C’est ce lundi 17 avril 2017 que la famille de Malah Bagalé, les scolaires et les forces vives en général ont accompagné ce martyr à sa dernière demeure au cimetière musulman de Yantala. C’est avec ferveur et  recueillement que des Nigériens de tout bord sont sortis témoigner leur compassion à la mémoire de Mala Bagalé arraché précocement à ses parents, camarades et finalement à la nation nigérienne.

C’est un monde fou qui est sorti pour l’enterrement de la victime de ce qu’on appellera désormais l’affaire du 10 avril 2017. La marée humaine observée comme cortège accompagnant la dépouille du martyr dans les rues de Niamey et au cimetière musulman de Yantala atteste de la noblesse et l’attachement à la cause de la mort de cet étudiant. Des funérailles dignes des grands hommes en somme. Scolaires, société civile, partis politiques, citoyens de tout bord, bref les forces vives étaient au rendez-vous dans un élan de compassion et de solidarité pour l’inhumation de cet étudiant inscrit désormais dans le panthéon des martyrs pour la cause de l’école nigérienne.

Après les obsèques de Malah Bagalé, l’opinion publique attend de voir le traitement qui sera fait de cette crise scolaire. L’initiative du président de la République de prendre les choses en mains le Samedi dernier était saluée de tous. C’est d’ailleurs à la suite de la rencontre entre le président de la République et les délégués du Comité Directeur de l’USN que les Campus de Maradi et de Niamey ont été rouverts. La rencontre Gouvernement et USN autour du premier ministre en présence des grands témoins est également subséquente à l’engagement pris par le chef de l’Etat de désamorcer cette crise.

Toutefois, cette rencontre a été suspendue à cause des préalables des scolaires à savoir entre autres le départ du ministre de l’Enseignement Supérieur et la libération de leurs camarades détenus. En effet, à maintes reprises les représentés des étudiants réaffirment leur intention de ne plus négocier avec le ministre Mohamed Ben Omar comme étant selon eux un des responsables de la situation ainsi créée.

Un autre geste d’apaisement, c’est justement la décision des responsables de la police nationale de sévir contre ses éléments indélicats et auteurs des traitements inhumains et dégradants contre les étudiants. La Direction de la police nationale a dans un communiqué déclaré  que ses agents ayant commis des forfaitures sur le campus seront identifiés et châtiés car leurs comportements jurent avec les lois et règlements de la République en matière de maintien de l’ordre.

La question essentielle est de savoir si enfin tout ce beau monde qui a assisté aux obsèques de Malah Bagalé dont les responsables des partis politiques, société civile et étudiants est enclin à créer les conditions pour une issue favorable au dialogue et par ricochet à une solution durable voir définitive aux revendications de l’USN en particulier et du monde scolaire en général. Une enquête judiciaire sans complaisance pourrait rassurer les uns et les autres sur ce qui s’est exactement passé le 10 avril dernier. Encore une fois, il incombe au chef de l’Etat d’aller jusqu’au bout de ses promesses fermes face aux étudiants. Son geste du samedi dernier le prouve : en tant que Président de la République, il détient les clefs pour freiner la crise. C’est ainsi seulement que les faucons de tout acabit seront mis hors d’état de nuire.

EMS