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En prélude à la célébration de la fête du 13 mai communément dédiée à la femme nigérienne, pour son courage , sa détermination et sa pleine participation à l’édifice d’un Niger uni, égalitaire et prospère, l’occasion m’est offerte pour rendre un vibrant hommage à cet être extrêmement fragile mais qui sous le poids de lourdes responsabilités se bat au quotidien pour relever le défi patriotique . Cet être c’est la sœur, la maman et l’épouse que la femelle d’après les mots du philosophe  antique ARISTOTE est et demeure selon la volonté de Dieu et la sagesse de nos traditions Africaines qui connaissent depuis la genèse du monde les plus forts pourcentages de féminisation en matière de main-d’œuvre.

Je me dois au prime abord de porter son nom, de  présenter toutes mes salutations et félicitations à toutes les femmes, de ville comme de campagne.

Le 13 mai est la manifestation éloquente de votre importance dans la construction d’un Niger qu’on souhaite de tous nos vœux émergents dans le concert des nations en voie de développement.

De la Femme nigérienne à la femme rurale

En outre, mes pensées vont particulièrement à cette jeune fille, à cette maman, à cette épouse, cette femme forte vivant dans les hameaux et les villages ruraux ; dont le charme rare me mystifie sans cesse, m’impressionne au gré de leur détermination doublée de volonté inébranlable à dompter la nature pourtant très austère et à satisfaire les caprices de ses enfants et les humeurs de son mari.

Très active, déambulant dans les savanes et prairies à l’allure désinvolte, naturellement belle et souriante, et fière d’elle, la femme rurale nigérienne mérite plus qu’une journée festive, chaque jour est « un 13 mai » pour elle. Oui c’est ma perception de cette date, non pas seulement une tradition célébrative, mais aussi et surtout symbole inexplicable de la commémoration de la femme nigérienne présente à tous fronts de rude bataille pour la cause nationaliste.

Elle vit dans le Niger profond, loin de tout tintamarre urbain. ‘’ Derrière un grand homme, se cache une femme’’ dit une maxime Africaine. C’est dire que la femme nigérienne, à la fois au four et au moulin, est ponctuelle aux cotés  des hommes dans les activités de récupérations des terres communément appelée « cash for work » et « food for work » à l’exploitation agricole.

Elle est souvent appelée à parcourir des dizaines de kilomètres à la recherche de l’essentiel, la source de vie, l’eau du puits. Elle a obligation de trouver cette denrée rare et elle en est consciente car l’eau du robinet est un luxe qu’elle n’oserait pas réclamer aux pouvoir publics.

Avec un pouvoir d’achat très faible, quasiment inexistant, et n’étant pas à l’abri d’une coépouse, un caprice de plus d’un conjoint à satisfaire sa virilité et son égo masculins, la femme rurale fait face aux aléas climatiques et aux stigmatisations sans commune mesure aux dures réalités de la vie de son terroir.

Sa journée ressemble à un film western où le déroulement n’est que combat perpétuel. Des travaux domestiques tôt le matin, elle part au puits pour revenir préparer le repas des travailleurs au champ, elle ramène du fagot au retour, prépare le dîner familial, intervient dans le règlement des conflits quotidiens et incessants entre frères et sœurs…et malgré la fatigue, elle s’oblige à faire le lit de son mari.

Quand à la fille, elle est sous-scolarisée dans les zones rurales en raison des pesanteurs socioculturelles et de la précarité des revenus de ses parents. Une fois inscrite, elle abandonne très tôt l’école, se marie à un âge précoce, souvent à 12 ou 14 ans et cela sans son consentement.  Les contraintes et les crises après le mariage conduisent certaines à divorcer avec trois à quatre enfants en charge et se retrouvent malheureusement dans un dénuement total.

Devant une telle situation la fille mère n’a souvent qu’une seule alternative : la délinquance et la prostitution. La faiblesse des revenus des parents conjuguée à la promiscuité et à l’hostilité de l’environnement la contraignent à quitter le village et( partir à la recherche d’activités génératrices de revenus ou des travaux domestiques dans les grands centres urbains où elle reste assujettie aux pires pratiques esclavagistes des temps modernes. La littérature africaine dans la dynamique de peindre et de stigmatiser ces atrocités qui pèsent sur la Gente féminine nous offre un exemple plus fourni  en la matière à travers le statut narratologique du personnage de Maimouna, sœur junior de  Rihana ; déscolarisée au village, celle-ci rejoint la ville et ses perversités.

Malgré son irrépressible désir de vaincre la fatalité, sa condition féminine demeure toujours frappée de paupérisation corrosive. Il en découle donc, il faut le reconnaitre à toutes fins utiles, que la pauvreté a un visage féminin en Afrique subsaharienne en général et au Niger en l’occurrence.

