Le secrétaire général du Ministère de la Santé publique a animé en début de semaine un point de presse relatif à la résurgence de la méningite dont les premières victimes ont commencé à se compter sur le territoire national. Selon Dr Idrissa Malam, le seuil épidémique nécessitant une riposte en termes de vaccination n’a pas encore été atteint à ce jour. Une façon d’appeler la population au calme. Une sortie médiatique qui ne risque cependant pas d’atténuer la panique de la population au vu du nombre de victimes qui commencent à se compter sur le territoire national.  

Selon le secrétaire général du ministère de la santé, « Depuis quelques jours, certaines personnes diffusent des informations non fondées sur la méningite. En effet, le Ministère de la Santé Publique a toujours tenu à informer régulièrement l’opinion nationale et internationale sur la situation épidémiologique telle qu’elle sévit dans le pays ». Dr Idrissa Malam a annoncé que : « À la date du 20 mars 2017, la situation de la méningite est la suivante : Il y a quatre Districts sanitaires en alerte, c’est à dire nécessitant une investigation en vue de préparer une éventuelle riposte au cas où ils atteindraient le seuil épidémique. Ce qui fut fait. Cependant, le fait qu’un district soit en alerte ne veut pas forcément dire qui sera en épidémie. A ce stade les normes OMS ne recommandent pas une riposte vaccinale ». Il a ajouté : « À ce jour, on enregistre des cas sporadiques dans toutes les régions du pays sauf à Agadez et Diffa. Comme à l’accoutumée, à cette période, des cas sporadiques de méningite sont notifiés par les services compétents de la santé publique dans les pays de la ceinture de la méningite qui va du Sénégal à l’Ethiopie ».

Le secrétaire général du ministère de la santé a rassuré que « le comité national et les comités régionaux de gestion des épidémies se réunissent chaque semaine pour faire le point de la situation réelle des maladies à déclaration obligatoire pour des prises de décision idoines. La situation est pour le moment suivie avec intérêt et aucun district sanitaire n’a atteint le seuil épidémique à partir duquel une riposte vaccinale est indiquée ». Il a cependant reconnu que « certains pays voisins ont enregistré des districts en épidémie ».

Mais qu’en est-il de la situation nationale ? Dr Idrissa Malam indique que « …la situation actuelle, au plan national, se caractérise par un engagement patriotique des agents de santé dans le renforcement de la surveillance épidémiologique. Les efforts sont déployés et se poursuivent à tous les niveaux (Etat, Partenaires et le Personnel) pour mieux contrôler la situation. C’est pourquoi, des médicaments sont pré positionnés dans tous les districts sanitaires en vue de faire face à toute éventualité. Un stock tampon en vaccin est disponible pour intervenir sur les premiers foyers épidémiques, le cas échéant ».

La sortie médiatique du ministère de la santé va-t-elle permettre de ramener le calme au sein de la population déjà en panique ? Les prochains jours permettront de trouver la réponse à cette question. Il reste cependant que ce point de presse aura eu le mérite d’expliquer à l’opinion nationale que le ministère de la santé est en mode veille concernant cette maladie, en relation avec les partenaires qui sont toujours au coté du Niger dans les situations difficiles. Il reste pour le ministère de la santé de faire des points réguliers de la situation afin d’informer l’opinion nationale de l’évolution de la maladie.

Ibrahim B. (Le Républicain N°2121 du 23 mars 2017)