Cette ville du Niger a été la première attaquée par Boko Haram en février 2015. En juin 2016, les combattants jihadistes avaient même réussi à prendre la ville à l’armée nigérienne. Un an plus tard, Nicolas Pinault, l’envoyé spécial de VOA Afrique au Niger, s’est rendu sur place. La vie reprend dans cette ville qui se situe à quelques kilomètres de la frontière nigériane. Reportage

A l’entrée de la ville de Bosso, impossible de rater l’école, ni les cris des enfants qui récitent leurs leçons. Depuis octobre dernier, 1.000 écoliers ont repris les cours dans cette ville symbole de l’insurrection de Boko Haram depuis deux ans au Niger.

Madouka Moustapha est le directeur école de Bosso. Il avoue à VOA Afrique être anxieux pour sa sécurité : « si on entend certaines rumeurs, on a peur mais c’est notre région, notre pays, on n’a pas le choix. Ce n’est pas facile, on n’est pas sûr de soi mais ce sont nos enfants, nous sommes obligés d’enseigner. »

A quelques dizaines de mètres de l’école le drapeau nigérienne flotte dans la cour de la préfecture. Lamine Ousmane en est le secrétaire général depuis cinq ans. Il a connu les attaques de 2015 et 2016 sur la ville et les impacts de balles sont toujours visibles dans son bureau. Il apprécie l’amélioration de la sécurité dans la ville.

« Avant, c’était rare de passer 30 minutes à Bosso sans entendre des coups de fusil. Le problème c’est la pêche qui n’a pas repris parce que l’insécurité demeure dans les îles du Lac Tchad. Les gens ne sont encore rentrés dans leurs villages. »

Au marché de Bosso, les activités ont repris comme l’explique cette commerçante à VOA Afrique : « Avant, il n’y avait pas de sécurité mais maintenant c’est bon et le business a repris. »

L’interdiction de la pêche pèse toujours sur l’économie locale. Autre frein : les détours pour se rendre au Nigeria. Impossible de gagner Malam Fatori pourtant si proche. Pour traverser la frontière il faut revenir sur Diffa puis se rendre vers Damasak.

Les réfugiés nigérians de Bosso espèrent rentrer chez eux mais savent que tout sera à reconstruire dans leurs villages au Nigeria

« Je suis retourné voir ce qui restait de nos affaires lorsque les Tchadiens sont rentres dans Malam Fatori. Tout est brule il n y a plus rien, nos maisons ont été détruites », explique Al Hadji Foukoutar originaire de Malam Fatori.

Les habitants rencontrés par VOA Afrique espèrent que la sécurisation de Bosso s’inscrira dans la durée et que la défaite totale de Boko Haram sera bientôt une réalité.

Nicolas Pinault

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