Depuis plus d’un an, les Nigériens sont censés être dans le mouvement de la Renaissance culturelle dont l’un des crédos est le changement de comportements, l’abandon des habitudes qui nous tirent vers le bas, une conception progressiste de notre société fondée sur le progrès… Non, personne ne sent encore les lignes qui bougent comme si la Renaissance culturelle est plutôt un simple gadget destiné à faire impression ou tout au plus une démarche virtuelle qui n’a rien à voir avec nos préoccupations du moment.

Interrogeons certaines pratiques officielles comme les cérémonies officielles au départ et au retour du président de la République des visites à l’extérieur.Imaginez le grand monde qu’il faut mobiliser pour cela : les présidents d’institutions de la République, les membres du gouvernement, les membres du cabinet du président de la République, les autorités régionales, les chefs des Forces de défense et de sécurité. Ils sont tenus d’aller à l’aéroport. Quand c’est un aller-retour, c’est au moins l’équivalent d’une demi-journée que toutes ces autorités perdent dehors. La même chose se passe lorsque le pays reçoit un chef d’Etat étranger.

Il en de même lorsqu’il y a une activité officielle où il est exigé que le palais des congrès soit rempli. On fait venir des gens qui n’ont rien à y voir. Tout juste un décor humain. Ainsi, ils abandonnent leurs activités professionnelles, le temps de la cérémonie officielle.

On apprend que des ministres reportent des réunions parce qu’il faut être à l’aéroport ou au palais des congrès. La conséquence, c’est que des dossiers souffrent du fait de ces cérémonies officielles si ce ne sont pas des interminables réunions qui prennent le dessus. Dans son discours d’investiture, en 2011, le président de la République a insisté sur la gestion du temps, cette denrée importante que nous gaspillons sans nous rendre compte. Or le temps qui passe ne revient jamais.

Tiémogo Bizo