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« Je suis au Niger pour organiser deux concerts de charité, à Niamey et Zinder, au bénéfice de nos FDS qui sont au front, leurs femmes et leurs enfants »

Ancien journaliste, il est à la fois artiste et producteur. Il fait partie de la première génération des journalistes de la Radio et télévision Ténéré, à sa création dans les années 94. Aujourd’hui, il vit aux Etats Unis, où il passe son temps entre les studios d’enregistrement et sa propre maison de production. Hassane Boukari est depuis quelques jours au Niger dans le cadre de deux concerts, le 22 avril prochain au Palais des congrès de Niamey et une semaine après au CCFN de Zinder. Ces deux concerts sont organisés en soutien à nos Forces de défense et de sécurité qui sont au front pour lutter contre la secte islamiste Boko Haram.

MUTATIONS : D’où vous êtes venue l’idée de faire de la musique, après votre carrière de journaliste ?

Hassane Boukari : Je vous dis tout de suite que je n’ai pas hérité de la musique et que je fais la musique surtout par amour, par passion. Tout a commencé avec un film Dandalin Soyeyya, que j’ai réalisé en 1988, intitulé « Bachir et Elhadji Son Banza ». Le film a été très bien accueilli par le public, ce qui m’a donné confiance en moi. Depuis, je me suis mis à travailler sérieusement mon style et ma voix notamment.

MUTATIONS : Après, vous vous êtes retrouvé aux Etats Unis. Qu’est-ce qui vous a poussé à émigrer au pays de l’oncle Sam ?

Hassane Boukari : Il faut dire que j’avais déjà séjourné en Europe auparavant, en Belgique et en France, en 2000-2001. Je suis revenu au Niger, et c’est par la suite que je suis allé aux Etats unis, où je partage mon temps entre la musique et ma maison de production. Parallèlement, je suis styliste, chorégraphe, designer et décorateur. C’est pour vous dire que je gagne très bien ma vie, sur le plan professionnel, aussi bien que sur le plan social. Pour moi, le rêve américain a été vraiment une réussite, d’autant que j’ai à mon actif, sept albums déjà.

MUTATIONS : Vous êtes au Niger depuis quelques jours. Dans quel cadre se situe votre séjour au pays natal ?

Je suis au Niger pour deux-trois choses : d’abord pour voir mon pays, ma famille et mes amis. Je suis là aussi pour organiser deux concerts, un à Niamey le 22 avril prochain au Palais des Congrès et un autre à Zinder une semaine après. Il s’agit d’une œuvre de bienfaisance, en vue d’apporter ma modeste contribution aux Forces de défense et de sécurité qui sont au front pour lutter contre Boko Haram. Il y a les FDS, mais c’est également une manière d’apporter notre aide à leurs familles, notamment leurs femmes et leurs enfants. Ces deux concerts seront parrainés par la Première Dame Dr. Lallah Malika Issoufou Mahamadou, avec le soutien des ministres de la Défense Nationale, de la Renaissance Culturelle, de l’Intérieur, les gouverneurs des régions de Niamey et Zinder.

Pour donner un cachet particulier à ces deux concerts, j’ ai fait venir mon groupe depuis les Etats Unis. Il y’ aura également des artistes nationaux qui vont se produire, en l’occurrence Mali Yaro, Yacouba Moumouni dit Denké Denké, Fati Mariko, Ali Atchibili et bien d’autres. C’est le lieu pour moi de saluer et remercier toutes ces autorités, qui ne cessent d’appuyer et encourager les artistes nigériens. Je profite de votre micro pour saluer l’idée de la création d’un ministère en charge de la Renaissance Culturelle au Niger et je trouve que le président de la République Issoufou Mahamadou et son gouvernement dirigé par le Premier Ministre Brigi Rafini, ont bien fait de créer un tel Ministère, ils ont fait preuve de vision en plaçant à la tête de ce ministère monsieur Assoumana Mallam Issa, qui est en train d’abattre un travail formidable depuis qu’il est à la tête de ce ministère. Il appartient à nous artistes de nous unir, d’unir nos forces et nos intelligences pour aider à l’atteinte des objectifs assignés à ce Ministère.

MUTATIONS : le débat au Niger actuellement, c’est aussi la lutte contre l’immigration irrégulière. Quel appel avez-vous à lancer à cette jeunesse qui s’engage dans cette voie ?

Hassane Boukari : Mon appel, c’est d’abord à l’endroit des autorités du Niger. Il faut mettre l’accent sur la création des emplois. La plupart des jeunes qui veulent braver la mort pour aller en Occident et au Maghreb, le font parce qu’ils sont désœuvrés, sans emploi, chômeurs, en proie au chômage et au désespoir. Si les conditions sont réunies, ces jeunes vont rester au Niger et participer au développement économique, social et culturel de notre pays. Je lance également un appel aux opérateurs économiques en leur demandant d’investir dans la création des entreprises, parce que ce sont les entreprises qui génèrent des emplois.

Propos recueillis par Gorel Harouna

(MUTATIONS)