avec l’instance de régulation (pour laquelle nous avons un très grand respect au regard de l’importance de sa mission), nous estimons, au niveau de l’ONEP, que cette décision tendant à nous indexer comme étant un ‘’prédateur’’ de l’accès des partis politiques et des organisations de la société civile à nos colonnes, est une accusation trop hâtive et injuste.

Avant d’adopter cette mesure de mise en demeure, nous aurions souhaité voir le CSC nous accorder le bénéfice du doute, ne serait-ce qu’en nous écoutant sur les contours du résultat du rapport de monitoring. Cela nous aurait permis de nous comprendre sur un certain nombre de faits et, par voie de conséquence de relativiser, un tant soit peu, dans l’appréciation de ce qu’on a voulu présenter comme une sorte de réticence à ouvrir nos colonnes aux acteurs politiques et à ceux de la société civile.

En effet, il existe véritablement quelques difficultés réelles à satisfaire certaines sollicitations de ces grands usagers des médias publics que sont les partis politiques et les structures de la société civile.
Si on nous avait écoutés, nous aurions pu parler de toutes les contraintes pouvant expliquer cette apparente insuffisance dans la couverture des activités de ces acteurs. Nous aurions pu débattre, avec le CSC, des insuffisances constatées, aussi bien dans le circuit de la transmission des demandes de couverture médiatique, que des lacunes que comportent certaines de ces commandes.

Parlant du circuit de transmission des demandes de couvertures médiatiques, on peut déplorer que, dans beaucoup de cas, ces demandes qui ne parviennent à nos Rédactions qu’après la date indiquée pour le tenue de l’évènement.

Pour ce qui est des lacunes, elles se traduisent par des imprécisions, tantôt sur la date et l’heure, tantôt sur le lieu, pour la tenue des événements à couvrir. Dans de tels cas de figure, nous sommes souvent amenés, dans notre souci de bien accomplir notre mission de service public, à chercher par-ci par-là les contacts téléphoniques des organisateurs pour obtenir les précisions nécessaires. D’ailleurs, souvent, les manifestations objets de certaines demandes de couverture sont simplement ajournées, délocalisées ou carrément annulées sans que les demandeurs veuillent nous en tenir informés.

Mais le véritable problème, c’est au niveau des commandes de couverture médiatique pour des activités devant se dérouler au niveau des localités de l’intérieur du pays non couvertes par notre organe parce que n’y disposant de correspondant local. A ce propos, notre surprise est d’autant plus grande quand nous savons que l’instance de régulation connait assez bien cette réalité pour nous en tenir rigueur. En effet, lors des rencontres organisées par le CSC dans le cadre du planning de couverture médiatique des différentes campagnes électorales, nous avons déjà longuement abordé les contraintes réelles que nous rencontrons pour assurer la couverture médiatique de manifestations devant se dérouler dans certaines localités autres que les chefs-lieux des régions. Ceci, pour la simple raison que la question du transport des équipes devant assurer la couverture de ces événements se pose en termes de moyens logistiques et financiers. Si certains organisateurs peuvent assurer, ne serait-ce que le transport de l’équipe mise à leur disposition, pour beaucoup d’autres, ce n’est pas le cas.

Et que dire de l’objet même de certaines de ces commandes!…Dans la plupart des cas, ces commandes portent sur des déclarations, le plus souvent, au contenu ‘’incomestible’’ pour nos colonnes, parce qu’incendiaire ou axé sur l’invective et les attaques en règle contre des structures ou des personnalités d’en face. Toutes choses qui nous éloignent de notre ligne éditoriale qui nous commande d’agir toujours dans le seul sens de l’intérêt du Niger et des Nigériens.

Voilà quelques vérités qui, si elles étaient prises en compte, nous auraient épargnés de cette mesure de mise en demeure, sans le moindre préavis. Cordialement…

La Rédaction