De Femme nigérienne à la femme urbaine 

Quand la femme nigérienne urbaine, elle, semble être gâtée par son environnement. Très mini-minoritaire, la femme urbaine nigérienne jouit de tous les droits fondamentaux reconnus et proclamés par la déclaration des droits de l’homme. Présente dans toutes les sphères décisionnelles (parlement, gouvernement, institutions constitutionnelles et collectivités territoriales, sociétés et entreprises publiques et autres structures du privées).

Ce qui prouve si besoin est sa détermination et son engagement à servir son pays.

Souvent confinée dans des postes de secrétaires et autres auxiliaires, aujourd’hui la femme nigérienne occupe des postes de haute responsabilité dans l’administration publique et privée : secrétaire général, directeur central, chef de service.

Certaines avec bravoure et conviction militent dans des associations de défense des droits de l’homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance contribuant ainsi à l’éveil citoyen.

Avec l’avènement de la démocratique multipartiste, elle a pu obtenir beaucoup d’acquis, c’est le cas du quota aux postes politiques entre autres. Souvent instrumentalisée dans le jeu politique, elle a jusque là dû mal à s’imposer devant la junte masculine malgré sa détermination et son militantisme sans faille dans les structures politiques. Elle occupe généralement le fameux poste de « mobilisation des femmes ou de présidente des femmes », un poste confiné au juste « bétail électoral ». Au foyer, elle s’emble être souvent absente du fait de son calendrier ou des activités entre consœurs (cérémonies de foyandis…).

Femmes Nigériennes, mon plaidoyer au pouvoir public 

Face aux problèmes multiples et multiformes qui assaillent la femme nigérienne et conscient de sa vulnérabilité, l’Etat doit promouvoir et protéger les droits humains fondamentaux des femmes en prenant des décisions fortes en vue de :

  • remédier à l’accès inégal à l’éducation et à la formation, aux soins de santé et aux services sanitaires ;
  • de combattre toute forme de violence à l’égard des femmes par l’adoption et surtout l’application des lois en la matière ;
  • de remédier les effets dus aux conflits inter et intracommunautaires sur les femmes ;
  • de réduire voire éliminer toutes les inégalités dans le partage du pouvoir en luttant contre les images stéréotypées. A ce niveau il est inconcevable qu’aucune femme ne soit jusqu’à présent à la tête des trois premières institutions à savoir la Présidence de la République, le Parlement ou la Primature alors qu’elle est la plus utilisée lors des joutes électorales.

Malgré cette adversité féroce, elle reste et refuse de courber l’échine nonobstant l’étrange effet des différentes cruautés liées à sa vie.

Femmes Nigériennes, forces agissantes, l’espoir est permis :

Alors, chères mamans, sœurs, épouses et amies, l’heure a sonné pour qu’enfin nous décidions de nous-mêmes de notre avenir, de celui de nos enfants. Mais avant, il urge que nous rendions compte de la taille l’enjeu, qui, passe impérativement par une union sacrée autour des objectifs bien précis capables de transcender nos différences pour ne voir que l’intérêt général de plus prés. Nous pouvons y parvenir car la femme quand elle se décide, rien ne peut l’arrêter. Ne dit-on pas que « ce que femme veut, Dieu le veut ? ».si oui alors croyez-moi chères sœurs, mamans, épouses, femmes battantes, femmes braves, femmes lunes, femmes soleil, femmes sensuelles, femmes du sahel, vouloir c’est pouvoir.

Femmes citoyennes du Niger, ce pays est dans vos mains, entretenez-le et faites en bon usage car le Niger des nigériennes et des nigériens a fortement besoin de votre implication et ceci à grande amplitude, sans doute gage d’une percée positive.

Reconnaissance 

A nos hommes, maris et frères, qui nous épaulent sans rien attendre en retour, je leur dis bravo !

Oui bravo pour ce que vous êtes et bravo pour ce que vous faites car les femmes doivent conquérir les hommes sans les traiter comme des ennemis!

Merci de rester à nos cotés pour la poursuite de nos ambitions ancrées sur l’esprit  du développement multisectoriel de notre commune patrie qui, à l’instar des autres pays de la sous-région rêve tout de même d’atteindre les objectifs du millénaire fixés à l’horizon 2025!.

Mes pensées vont à l’endroit de celui là même qui est toujours présent pour me soutenir, m’encourager affectueusement par rapport à mon métier que je vois comme la passion de ma vie, mon sacerdoce.

Roukayatou Ali Hamani

Juriste publiciste et jeune spécialiste  en coopération et solidarité internationale