Blonokour. Beaucoup ne savent certainement pas d’où sort ce mot. En effet, très peu y sont familiers. Blonokour est une cuvette située à une vingtaine de kilomètres de N’gourti, dans la région de Diffa. Pour être encore plus précis, elle est à près de 2.000 km de Niamey, la capitale. C’est cette bourgade aux portes du désert de Tal que le Premier ministre Brigi Rafini a visitée du 5 au 7 mai derniers.

A travers cette visite, il a fait d’une pierre deux coups. Dans un premier temps, il a pris part à la 1ère édition du festival artisanal et culturel de Blonokour qui a réuni les communautés nomades du département de N’gourti et des invités des autres localités comme N’guigmi, Diffa, Tesker et même du Tchad voisin. Ce festival est couplé à un forum local sur la paix. Deuxième objectif, aller au contact des populations qui n’ont pas toujours la possibilité d’avoir des autorités à leurs portes pour tâter du doigt leurs réalités quotidiennes.

Face aux festivaliers, Brigi Rafini a eu des propos fort expressifs surtout lorsqu’il a indiqué, en substance, qu’il faut connaitre Blonokour pour connaitre le Niger. Il n’y a aucune exagération dans les propos au regard de l’austérité de l’environnement, des conditions de vie des populations avec des services sociaux (éducation, santé, hydraulique) à minima, de la campagne agropastorale 2016 déficitaire, des activités économiques précaires faute de voies de communication, des problèmes d’emploi des jeunes,  du désert qui a pris presque définitivement ses quartiers etc. C’est au regard de toutes ces contraintes que le Premier ministre a appelé à une forte solidarité nationale en faveur de Blonokour voire même du département de N’gourti qui fait les 2/3 du territoire de la région de Diffa et qui abrite les puits de pétrole même si jusque-là les populations ne sentent pas encore les retombées.

Joignant l’acte à la parole, Brigi Rafini a visité des écoles et centres de santé dans les villages qu’il a traversés, le magasin OPVN de N’gourti, le forage de Blonokour en construction. Au village de Malek, il a ordonné de construire une classe supplémentaire pour bien accueillir les 30 élèves actuellement inscrits et de réparer au plus vite le forage en panne. A N’gourti, il a décidé de la poursuite de l’opération de vente des céréales à prix modéré. A Blonokour où il a lancé les opérations de vente de céréales et d’aliments bétail à prix modéré, il a appelé les membres du comité à la responsabilité et à ne vendre qu’à ceux qui sont vraiment dans le besoin. Il leur a demandé de ne pas trahir la confiance du gouvernement et des populations et conduire leur mission avec honnêteté et patriotisme.

Il faut aller à Blonokour pour savoir comment d’autres Nigériens vivent au quotidien. Ainsi, on peut bien comprendre que le Niger ne s’arrête pas à la capitale ni aux grandes villes du pays. Blonokour, c’est vraiment l’autre face du Niger.

Tiémago Bizo (Le Républicain N°2126)